MARTHE ET MARIE

La meurtrière de Frère Roger

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La meurtrière de Frère Roger

Message par Cécile le Sam 3 Nov 2007 - 13:29

TAiZÉ
Vers un non-lieu pour la meurtrière présumée de Frère Roger









Luminita Solcan poursuivie pour l'assassinat de Frère Roger, le prieur de la Communauté de Taizé, ne sera pas jugée. Elle devrait bénéficier d'un non-lieu pour abolition du discernement.

Le 16 août 2005, Frère Roger, fondateur de la communauté œcuménique de Taizé était assassiné par une jeune Roumaine alors âgée de 35 ans. Un hommage des plus solennels avait été rendu par la communauté internationale au prieur qui accueillait en France des dizaines de milliers de jeunes chaque année.
Luminita Solcan, de nationalité roumaine, avait été arrêtée tout de suite par des témoins (voir encadré) et remise aux forces de gendarmerie.
Après plus de deux ans d'enquête et d'expertises psychiatriques surtout, le procureur de la République a transmis au juge d'instruction et aux avocats un réquisitoire de non-lieu en raison « de l'abolition du discernement ». Luminita Solcan est donc déclarée irresponsable et ne pourra être jugée selon les termes de son défenseur, Me Éric Braillon du barreau de Mâcon.
Reste néanmoins dans la procédure judiciaire que le juge d'instruction statue à son tour mais selon l'avocat mâconnais, « rien ne devrait intervenir pour une ordonnance contraire ».
Il aura fallu de nombreuses expertises en effet pour arriver à cette conclusion. « Les deux premières expertises, dont une établie par le docteur Malbranche, avaient établi sa responsabilité sur le plan pénal, explique Me Braillon. Mais deux autres, réalisées par le docteur Malbranche à nouveau, et le professeur Chopard, ont été convergentes en décrivant « un délire paranoïde s'inscrivant dans une psychiatrie schizophrénique ». J'ai apporté des éléments tendant à montrer que dès l'âge de 22 ans, correspondant à la fin de ses études, Luminita Solcan était déjà malade. Ces éléments ont pu être démontrés, sur place en Roumanie, par des enquêtes diligentées par la diplomatie notamment ».
Par ces conclusions d'experts près les tribunaux et cours d'appel, le procureur de la République de Mâcon a ainsi établi son réquisitoire définitif, première étape du non-lieu.
L'avocat revient également sur l'ensemble des auditions de Liminita Solcan. « Elle a commencé par dénoncer un prétendu complot franc-maçon puis de parler de pédophilie de la part de certains prêtres avant - et c'est la dernière version - de dire et redire que l'IRA, l'armée républicaine irlandaise, était à l'origine de l'assassinat, reconnaissant avoir tenu le couteau mais n'avoir jamais porté, elle, le coup mortel sur Frère Roger. ».
Actuellement la Roumaine est toujours détenue à Dijon où elle fait des séjours fréquents au centre hospitalier spécialisé de la Chartreuse. Elle suit un traitement médicamenteux assez lourd, traitement qu'elle suivait avant les faits mais qu'elle avait interrompu quelque temps auparavant la commission de ces faits.
Une fois le non-lieu prononcé en raison de cette « abolition du discernement », et compte tenu de son état psychiatrique jugé dangereux, elle devrait être hospitalisée sous contrainte et en longue durée après un arrêté préfectoral de placement d'office.
Son avocat pourrait demander que cet internement puisse se dérouler dans son pays, près de ses proches dont sa mère, laquelle est venue la visiter à plusieurs reprises en France, en ne pouvant que constater l'état de santé de sa fille.
Luminita Solcan ne sera donc pas jugée et même si elle est reconnue comme étant l'auteur des faits, la justice ne pourra donc pas le dire publiquement. Ce qui n'est pas sans rappeler un certain débat.
Laurent Bollet

Assassiné le 16 août 2005 lors de la prière du soir
L'église de la communauté était pleine, bondée, en ce mardi 16 août 2005. En ce week-end marquant la fête de Marie, les fidèles étaient venus du monde entier pour se recueillir dans la sérénité. A 20 h 30, tous s'apprêtent à débuter l'office de la prière du soir. Frère Roger, se retourne alors, face aux fidèles. Il lève les bras vers le ciel. Quelques secondes plutard le corps de Frère Roger gît au sol. Le sang coule et une femme crie. Cette femme vient de donner la mort. Trois coups de couteaux au niveau de la gorge. Frère Roger est mort dans les secondes qui ont suivi l'agression. « La femme qui l'a agressé a réussi à s'introduire au milieu du chœur des frères, elle s'est avancée vers lui, mais on ne l'a pas vue car on était de dos, on a entendu le cri, on s'est retourné, c'était déjà fait », avait alors déclaré frère Émile, porte-parole de la communauté. « Frère Roger est resté assis, on est allé vers lui et on a compris qu'il était grièvement blessé quand on a vu le sang qui commençait à couler, puis on a réussi à le transporter à la maison », a-t-il expliqué, profondément ému. « Il y avait un médecin dans l'assemblée et le médecin local est venu, mais c'était trop tard, la blessure était trop importante et il a succombé à 21 h », a-t-il ajouté.


Le Journal de Saône et Loire du 3/11/07
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