MARTHE ET MARIE

J'aurais été excommuniée

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Belen le Mer 11 Mar 2009 - 20:40

Je suis très triste, parce que je viens de lire un fil sur un forum orienté psycho, l'évocation de cette affaire entraîne un déchaînement de haine contre les catholiques, plusieurs participants font part de leur désir de se faire "débaptiser", on publie un lien pour le faire.
Voilà où tout cela nous mène...
Comment témoigner d'une foi limpide en Jésus-Christ dans un tel contexte ? (la mienne n'est pas altérée.)

Je trouve un peu de réconfort dans les déclarations de deux évêques français trouvées ici :

11 mars 2009
Des évêques s'expriment à propos du drame de la fillette de Récife

"Une fillette brésilienne de neuf ans violée, enceinte de deux jumeaux, une mère accablée, un avortement, une condamnation, une "excommunication" ! L'opinion publique réagit.
Je comprends son émotion.

Pourquoi n'avoir pas gardé le silence devant une telle détresse ?
Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ?
Beaucoup se questionnent.

Je défends et défendrai toujours, la dignité et le respect de la vie de son origine à son terme et je crois qu'en toutes circonstances, l'attitude de l'Eglise tire sa légitimité de l'attitude du Christ. Ainsi, l'amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les évangiles, que la condamnation et l'exclusion. Il n'y a qu'à les ouvrir pour s'en convaincre !

Quel sera l'avenir de cette femme, de cette fillette, à la suite de cette décision ? Qui va les accompagner ? Nous devons en conscience et fidèles à la Bonne Nouvelle nous interroger.

Pour l'heure, je voudrais pouvoir leur dire qu'elles sont et seront toujours aimées par le Dieu de Jésus-Christ que nous appelons Notre Père."


+Norbert TURINI
Evêque de Cahors

autres instances >

"L'évêque de la Mission de France et son Conseil s'associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l'archevêque de Récife, au Brésil, d'excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.[/b]

Bien sûr l'avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l'ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l'Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l'Eglise catholique qui est d'écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?

Cette décision abrupte d'excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d'espérance plutôt que d'enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l'amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu'elle soit levée le plus vite possible."


Mgr Yves Patenôtre, évêque de la Mission de France et son Conseil.

CONFERENCE DES EVEQUES DE FRANCE

http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/espace-presse/communiques-de-presse/communiques-autres-instances/des-eveques-sexpriment-a-propos-du-drame-de-la-fillette-de-recife.html
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Mer 11 Mar 2009 - 21:24

bien d'accord avec toi... cette affaire va encore faire bien du tort à l'Eglise...


comme toi, les réactions des prêtres que ej connais, des év^ques que j'ai pu lire ici ou là me consolent...

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Mer 11 Mar 2009 - 21:35

Merci pour l'info BELEN......Elle fait du bien Wink
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Mer 11 Mar 2009 - 22:32

Belen a écrit:Je suis très triste, parce que je viens de lire un fil sur un forum orienté psycho, l'évocation de cette affaire entraîne un déchaînement de haine contre les catholiques, plusieurs participants font part de leur désir de se faire "débaptiser", on publie un lien pour le faire.
Voilà où tout cela nous mène...
Comment témoigner d'une foi limpide en Jésus-Christ dans un tel contexte ? (la mienne n'est pas altérée.)

Dans la hiérarchie catholique, l'embarras est palpable ; chez nombre de fidèles, la consternation le dispute à l'indignation. Partout l'incompréhension domine. L'excommunication prononcée jeudi 5 mars par un évêque brésilien contre la mère d'une fillette de 9 ans, enceinte de jumeaux à la suite d'un viol, et contre les médecins qui ont pratiqué l'avortement continue de susciter une réprobation générale dans l'opinion publique.

Le soutien du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la Congrégation pour les évêques au Vatican, à son confrère brésilien laisse sans voix de nombreux responsables religieux. Interrogé samedi 7 mars par le quotidien italien La Stampa sur le sort de la petite Brésilienne, ce proche collaborateur de Benoît XVI a déclaré : "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient des personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées. L'Eglise a toujours défendu la vie et doit continuer à le faire, sans s'adapter aux humeurs de l'époque ou à l'opportunité politique."

Cette nouvelle décision controversée intervient alors que nombre de catholiques n'ont pas encore digéré les effets désastreux du décret du 21 janvier, signé du même cardinal Re, qui levait les excommunication d'évêques intégristes, dont un prélat négationniste. L'affaire du Brésil risque de ternir un peu plus l'image de l'Eglise, et surtout d'accentuer le décalage qui semble s'installer entre les idéologues du Vatican et les croyants, y compris chez les prêtres et au sein d'une partie de la hiérarchie.

"Après la réception négative de la levée des excommunications des intégristes, notamment en France, un fossé inquiétant se creuse entre le Vatican et les fidèles", confirme l'historien Philippe Levillain, auteur de l'ouvrage Le moment Benoît XVI (Fayard).


En sortant cette dramatique affaire du seul contexte brésilien, dans lequel certains responsables catholiques auraient souhaité la cantonner, la caution venue du Vatican interroge directement la doctrine de l'Eglise sur la question de l'avortement - canoniquement puni d'excommunication automatique - et fait douter de la capacité ou de la volonté du gouvernement de l'Eglise à parler aux croyants.

Certains, même parmi les plus fervents soutiens du Vatican, déplorent que les tenants d'une pensée rigide, réactionnaire, voire obscurantiste, présents dans l'entourage du pape, prennent désormais le pas sur ceux soucieux de faire la part entre l'enseignement doctrinal de l'Eglise, notamment en matière de moeurs, et son adaptation au terrain. Une adaptation prisée par les fidèles et intégrée par beaucoup de prêtres depuis des années.

"Avec cette nouvelle affaire, le pontificat de Benoît XVI est en train de devenir le pontificat tragique de l'incompréhension, analyse M. Levillain.
Et, même si le pape n'est pour rien dans la dernière affaire en date, on ne peut que constater le paradoxe entre la levée des excommunications récentes - qui semblait signifier que le Vatican considérait ce principe comme obsolète -, et le recours à cette arme quasi médiévale dans le drame du Brésil."

"Avec des déclarations comme celles du cardinal Re, on est face à un raisonnement essentialiste, ontologique, qui semble ne plus avoir aucune notion des situations concrètes", s'alarme aussi un évêque français. "Sous Jean Paul II, si les convictions étaient les mêmes, le système de pensée prenait davantage en compte la personne", ajoute-t-il. Certains n'hésitent pas à comparer la période actuelle à la crise de confiance qui avait suivi la publication de l'encyclique de Paul VI, Humanae vitae, en 1968. Ce texte prohibant toute forme de contraception avait amené nombre de catholiques à prendre leurs distances avec l'Eglise institutionnelle.

"Affligeant", lâche encore un évêque, visiblement affecté par une affaire qui lui a déjà valu des courriers électroniques de fidèles interloqués et des discussions dans son diocèse. "De telles prises de position sont tellement loin de l'Evangile ; il y a des fois où il vaudrait mieux se taire et se contenter d'accompagner la souffrance des gens", soupire-t-il. "L'Eglise est certes dans son rôle lorsqu'elle dit qu'il faut protéger la vie dès la conception, mais devant un tel drame, il faut porter une parole de compassion, pas excommunier", s'indigne cet évêque qui, comme beaucoup de religieux, a déjà spirituellement accompagné des femmes ayant avorté.

Signe du malaise que suscite cette affaire dans les milieux catholiques, le quotidien catholique La Croix y a consacré son éditorial, lundi 9 mars. Le journal y regrette que la "réaction de l'évêque brésilien, dans sa dureté légaliste, (aille) de fait à l'encontre du message de vie que l'Eglise veut faire entendre". "Cette affaire donne des arguments à tous ceux pour qui le combat en faveur de la vie est une posture passéiste et ultra-consevatrice", déplore aussi le quotidien.

D'autres, comme lors de la main tendue par le pape aux évêques intégristes, préfèrent éluder le fond du problème et voir dans cette nouvelle polémique "un problème de communication et de fonctionnement de la curie". Ils s'interrogent notamment sur le statut des déclarations du cardinal Re. "Parle-t-il en son nom propre ou au nom du pape ? Le pape cautionne-t-il sa position ?"

La gestion du dossier précédent a valu à Benoît XVI de nombreuses critiques, y compris en interne, sur les orientations et la gouvernance de l'Eglise catholique. Les atermoiements du Vatican, qui a tardé à condamner fermement l'évêque négationniste, et le manque d'explications pour justifier la volonté de ramener dans le giron de l'Eglise un mouvement opposé à une partie de son magistère, ont sapé l'autorité de Rome et mis en doute "l'infaillibilité" papale aux yeux de nombreux catholiques. Récemment, la conférence épiscopale allemande a, d'un ton inhabituellement ferme, demandé à Rome "des améliorations rapides dans le domaine de la prise de décision et de la communication avec les conférences épiscopales" et déploré que soit apparue à cette occasion une "incertitude quant au chemin de l'Eglise".

Stéphanie Le Bars
[ur=http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/03/11/l-excommunication-de-medecins-bresiliens-aggrave-le-trouble-des-catholiques_1166398_3222.htmll]
LE MONDE
[/url]
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Théophane le Mer 11 Mar 2009 - 22:36

Ce qui me choque c'est surtout que des catholiques puissent ainsi critiquer un archevêque, et que cela qui entraîne d'autres propos déplacés contre le Saint-Siège et contre le Pape. Que chacun ait son avis, c'est normal, mais cela me semble assez indélicat de juger une décision prise par quelqu'un qui en avait le droit. C'est un peu un manque d'humilité de prétendre qu'il a tort et qu'on a raison...

En tout cas pour ma part j'adhèrerai toujours de façon totale et inconditionnelle à la doctrine de l'Église catholique. Pourtant il y a plus d'une chose qui aurait pu me faire partir.
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Mer 11 Mar 2009 - 22:47

Théophane a écrit:Ce qui me choque c'est surtout que des catholiques puissent ainsi critiquer un archevêque, et que cela qui entraîne d'autres propos déplacés contre le Saint-Siège et contre le Pape. Que chacun ait son avis, c'est normal, mais cela me semble assez indélicat de juger une décision prise par quelqu'un qui en avait le droit. C'est un peu un manque d'humilité de prétendre qu'il a tort et qu'on a raison...

En tout cas pour ma part j'adhèrerai toujours de façon totale et inconditionnelle à la doctrine de l'Église catholique. Pourtant il y a plus d'une chose qui aurait pu me faire partir.

Donc, toi tu critiques pas l 'archevêque mais tu critiques, par voie de conséquence, les évêques qui ont dit ça :

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu'elle soit levée le plus vite possible."


Mgr Yves Patenôtre, évêque de la Mission de France et son Conseil.

"Avec des déclarations comme celles du cardinal Re, on est face à un raisonnement essentialiste, ontologique, qui semble ne plus avoir aucune notion des situations concrètes", s'alarme aussi un évêque français. "Sous Jean Paul II, si les convictions étaient les mêmes, le système de pensée prenait davantage en compte la personne", ajoute-t-il.

"Affligeant", lâche encore un évêque, visiblement affecté par une affaire qui lui a déjà valu des courriers électroniques de fidèles interloqués et des discussions dans son diocèse. "De telles prises de position sont tellement loin de l'Evangile ; il y a des fois où il vaudrait mieux se taire et se contenter d'accompagner la souffrance des gens", soupire-t-il. "L'Eglise est certes dans son rôle lorsqu'elle dit qu'il faut protéger la vie dès la conception, mais devant un tel drame, il faut porter une parole de compassion, pas excommunier", s'indigne cet évêque qui, comme beaucoup de religieux, a déjà spirituellement accompagné des femmes ayant avorté.
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par polaire le Mer 11 Mar 2009 - 23:15

Théophane a écrit:
En tout cas pour ma part j'adhèrerai toujours de façon totale et inconditionnelle à la doctrine de l'Église catholique. Pourtant il y a plus d'une chose qui aurait pu me faire partir.

Moi , c'est des gens comme vous qui m'en on fait partir (il y a bien longtemps ). Je ne supporte pas cette structure autoritaire et pas plus ceux qui la supporte .Où est la liberté de l'esprit ? Il n y a plus que de l'esprit de secte , c'est à dire plus d' esprit du tout ..

Je suis quand même rassuré par les réactions de certains évêques de France (à moitié rassuré ).

Effectivement """"Avec des déclarations comme celles du cardinal Re, on est face à un raisonnement essentialiste, ontologique, qui semble ne plus avoir aucune notion des situations concrètes"""""
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 6:35

Ce qui me choque c'est surtout que des catholiques puissent ainsi critiquer un archevêque, et que cela qui entraîne d'autres propos déplacés contre le Saint-Siège et contre le Pape. Que chacun ait son avis, c'est normal, mais cela me semble assez indélicat de juger une décision prise par quelqu'un qui en avait le droit. C'est un peu un manque d'humilité de prétendre qu'il a tort et qu'on a raison...

l'interdiction ou le refus assumé de critiquer une décision discutable (et à mon avis injuste, compte tenu de l'exemplarité du cas) transforme à mon avis l'église en secte, menée non pas des hommmes mais par des gourous.

chacun, chaque chrétien, a le droit, je dirai même le devoir de veiller à ce que l'Eglise soit et reste toujours celle du Christ, et ne s'éloigne jamais de la voie que le Seigneur a proposé. Certes, chacun peut voir cette voie de manière un petit peu différente parfois.... mais chacun a le droit de dire lorsqu'il estime qu'il y a erreur, errance.

l'Eglise s'est éloignée parfois de la voie proposée, et les hommes qui la mène aussi. Ils ont mélé, ils mèlent à l'Evangile et son annonce des critères politiques, idéologiques etc...
c'est une évidence. Il suffit d'ouvrir les yeux pour s'en rendre compte.
c'est le devoir du chrétien de le remarquer.
Des saints l'ont fait en leur temps, tout en restant dans l'Eglise, et en tentant de la conformer à ce qu'elle doit être.


jamais je ne resterai pas dans une secte. Le jour où il sera impossible de critiquer une décision parce qu'elle est prise par tel ou tel (y cormpris le pape), je ne pourrai pas rester dans l'église, car elle empêchera l'Esprit de souffler.
Et je ferai Eglise autrement. D'autres chrétiens ont déjà fait ce choix.. et parfois, je les comprends. Jamais une structure ou un homme ne doit prendre le pas sur la liberté de la pensée, de la conscience.


c'est à cela qu'il faut penser avant de s'indigner de l'existence de critiques face à une décision : lorsque ceux qui critiquent ne le font que par habitude de la critique, c'est une chose ; lorsque ceux qui critiquent le font quand ils sont réellement d'Eglise, c'est autre chose.
non, l'église n'est pas une secte. mais vouloir refuser par principe la critique en fera une secte.
c'est à chaque chrétien de faire l'église, de veiller....

et lorsque, comme je le lis sur d'autres forums, c'est au prix d'erreurs et de mensonges que des prétendus théologiens ou des sectateurs de la foi défendent cette excommunication, je me dis que s'il y a besoin de cela, il doit réellement y avoir un problème... (type d'erreur, confondre latae sententiae et automatisme....) ;
lorsqu'un prélat, quelqu'il soit, ose dire qu'un viol (y compris sur enfant), c'est certes grave, mais qu'il y a tant de péchés... je ne suivrai pas son enseignement.

je veux bien admettre qu'il a en conscience prononcé cette excommunication, mais je n'en suis pas d'accord, en conscience aussi.

que celui qui est sans péché lance la première pierre...
je n'ai le pouvoir de condamner personne, et je ne le veux pas.
mais j'ai le droit de dire que cette première pierre, il faut se sentir bien fort et sur de soi pour faire le choix de la lancer dans un tel cas, quand on a le pouvoir de dire "va et ne pêche plus".

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 10:17

On assiste, au fond, à ce que Jésus a réprouvé, provoquant ses seules vrais colères : le pharisianisme :

LUC 11« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.

Les pharisiens, droits dans leurs bottes, respectaient scrupuleusement la Loi (le Droit canon et le magistère aujourd'hui)......Leur discours était "parfait" appuyé sur des lois divines incontestables.......Oui mais il leur manquait la miséricorde !
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Belen le Jeu 12 Mar 2009 - 10:22

C'est ce que je ressens aussi.
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Théophane le Jeu 12 Mar 2009 - 10:54

Moi, ce qui pourrait me faire douter l'Église ou m'éloigner d'elle, c'est plutôt de voir la situation qu'on retrouve dans bien des paroisses : on se critique, on se déteste les uns les autres, on parle mal de telle ou telle personne...

Alors qu'au contraire, lorsque je regarde le Souverain Pontife et les personnes qui l'entourent, je me sens plus proche de l'Église. En tout cas ce ne sont pas les décisions judiciaires de tel ou tel évêque qui mettront en cause ma foi. Je suis un juriste de droit civil, et non de droit canonique. Je préfère abandonner cela à qui en revient la compétence.

Quant à la contestation, n'oublions pas que l'Église n'est pas une démocratie ou un parti politique mais une société hiérarchique.
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 12:21

COMMENTAIRES DE PRETRES SUR CE SUJET :

Père MICHEL DURAND - Lyon

pharisaïsme cardinalice : une honte
Un évêque brésilien excommunie la mère d'une fillette de 9 ans ayant avorté
Hélas, l'actualité de ce lundi 9 mars 2009 a apporté une preuve on ne peut plus concrète du conflit entre attachement rigoureux à la loi et regard miséricordieux envers les personnes, comme je le disais dans mon homélie de dimanche dernier :
deux domaines s'opposent :
- L'un qui relève de l'amour, de la miséricorde, de la compassion, de l'attention à ce que vivent les personnes : on veut leur bien.
- L'autre qui met en avant le respect de lois attachées à la nature humaine comme l'a bien analysée la psychanalyse. On parle ici de justice. Parfois, la justice d'oppose à l'amour et inversement.
Comment se sortir de ce conflit ? Entre droit canonique et devoir pastoral, n'est-ce pas l'amour qui devrait l'emporter ?

Père MICHEL CLEMENCIN
Vous l'avez lu dans La Croix, le Figaro, le Monde ou ailleurs : «... une Brésilienne de 9 ans, qui attendait des jumeaux après avoir été violée à plusieurs reprises par son beau-père, a subi une IVG. L'archevêque de Recife a aussitôt excommunié la mère de la fillette, ainsi que l'équipe médicale. L'avortement, a-t-il expliqué, est plus grave que le viol. Le beau-père, lui, fait toujours partie de l'Église. Mais il devra se confesser, bien sûr, pour que la machine ecclésiastique lave ses péchés.» Robert Solé, dans le Monde.

Père BRUNO DUBREUCQ

pour quelques évêques qui n'ont rien sous la mître, un autre nous redonne espérance, Merci Mgr Patenôtre !

Communiqué de la Mission de France

L’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.

Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?

Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.

Mgr Yves Patenôtre, évêque de la Mission de France et son Conseil.

Père HENRI MADELIN, Jésuite, politologue au service jésuite européen (l’Ocipe),

Dans le comportement de Mgr Cardoso Sobrinho il perçoit la tendance, assez fréquente dans les pays pauvres – en Afrique par exemple – de prélats qui usent de l’excommunication pour «établir une puissance mal assise». Or, précise-t-il, il s’agit là d’un pouvoir que les évêques «prennent le plus grand soin d’exercer à bon escient»: il est très «rare» de voir brandir l’excommunication contre les «personnes».

Mgr Cardoso Sobrinho ne se comporte pas seulement comme un responsable «en mal de puissance», note Henri Madelin: son tort est aussi de s’en tenir à une lecture erronée de la doctrine. Dans un milieu «aux limites de la subsistance», là où l’on attendrait un peu de «miséricorde», il défend «une perception biologique de ce qu’est une vie humaine».

Ce comportement contraste avec les «manières évangéliques» du précédent archevêque de Recife, Dom Helder Camara, mort voilà bientôt dix ans, en août 1999. Désigné à ce poste en 1985 par Jean Paul II, Mgr Cardoso Sobrinho appartient à la lignée d’évêques conservateurs nommés pour entraver «l’autonomie» jugée à Rome très excessive d’une Eglise brésilienne où prospéraient communautés de base et théologiens de la libération.

En vingt-cinq ans, relève Henri Madelin, il n’a eu de cesse que de liquider ce que son prédécesseur avait réalisé. Pour quels résultats? Si le Brésil demeure la première nation catholique du monde, il est aussi devenu l’un des pays les plus accueillants aux mouvements évangélistes. En trois décennies, l’Eglise catholique aurait perdu 20% de ses fidèles.


Dernière édition par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 16:38, édité 1 fois
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 13:30

Joss a écrit:

......Nouvelles totalement réconfortantes où on nous apprends que si la mère regrette sincèrement de ne pas avoir tué 3 vies au lieu de 2, son excommunication sera levée ! snif snif snif

Je lis par ailleurs :

Le beau-père en revanche, coupable de viol aux yeux de la loi, n'a pas eu à subir les foudres de l'Eglise. "le viol est moins grave que l'avortement", a justifié lundi le cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican. "C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées", a déclaré Mgr Re, qui est également président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

= ou comment banaliser le viol sur une enfant elle aussi innocente (ne l'oublions pas)

Comment peut-on inverser à ce point les valeurs au point de justifier une perversion ? Quel peut être l'intérêt caché de cette justification à la pédophilie dont la perversion est de considérer ce qui est pur comme impur et vice versa....... ?????

Je ne peux, m'empêcher de penser à certaines affaires sordide de moeurs qui continuent de défrayer la chronique de l'Eglise....


THEOPHANE dit :

Alors qu'au contraire, lorsque je regarde le Souverain Pontife et les personnes qui l'entourent, je me sens plus proche de l'Église. En tout cas ce ne sont pas les décisions judiciaires de tel ou tel évêque qui mettront en cause ma foi.

Moi, j'applique FOI et RAISON et je cherche non seulement à croire mais à comprendre :

et à ce sujet :


Qui est le Cardinal Giovanni-Battista Ré?


Son CV...
Homme intelligent, d'après Slate.fr, âgé de 75 ans, il fut longtemps le numéro trois de la Curie (sorte de ministre de l'intérieur du Vatican) sous Jean-Paul II. Il est aujourd'hui préfet de la congrégation pour les évêques et président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

Et quelques uns de ses "meilleurs" faits d'arme...

Lundi, il déclare: "le viol est moins grave que l'avortement".
Parlant au nom du Vatican, il justifie ainsi l'excommunication prononcée par l'Eglise brésilienne à l'encontre de la mère d'une fillette de 9 ans, tombée enceinte de jumeaux après avoir été violée par son père, et qui a dû avorter.

Le 24 janvier 2009, il signe un décret réhabilitant quatre évêques intégristes, dont l'évêque négationiste Richard Williamson.

En 2007
, il assiste le Pape dans le choix de Mgr Wielgus, comme archevêque de Varsovie. Nouveau scandale: celui-ci a collaboré avec l'ancienne police secrète communiste polonaise. "Je ne savais rien de cette colloaboration" aurait-il ensuite assuré.

En avril 2002, il défend les cardinaux américains un peu trop laxistes envers les pratiques pédophiles de l'Église catholique. Six mois plus tard il signe "la demande du Vatican aux évêques américains de revenir sur la décision d'appliquer désormais une tolérance zéro contre les religieux coupables d'abus sexuels".


??????



QUI EST DOM JOSE CAROSO SOBRNHO

Nommé par Jean Paul II en 1985 pour succéder à Dom Helder Camara, Dom Cardoso s’est fait connaître pour son conservatisme et son intransigeance. « En vingt-cinq ans, il s’est employé à détruire l’héritage de Camara auprès des paysans sans terre, jusqu’à expulser les prêtres engagés auprès des plus pauvres », analyse le père Philippe Kloeckner, secrétaire national du pôle Amérique latine à la conférence épiscopale en France. Dans l’affaire de la fillette, Dom Cardoso a reçu du Vatican le soutien du cardinal Re, préfet de la congrégation des évêques, celui-là même qui a œuvré pour la récente levée de l’excommunication des intégristes. « L’Église a ­toujours défendu la vie et doit continuer à le faire, sans s’adapter aux humeurs de l’époque ou à l’opportunité politique », a déclaré le cardinal.
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 15:53

MONSEIGNEUR PATENOTRE, EVEQUE DE LA MISSION DE FRANCE ET SON CONSEIL

L’évêque de la Mission de France et son Conseil s’associent à la protestation de nombreux catholiques contre la décision de l’archevêque de Récife, au Brésil, d’excommunier une mère et des médecins ayant décidé un avortement pour une fillette de 9 ans violée par son beau-père.

Bien sûr l’avortement est un acte de mort ; il inscrit dans la chair de celles qui l’ont vécu des blessures qui ne se fermeront peut-être jamais. Mais comment se peut-il que devant un tel drame, l’Église se soit manifestée pour juger et condamner plutôt que pour entrer en compassion et reconduire vers la vie ? Comment faire fi de la pratique pastorale traditionnelle de l’Eglise catholique qui est d’écouter les personnes en difficulté, de les accompagner et, en matière morale, de tenir compte du « moindre mal », en particulier dans les situations dramatiques et les cas extrêmes.

Quand on invoque la « loi de Dieu », comment oublier la tendresse de Jésus : « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » ?

Cette décision abrupte d’excommunier est inacceptable. Elle ne tient compte ni du drame vécu, ni du danger physique et moral encouru par cette enfant.

Nous le disons de toutes nos forces, en ce monde blessé, il nous faut faire surgir des attitudes d’espérance plutôt que d’enfermer dans des condamnations qui trahissent les chemins compatissants de l’amour miséricordieux.

Nous le disons fermement à tous ceux qui sont troublés, nous ne nous reconnaissons pas dans cette mesure et nous demandons qu’elle soit levée le plus vite possible.


MONSEIGNEUR MARC STNGER, EVEQUE DE TROYES

Marc Stenger, évêque de Troyes, est président du pôle Amérique latine à la Conférence des évêques de France et président de Pax Christi France.

« Cette enfant a été détruite gravement par celui qui l’a violée. S’il faut condamner quelqu’un, c’est le violeur.
Du point de vue du strict droit canonique, ce qu’a dit l’archevêque de Recife est juste : nous croyons que la vie est sacrée, qu’elle est un cadeau de Dieu. Mais il existe des circonstances où les personnes sont des victimes, et j’aurais aimé entendre des mots de miséricorde plutôt que de condamnation. Ces propos sont encore plus affligeants dans le contexte que nous connaissons. Alors qu’on parle beaucoup de la levée de l’excommunication de quatre évêques intégristes, il est douloureux d’entendre cette condamnation-là. »
LA VIE


MONSEIGNEUR FRANCIS DENIAU, EVEQUE DE LA NIEVRE

J’ai appris comme tout le monde que la mère d’une fille de neuf ans, enceinte de son beau-père, avait été excommuniée par son évêque au Brésil, avec l’équipe médicale qui avait procédé à l’avortement de sa fille. Comme évêque, je suis solidaire de tous les évêques du monde. La solidarité impose de dire ses désaccords, sinon elle ne serait que complicité. Je dois dire à mon frère l’évêque de Recife – et au cardinal qui l’a soutenu - que je ne comprends pas leur intervention. Devant un tel drame, devant la blessure d’une enfant violée et incapable, même physiquement, de mener à terme une grossesse, il y avait autre chose à dire, et surtout des questions à se poser : comment accompagner, encourager, permettre de sortir de l’horreur, de retrouver sens et goût à la vie ? comment aider la fille et la mère à se reconstruire ? Nous balbutions, surtout nous les hommes, et devons compter sur les femmes pour être là avec plus de présence que de paroles. Mais des paroles de condamnation, un rappel de la loi, aussi juste soit-elle : c’est ce qu’il ne faut pas faire.

Jésus aurait dit que la morale est faite pour l’homme et non l’homme pour la morale. Il a dénoncé l’hypocrisie de ceux qui lient de pesants fardeaux sur les épaules des autres.

Je confesse que j’ai accompagné des femmes avant et après une IVG. Je crois que l’Église catholique assume sa responsabilité sociale en insistant, à temps et à contre-temps, sur le respect de la vie humaine « depuis la conception jusqu’à la mort naturelle ». Nous manquerions à notre responsabilité en taisant cet appel, qui relève de la défense des plus petits et des plus faibles. Après, il s’agit d’accompagner chaque personne, dans des situations où je ne voudrais pas être, et où chacun essaie de faire au mieux de ce qu’il ou elle peut. Dieu nous appelle à des décisions qui peuvent être exigeantes, mais d’abord il nous enveloppe de sa tendresse, et il nous accueille dans les obscurités et les drames de la vie. J’attends des hommes d’Église, mes frères, qu’ils n’utilisent pas son nom pour condamner des personnes ou les enfermer dans la culpabilité.

Francis Deniau, évêque pour la Nièvre
LA VIE

MONSEIGNEUR NORBERT TURINI, EVEQUE DE CAHORS

Mgr Norbert Turini : « Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ? »

Une fillette brésilienne de neuf ans violée, enceinte de deux jumeaux, une mère accablée, un avortement, une condamnation, une "excommunication" ! L'opinion publique réagit.
Je comprends son émotion.

Pourquoi n'avoir pas gardé le silence devant une telle détresse ?
Pourquoi ajouter de la sévérité à tant de souffrance ?
Beaucoup se questionnent.

Je défends et défendrai toujours, la dignité et le respect de la vie de son origine à son terme et je crois qu'en toutes circonstances, l'attitude de l'Eglise tire sa légitimité de l'attitude du Christ. Ainsi, l'amour et la miséricorde parlent toujours plus fort, dans les évangiles, que la condamnation et l'exclusion. Il n'y a qu'à les ouvrir pour s'en convaincre !

Quel sera l'avenir de cette femme, de cette fillette, à la suite de cette décision ? Qui va les accompagner ? Nous devons en conscience et fidèles à la Bonne Nouvelle nous interroger.


Pour l'heure, je voudrais pouvoir leur dire qu'elles sont et seront toujours aimées par le Dieu de Jésus-Christ que nous appelons Notre Père."

+Norbert TURINI, Evêque de Cahors
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LETTRE OUVERTE DE MONSEIGNEUR GERARD DAUCOURT, EVEQUE DE NANTERRE à Monseigneur José Cardoso Sobrinho, Archevêque de Olinda et Recife


Monseigneur,

Vous avez récemment tenu à déclarer publiquement l’excommunication d’une mère de famille qui avait fait avorter sa fillette de neuf ans, enceinte de quatre mois, après avoir été violée depuis l’âge de six ans par son beau-père. Vous avez décidé aussi publiquement l’excommunication des médecins qui ont pratiqué cet avortement. Je réagis donc publiquement à votre intervention par cette lettre ouverte.

Je vous rassure tout de suite : pour moi, l’avortement est la suppression d’une vie. J’y suis donc fermement opposé.

La mère de cette fillette a peut-être pensé qu’il valait mieux sauver une vie que de risquer d’en perdre trois… Peut-être les médecins lui avaient-ils dit qu’un petit utérus de neuf ans ne se dilate pas indéfiniment… Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que dans cette tragédie, vous avez ajouté de la douleur à la douleur et vous avez provoqué de la souffrance et du scandale chez beaucoup de personnes à travers le monde. Dans une situation si dramatique, je crois fermement que nous, évêques, pasteurs dans l’Eglise, nous avons d’abord à manifester la bonté du Christ Jésus, le seul vrai Bon Pasteur. Je suis sûr qu’Il aime cette mère et qu’Il cherche des hommes et des femmes pour l’aider à continuer la route en étant soutenue amicalement, spirituellement et, si nécessaire, matériellement. Je suis sûr qu’Il demande d’apporter de l’amour à cette fillette marquée à vie et à sa sœur aînée handicapée, elle aussi violée. Je suis sûr qu’Il demande à l’aumônerie de la prison de s’approcher du beau-père violeur pour qu’il se repente, se convertisse et redevienne un jour un homme véritable. Je suis sûr que le Christ estime aussi que, si vous le pouvez, vous parliez avec les médecins qui ont pratiqué cet avortement parce que, comme les quarante gynécologues et obstétriciens que j’ai rencontrés il y a quelques mois et dont je n’ai pas partagé nécessairement toutes les positions, la plupart d’entre eux apprécient d’être écoutés et d’entendre divers points de vue alors qu’ils vivent souvent des drames de conscience.

Monseigneur, aidons-nous les uns les autres pour être avant tout des hommes d’espérance en Dieu et en tout être humain !

Je suis en relation d’amitié et de collaboration avec beaucoup d’évangéliques qui sont tout aussi opposés que vous et moi à l’avortement. Ils ne proclament pas cependant de condamnation publique. Peut-être est-ce une des raisons pour lesquelles les communautés évangéliques attirent tant de catholiques aujourd’hui, en particulier au Brésil. Je constate que l’opinion publique ne comprend rien à l’excommunication. Elle la perçoit comme une condamnation des personnes et non une proposition de guérison et de conversion. J’estime donc que nous devons trouver d’autres moyens pour dire à nos communautés que le comportement ou les paroles de tel catholique ne sont pas en accord avec ce que l’Eglise comprend et croit de la volonté de Dieu.

Je ne vous cache pas non plus que je me demande aussi comment on peut dire que le viol est moins grave que l’avortement qui supprime la vie dans le sein d’une mère. Des femmes violées se sont confiées à moi. Certaines ont pu se redresser et avancer dans la vie avec le souvenir de leurs blessures qui ne disparaît jamais complètement. Mais d’autres, tout en étant physiquement vivantes, ont été tuées au plus profond de leur être et n’arrivent pas à revivre. La vie n’est pas que physique, vous le savez bien.

Je n’ai pas pu obtenir le texte complet de ce qu’a dit le Cardinal Re, mais le soutien que – selon les médias – il vous a apporté ne change rien à ma réaction pastorale. Pour la clarté des relations entre évêques, j’envoie un double de cette lettre à Monsieur le Cardinal Re.

Je vous prie de croire, Monseigneur, à mes sentiments attristés, mais aussi respectueusement fraternels, ainsi qu’à l’assurance de ma prière pour vous-même et ceux et celles qui, de loin ou de près, sont concernés par le drame de cette fillette.
Gérard DAUCOURT
Evêque de Nanterre

Le 12 mars 2009
CATHOLIQUE NANTERRE


Dernière édition par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 22:09, édité 2 fois
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 17:43

Joss a écrit:On assiste, au fond, à ce que Jésus a réprouvé, provoquant ses seules vrais colères : le pharisianisme :

LUC 11« Vous aussi, les docteurs de la Loi, malheureux êtes-vous, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d'un seul doigt.

Les pharisiens, droits dans leurs bottes, respectaient scrupuleusement la Loi (le Droit canon et le magistère aujourd'hui)......Leur discours était "parfait" appuyé sur des lois divines incontestables.......Oui mais il leur manquait la miséricorde !

On est bien d'accord

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 19:03

Enfin, bon......Comme tu l'as vu, les évêques réagissent ! Je remarque, un peu rassurée, que le net, heureusement, n'est pas représentatif de l'Eglise au sens large mais un panier des cathos les plus fondamentalistes.....

D'autres réactions d'évêques sur l'émoi qu'lls rencontrent auprès des fidèles :

Mgr Michel Dubost, évêque d'Évry-Corbeil-Essonnes


...il va falloir remonter la pente, il constate une «distance» à l'égard de Rome depuis cette affaire. «Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II avaient réussi à ce que l'Église de France les suive. Cette fois, une distance s'est installée vis-à-vis de Benoît XVI. Beaucoup de gens ont eu l'impression que les attentions du Pape étaient unilatérales, uniquement en direction des traditionaliste.

Jean-Michel di Falco-Léandri

La maison brûle....Jean-Michel di Falco-Léandri, évêque de Gap et Embrun, l'exprime sur la base de ses nombreux contacts, tant diocésains que nationaux : «Ce qui m'inquiète vraiment, c'est de voir des catholiques classiques, fidèles à l'Église, fidèles au Pape, bouleversés. Ils ne comprennent plus. Ils sont choqués, jusqu'à confier : “En ce moment, on a honte de dire que nous sommes catholiques.”».

Mgr Jean-Yves Riocreux, évêque de Pontoise

«Beaucoup de fidèles nous relatent un comportement agressif dont ils sont témoins. Ainsi ce cadre qui s'est entendu reprocher la semaine dernière dans son entreprise sur un ton désagréable : “Alors, qu'est-ce qu'a encore fait ton pape ?” Désarçonnés, les fidèles nous demandent un texte d'explication, même si tous les évêques ont déjà beaucoup écrit et expliqué depuis le début de cette crise. Je me réjouis donc beaucoup de la lettre du Pape.»

Mgr Yves Pate­nôtre, archevêque de Sens-Auxerre

Mgr Yves Pate­nôtre, archevêque de Sens-Auxerre, dont le champ d'action couvre ce diocèse, mais aussi la Mission de France dont il est évêque-prélat qui regroupe de nombreux prêtres, diacres et laïcs engagés dans tous les milieux professionnels, confirme les dégâts opérés par l'affaire Williamson et la montée subite, ce week-end, de l'incompréhension devant la décision de l'évêque brésilien d'excommunier la mère d'une fillette violée et enceinte de son beau-père, parce qu'elle a dû avorter. «Beaucoup me disent : “ Là, ce n'est pas possible !” Dans un monde déjà dur, l'Église a-t-elle pour mission de condamner ou d'apporter la miséricorde du Seigneur ?»

Mgr Thierry Scherrer, évêque à Laval


Un des plus jeunes évêques de France, constate la même progression - du malaise diffus à la sainte colère. Dans ce diocèse plutôt rural, «la réintégration des quatre évêques lefebvristes n'a pas suscité de réactions idéologiques et de mécontentements affichés. En revanche, l'affaire brésilienne est préjudiciable, car les gens, même bien disposés, se disent écœurés». «Je ne comprends plus, disait l'un deux à cet évêque, on a déjà peu de monde, si on continue comme cela, on va vider les églises».

Pierre de Charentenay, jésuite et directeur de la prestigieuse revue Études

...Les gens se demandent s'il s'agit d'un changement d'orientation et d'option de l'Église catho­lique ou s'il s'agit d'une affaire liée à un défaut de communication. D'où un grand découragement. Sans parler de l'affaire brésilienne, qui vient comme une accumulation. Les gens sont donc en attente de clarification.».
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Belen le Jeu 12 Mar 2009 - 20:16

Merci Joss pour ces lettres, qui réconfortent un peu. Quand on a une foi solide, on supporte cette tempête, en gardant les yeux fixés sur le Christ, mais l'Eglise hiérarchique devient indéfendable...
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 20:34

mais l'Eglise hiérarchique devient indéfendable...

oui... j'ai l'impression que trop de ces hiérarques vivent dans une bulle... ils vivent en dehors du monde, ne savent plus du tout ce qu'il en est. pour eux, c'est de la théorie, tout cela... ils semblent avoir perdu tout lien avec la vie réelle.

Heureusement, la plupart de nos prêtres, de nos évêques ne sont pas des hiérarques.. et je m'en réjouis.

” Dans un monde déjà dur, l'Église a-t-elle pour mission de condamner ou d'apporter la miséricorde du Seigneur ?»

la réponse me semble aller de soi. Merci à nos évêques de la remettre chaque jour en avant.

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Belen le Jeu 12 Mar 2009 - 20:43

Tu sais Lucie, j'ai beaucoup souffert dans ma famille (et ce n'est pas fini...) à cause d'un oncle prêtre très intolérant et pas du tout charitable ; il n'y a rien d'évangélique dans son comportement, ses paroissiens successifs ont été très malmenés. Je me suis blindée par rapport à ça, mais je souffre quand on assimile les croyants sincères à ce dogmatisme d'un autre âge...
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 21:02

lucie a écrit:
mais l'Eglise hiérarchique devient indéfendable...

oui... j'ai l'impression que trop de ces hiérarques vivent dans une bulle... ils vivent en dehors du monde, ne savent plus du tout ce qu'il en est. pour eux, c'est de la théorie, tout cela... ils semblent avoir perdu tout lien avec la vie réelle.

Oui : je suis en plein débat sur ENFANT PRODIGUE....et je ne vais pas tarder à me faire banir (je m'en fiche) :
http://enfant-prodigue.forumactif.com/actualites-f28/un-eveque-bresilien-excommunie-la-mere-dune-fillette-de-9-a-t1213-15.htm#11782
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 21:06

Un prêtre, un évêque, un pape ne sont pas parfaits par la grâce de l'ordination.
certains ne lisent que la lettre, et pas l'esprit... certains ont fermé leur coeur. certains ont oublié que Jésus était venu guérir et non condamner. et que ceux qui ont besoin de médecin (et donc du plus de compassion), ce sont bien les malades.

j'ai beaucoup de mal à admettre que ceux qui ont le pouvoir de délier lient des fardeaux qu'ils ne remuent pas eux...

et c'est toute l'eglise qui souffre... ce sont les fidèles qui en souffrent...

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 21:14

je viens d'aller voir...

je suis frappée par le refus de chacun de lire ce que dit clairement pourtant le droit canon...
que celui qui provoque volontariement un avortement encourt une excommunication...

ce mot parait systématiquement passé sous silence... comme si la plupart trouvait effectivement l'intervention de l'évêque anormale, et cherchait à montrer que finalement, c'est pas de sa faute... qu'il n'avait pas le choix....

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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 21:23

Dis le.... Wink
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par Joss le Jeu 12 Mar 2009 - 21:26

Le filles, je vais me coucher Wink ..... Bonne nuit :love:
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Re: J'aurais été excommuniée

Message par lucie le Jeu 12 Mar 2009 - 21:27

Joss a écrit:Le filles, je vais me coucher Wink ..... Bonne nuit :love:

dors bien. Very Happy

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Re: J'aurais été excommuniée

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