MARTHE ET MARIE

Les saints dominicains

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Alfonso; Carmen

Message par Fée Violine le Mar 31 Mai 2011 - 22:02

1er juin Bx Alfonso Navarrete, Vieille Castille 1571 – Omura (Japon) 1er juin 1617, martyr. Il entra au couvent dominicain de Valladolid. En 1598 il partit comme missionnaire à Manille (Philippines), où il se consacra à l’apostolat avec tant d’enthousiasme et de zèle qu’il fut frappé d’épuisement et que ses supérieurs le renvoyèrent en Espagne. En 1611 il obtint de retourner en Orient, au Japon, où il fonda les Fraternités du Rosaire et du Saint Nom de Jésus, et diffusa le livre de frère Louis de Grenade, Guide du pécheur, en japonais. Il fonda trois fraternités pour les soins des malades et pour sauver les enfants qui étaient abandonnés à la mort par leurs parents païens. À une occasion, il défendit courageusement des femmes catholiques japonaises menacées par un gang. En 1614 l'empereur du Japon commença la persécution, interdisant à ses sujets d’embrasser la foi catholique et ordonnant à tous les missionnaires de quitter le pays sous peine de mort. Le Bx Alfonso, infatigable, encourageait les chrétiens à persévérer dans la foi, baptisait, confessait, prêchait, célébrait la messe, réconciliait les apostats. Il se rendit à Omura pour soutenir les catholiques qui y étaient persécutés. Ils accoururent vers lui et vers Ferdinando Ayala, augustin. Les deux prêtres furent rapidement arrêtés par les autorités mais les laïcs continuaient à essayer de leur rendre visite. Par édit du commandant suprême Hidetada, ils furent décapités, ainsi que Leo Tanaka, catéchiste laïc affilié aux jésuites. Béatifiés en 1867.

1er juin Maria del Carmen Benavides Mujica, née en 1777 à Valparaiso (Chili), + 1er juin 1849 à Valparaiso, tertiaire dominicaine.
L’Église désire voir des laïcs sur les autels. Les admirateurs de cette femme extraordinaire attendent que l’autorité ecclésiastique canonise celle que le peuple fidèle a toujours appelée la Beatita Benavides. Il faut la connaître pour l’aimer et prendre part à l’œuvre de charité sociale qu’elle nous a laissée en héritage.
Quillota, la ville qui a rêvé d’être la capitale du Chili, fut le berceau où elle naquit. Ses parents, don Francisco Benavides, originaire de Cádiz, et doña Javiera Mujica, de La Ligua. « Les Benavides de Quillota étaient une famille suprêmement notable, non seulement pour son ardent et généreux patriotisme, mais aussi pour son indomptable énergie ». Sur les 10 enfants, 2 furent prêtres, 2 autres ont combattu dans la guerre d’Indépendance. Elle vécut identifiée à son peuple, donnant préférence aux plus pauvres. "Elle fut sainte dès l’enfance", disaient ses concitoyens. Son amour de Dieu se manifesta dans son don de soi aux plus abandonnés de ce monde.
À 18 ans elle entra dans le Tiers-Ordre dominicain et commença aussitôt son apostolat de miséricorde. Bien que laïque, elle portait l’habit dominicain comme sainte Rose de Lima qu’elle se proposait d’imiter.
Modèle de laïque consacrée, elle fut la femme forte de la Bible qui tira de son baptême et de l’eucharistie les énergies d’une activité infatigable.
Avec ses 5 cousines et une filleule elle forma une équipe de Charité pour réaliser ses plans d’action solidaire. Elle allait dans les villages et les campagnes retirées, recueillant les gens les plus pauvres. "Mes cousines sont des colombes de clocher, et n’ont pas peur des cloches", disait-elle avec beaucoup de grâce. Elle était spirituellement attentive aux prisonniers et réussit à en sauver beaucoup. Elle changea sa maison en asile universel de charité, où devait pousser plus tard un rejeton: l’hôpital San Martín de Quillota.
Son dévouement aux pauvres l’aidait à se donner à Dieu plus complètement. On observait en elle les phénomènes mystiques qu’on lit dans la vie des saints (guérisons, extases, prophéties, lévitation quand elle allait communier). Mais elle se maintenait ferme dans son humilité et ses pénitences. Elle fut très persécutée par le démon, mais ne manqua jamais d’une joie saine et d’un fin sens de l’humour hérité de son père andalou.
À 72 ans elle mourut, pleine de mérites et de vertus. "Une sainte est morte", proclamaient dans les rues des milliers de personnes. Sa fin glorieuse est le fruit d’une vie de don de soi à Dieu et aux pauvres. Le parfum qui sortit de sa tombe au cimetière municipal, "l’odeur de sainteté", obligea les autorités à la transférer à l’église Saint Dominique.
Au fil des ans, la renommée de la Beatita n’a pas diminué, et le nombre de ceux qui viennent remercier pour les grâces reçues augmente sans cesse. Les nombreux témoignages écrits qui restent d’elle sont conservés, et surtout, l’amour et l’admiration que son peuple ressent pour elle font penser que le procès de béatification commencé au niveau de l’Église locale aura une heureuse issue, et que bientôt il y aura une autre sainte chilienne.

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Sadoc; Beatrice; Dalmau

Message par Fée Violine le Ven 3 Juin 2011 - 20:06

2 juin Bx Sadoc et ses compagnons, + 2 juin 1260 à Sandomierz (Pologne), martyrs.
En 1221, au deuxième chapitre général de l’Ordre, à Bologne, st Dominique envoya des frères évangéliser un peu partout, notamment la Hongrie et le pays des Cumans (que st Dominique rêvait d’évangéliser lui-même), sous la direction d’un frère hongrois nommé Paul, qui fonda la Province dominicaine de Hongrie. Le groupe comprenait aussi le jeune Sadoc, hongrois ou polonais, de bonne famille, dont le splendide caractère et la sainteté de vie attiraient l’amitié et l’admiration de ses frères. C’est vraisemblablement à Bologne qu’il fit ses études et entra dans l’Ordre. St Dominique le choisit pour son zèle et son éloquence. À cause de sa vie exemplaire, de sa rare piété, et de son bon jugement, notre bienheureux fut souvent chargé de s’occuper des candidats à l’Ordre et de préparer les novices pour la vie apostolique.
Il fonda un couvent à Agram (actuellement Zagreb) où il fut prieur, puis il alla prêcher en Pologne, où il fonda à Sandomierz, sur la Vistule, le couvent Saint Jacques dont il devint prieur. Ensuite il alla en mission chez les Tartares.
En 1260, la ville de Sandomierz était assiégée par les Tartares, dont les chefs se nommaient Nogaio et Celebuga, et qui auparavant avaient brûlé Lublin et d’autres villes. Le 1er juin 1260, alors que Sadoc et ses 48 frères (en comptant les étudiants, novices et frères lais), disaient les matines, le novice qui lisait dans le martyrologe les saints du lendemain fut inspiré de dire : « À Sandomierz, passion de 49 martyrs ». Ils furent surpris, mais virent ces mots écrits en lettres d’or dans le livre (les mots disparurent ensuite). Après l’office, Sadoc leur dit que bien que les remparts de la ville soient solides et que normalement ils ne soient pas en danger, ils allaient certainement mourir martyrs et qu’ils devaient s’y préparer, et il les félicita de la chance qu’ils avaient. Ses mots firent une profonde impression. Le lendemain, les Tartares s’emparèrent de la ville par ruse et traîtrise. Pillage, destruction, massacres. Le soir, ils allèrent piller le couvent des dominicains, qui furent tous massacrés et moururent en chantant le Salve Regina. Leur culte a été confirmé en 1807.
L’identification du prieur et martyr Sadok de Sandomierz avec le Sadok originaire de Hongrie envoyé en mission par st Dominique et fondateur, n’est pas entièrement certaine.
http://cc.bingj.com/cache.aspx?q=sadoc+sandomir&d=4761684300793521&mkt=fr-FR&setlang=fr-FR&w=31b5a839,7d0859e0

*3 juin Bse Beatrice Bicchieri, + Verceil 1320. Beatrice épousa Gioachino De Ivachi. Devenue veuve elle se fit dominicaine en 1270, suivant sa sœur aînée Emilia (voir 4 mai). Elle fonda un couvent de dominicaines à Verceil, et le gouverna avec sagesse et humilité. Elle fut célèbre par la vie de prière et de pénitence qu’elle mena jusqu’à sa mort. Le peuple la déclara bienheureuse.

3 juin Vble Dalmau (Jaume) Ciurana i Pons (Riudellots de la Selva 14 juillet 1574 – Gérone 3 juin 1637), fils de Montserrat Ciurana et Caterina Pons. À 30 ans, le 25 août 1604, il prend l'habit de frère lai au couvent Saint Dominique de Gérone, sous le nom de Frère Dalmau (Dalmacio en castillan, Dalmau en catalan), en hommage au Bx Dalmau Moner. En 1605 il fait profession. Humilité, charité, prière, pénitence, dévotion envers le Saint Sacrement, la Passion, la Vierge du Rosaire. Au couvent il est aumônier, sacristain et infirmier. Miracles, guérisons, prophéties. Très respecté, beaucoup de gens recherchent ses conseils. Il obtint le privilège d’entrer dans le chœur de la cathédrale de Gérone pendant l’office et de demander l’aumône aux chanoines et prêtres.
Ses funérailles sont une manifestation de la piété populaire, et il fallut les retarder d’un jour pour que tous ceux qui le désiraient puissent voir son corps. Il fut enterré au cimetière du couvent, en 1660 les restes transférés dans un tombeau de pierre, en 1848 le couvent étant abandonné ils furent transférés à Riudellots, et en 1859 à l'église du même village. La cellule où il avait vécu fut transformée en chapelle, où lui est rendu un culte. Sa vie fut racontée par le frère Narcís Camós : Abrégé de la vie et des mœurs du vénérable fr. Dalmacio Ciurana, publié en 1690.
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Pierre

Message par Fée Violine le Sam 4 Juin 2011 - 10:20

4 juin St Pierre de Vérone (Vérone v1203/1205 – près de Seveso 6 avril 1252), le premier martyr dominicain.
Fils de cathares, il se convertit très jeune à la foi catholique. On dit que tout petit, malgré les réticences familiales, il récitait plusieurs fois par jour le Credo. À Bologne où il faisait ses études, il rencontra les Frères prêcheurs et reçut l'habit dominicain des mains de st Dominique, à l’âge de 16 ans.
Après son ordination, il prêcha surtout chez les cathares du nord de l’Italie, auprès desquels il pratiqua, à l'exemple de st Dominique, la méthode évangélique du dialogue.
Puis sa renommée augmenta et il fut choisi comme prieur à Asti, Plaisance, Gênes, Aoste, Iesi, Côme. Toutefois, presque toute son activité se déroulera principalement à Milan, où il finit par fonder le couvent Saint Pierre in Campo Santo.
Tout en luttant contre les croyances des cathares, il se consacra à la formation chrétienne des laïcs, à la diffusion du culte de la Vierge, et à la création d'institutions visant à la défense de l'orthodoxie catholique. Ses prédications, renforcées par de solides connaissances de la Bible, s'accompagnaient d'une vie d'ascèse et de charité, des miracles lui sont aussi attribués. Par un travail apostolique inlassable, il obtint de nombreuses conversions et fut aussi le promoteur d'Associations de la foi et de Confréries de louange de la Vierge Marie.
Á Florence, il noua de profondes amitiés avec les sept fondateurs de l’Ordre des Servites de Marie, et finit même par devenir leur conseiller.
Nommé inquisiteur de Lombardie en 1242, puis en 1251 inquisiteur pour Milan et Côme (en cette dernière ville il fut aussi nommé prieur), il envoya au bûcher bon nombre de cathares et vit se concentrer sur lui la haine des ennemis de la foi catholique, ce qui lui fit dire qu'il s'attendait à mourir de mort violente. Et il avait raison, car le 6 avril 1252, jour de Pâques, il fut attaqué sur la route de Côme à Milan, en un lieu nommé Barlasina, par des assassins, notamment un certain Pietro de Balsamo, dit Carino, qui le blessa avec une serpe et le poignarda ensuite (par la suite, Carino se convertit). Avant de mourir, Pierre écrivit avec son sang le début du Credo. Son compagnon frère Dominique fut tué aussi.
Onze mois après sa mort, dès 1253, Innocent IV le canonisa, “pour exalter en lui le héros de la lutte contre l'hérésie cathare”. Dans sa Bulle de canonisation le Pape lui reconnaissait « dévotion, humilité, obéissance, bienveillance, piété, patience, charité » et le présentait comme un « amant fervent de la foi, son éminent connaisseur et son encore plus ardent défenseur ». Sa vie fut écrite quelques années après sa mort par un de ses anciens compagnons d'apostolat, frère Thomas de Lentini, prieur et fondateur du couvent de Naples, qui donna l'habit à saint Thomas d'Aquin.
Patron de Côme, Crémone, Modène, de la Lombardie ; des accouchées, des brasseurs à Cologne. Un des plus beaux éloges de cette vie a été écrit par Catherine de Sienne dans son Dialogue (2, 5).

« 750 ans après sa mort, saint Pierre de Vérone, fidèle disciple de l'unique Maître, qu'il a cherché sans trève dans le silence et dans la contemplation, annoncé inlassablement et aimé jusqu'au don suprême de sa vie, exhorte les chrétiens de notre temps à dépasser la tentation d'une tiède et partielle adhésion à la foi de l'Eglise. Il invite chacun à recentrer son existence, avec un engagement renouvelé, sur le Christ "qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en lui la vie trinitaire et pour transformer avec lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste". Saint Pierre indique et repropose aux croyants le chemin de la sainteté, "ce haut degré de la vie chrétienne ordinaire", pour que la communauté ecclésiale, les individus et les familles s'orientent toujours dans cette direction. Chaque chrétien, en suivant son exemple, est encouragé à résister aux illusions du pouvoir et de la richesse pour chercher d'abord "son Royaume et sa justice" (Mt 6, 33) et pour contribuer à l'instauration d'un ordre social qui réponde toujours mieux aux exigences de la dignité de la personne.
Dans une société comme celle d'aujourd'hui, où l'on ressent souvent une inquiétante rupture entre l'Évangile et la culture, drame récurrent dans l'histoire du monde chrétien, saint Pierre de Vérone témoigne qu'un tel écart ne peut être comblé que lorsque les différentes composantes du Peuple de Dieu s'appliquent à devenir des "cierges" qui resplendissent sur l'ensemble du candélabre, en orientant nos frères vers le Christ, qui donne un sens ultime à la recherche et aux attentes de l'homme » (Jean-Paul II, en 2002).
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Diane, Cécile, Aimée

Message par Fée Violine le Mer 8 Juin 2011 - 7:01

8 juin Bses Diane d’Andaló, Cécile Cesarini et Amata, moniales, béatifiées en 1892.

Diane, née à Bologne v 1200, + Bologne 10 juin 1236. Après une vie futile et mondaine, elle participa en 1223 à la fondation du monastère Sainte Agnès. Son entrée en religion déplut à sa parenté, et ses frères tentèrent de l’enlever : ils lui brisèrent une côte, mais non pas la volonté : ils finirent même par l’aider à construire son couvent. Elle devint si proche du Christ que sa sainteté attirait à elle de nombreux chrétiens avides de vie spirituelle. Elle était belle, sage, éloquente, vertueuse, gracieuse et aimable. Elle était si appliquée au service divin, à la prière et à l’oraison que souvent, à sa seule vue, les sœurs se prenaient à fondre en larmes. Dans son humilité, elle aimait à porter les habits les plus vils. Elle embellit le monastère par ses paroles et ses exemples, par ses conseils et ses vertus. Elle devint supérieure du monastère. Environ 50 lettres du Bx Jourdain de Saxe à Diane sont un témoignage de leur amitié.

Cécile, v1204 Rome-1290 Bologne. C’est par elle qu’on connaît, heureusement, des détails sur saint Dominique, que les historiens avaient oublié de donner.
De famille noble, elle entra très jeune au monastère Sainte Marie in Tempulo. En 1221 elle alla dans le nouveau monastère Saint Sixte, qui était dirigé par st Dominique. En 1224 elle fut envoyée à Bologne, où Diane venait de fonder le monastère Sainte Agnès. Cécile y fut prieure en 1237, 1252 et 1257. À partir des informations de Cécile, sa consoeur Angelica établit le rassemblement des Miracula beati Dominici sur les merveilles réalisées par Dominique à Rome 15 ans auparavant : cela devint une importante contribution à sa biographie; beaucoup de ces récits très détaillés furent confirmés par les recherches.

Amata de Saint Sixte, +1270, cofondatrice de Sainte Agnès de Bologne, a été béatifiée avec Diane et Cécile, mais n’est pas sur le calendrier dominicain courant officiel, parce qu’on ne sait rien d’elle si ce n’est qu’elle vivait avec les deux autres.
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Jean

Message par Fée Violine le Jeu 9 Juin 2011 - 20:39

10 juin Bx Giovanni Dominici, Florence 1357- Budapest 10 juin 1419. D'une famille pauvre et pieuse, il fréquentait souvent l'église des dominicains de Florence, et à 17 ans il entra dans leur couvent. Après sa profession il s'appliqua à l'étude : comme il passait son temps à travailler et à prier, ne prenant qu’un minimum de nourriture et de sommeil, il faisait des progrès étonnants. Il devint si bon théologien que les supérieurs voulaient qu'il se fît recevoir docteur, titre qu'il refusa par humilité. Il était en 1387-1399 à Venise, où il ouvrit en 1395 le monastère de Dominicaines Corpus Christi, puis fut jusqu’à 1406 prédicateur à Florence. Légèrement bègue et devenu excellent orateur, il obtint des succès remarquables, il prêchait souvent jusqu'à cinq fois par jour, et opéra de nombreuses conversions dans toutes les classes, notamment saint Antonin, futur archevêque de Florence.
Il réforma les monastères, qui en avaient bien besoin ; il en fonda plusieurs dans lesquels il établit une régularité parfaite, afin qu'ils pussent servir de modèle aux autres. Il devient prieur du couvent de Fiesole, qu’il avait fondé.
Le pape Boniface IX, ayant publié une croisade contre Bayezid I, qui menaçait la chrétienté, chargea en 1394 le P. Jean Dominici de la prêcher dans diverses provinces d'Italie; mais cette croisade n'eut pas lieu, à cause de la division que le grand schisme d'Occident mettait parmi les princes chrétiens.
En 1406, Grégoire XII le fit venir auprès de lui comme conseiller, pour l'aider à pacifier l'Église, et le nomma archevêque de Raguse (Dubrovnik), puis cardinal en 1408. On l'accusa d’avoir profité de l’amitié du pape pour obtenir des honneurs, mais il ne fut pas plus ébranlé par ces calomnies qu'il ne l'avait été par les éloges.
L'empereur Sigismond désira que le cardinal fût chargé de faire recevoir en Bohême les décrets du concile et de ramener les Hussites à l'unité catholique. En conséquence, en 1417-1419 le pape Martin V le chargea de cette mission, et Jean partit aussitôt pour ce royaume, désolé par les révoltes et les cruautés des disciples fanatiques de Jean Hus. Voyant que ses efforts étaient sans résultat, il passa en Hongrie, où il espérait plus de succès, et il se trouvait à Budapest lorsque Dieu lui fit connaître que sa fin était prochaine.
Il demanda à être enterré sans cérémonie et comme un simple religieux, chez les frères de Saint-Paul-Ermite.
Le Bx Jean Dominici a laissé des Commentaires sur divers livres de l'Écriture sainte, et un livre de piété qui fut accueilli avec beaucoup de ferveur lors de sa publication.
Culte approuvé en 1832.
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Étienne

Message par Fée Violine le Mer 15 Juin 2011 - 11:55

12 juin Bx Étienne (Stefano) Bandelli, Castelnuovo Scrivia (Alessandria) 1369- Saluces 11 juin 1450. Né d’une excellente famille, il reçut l’habit dominicain à Piacenza, et s’appliqua à l’observance méticuleuse de la règle. Devenu docteur en théologie et droit canonique, il fut appelé à enseigner à l’Université de Pavie (1427-1432). Puis il quitta l’enseignement pour se consacrer avec amour, éloquence et compétence à la prédication, au point qu’on l’appela “le nouveau saint Paul”. On raconte que ce saint lui apparaissait, comme il était déjà arrivé à saint Thomas d’Aquin. De grandes foules accouraient pour l’écouter, et il s’ensuivait des conversions spectaculaires de mécréants et une plus grande ferveur des chrétiens tièdes.
Le Bx Stefano était brillant enseignant, efficace prédicateur, mais surtout homme de prière et d’étude. Il était aimé des pauvres, pour qui il se sacrifiait, et des pécheurs qu’il réconciliait avec Dieu. Il était assidu à l’écoute des confessions.
Sentant diminuer ses forces, il se retira au couvent dominicain de Saluces, où il mourut. Il fut enterré dans l’église St Jean-Baptiste où ses reliques sont toujours vénérées par les fidèles. Il avait aussi le don des miracles. Le plus remarquable advint en 1487 quand, la ville de Saluces étant assiégée, sa figure apparut dans les airs à côté de celle de la Vierge, libérant miraculeusement la cité. Cet événement est commémoré encore aujourd’hui. La ville de Saluces l’a choisi comme patron, avec saint Chiaffredo. Son culte fut approuvé en 1856.
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Osanna; Angelico

Message par Fée Violine le Sam 18 Juin 2011 - 11:00

18 juin Bse Osanna Andreasi de Mantoue, 17 janvier 1449-18 juin 1505.
Fille du patricien Nicolò Andreasi et de son épouse Agnese Mazzoni, elle s'entendit dire dans son cœur à 6 ans : "Enfant, la vie et la mort consistent à aimer Dieu" ; une statue de la Sainte Vierge qui s’anima, lui enseigna la lecture, le latin, l’écriture. À 6 ans, elle réclamait des livres de théologie, elle devint tertiaire dominicaine à 15 ans, mais ne fit profession qu’après 37 ans de noviciat. Elle était aussi gouvernante du duc de Mantoue. Toute son existence s'écoula dans des palais, comblée de grâces et accablée de souffrances, les unes comme les autres invisibles aux yeux des hommes. Elle se consacra à la prière, à la mortification et au souci pour ses soeurs. C'est son confesseur qui révéla après sa mort qu'elle restait parfois sept heures immobile debout dans la prière, alors que dans la journée elle vivait à la cour du duc François II de Mantoue et de sa femme Élisabeth II. À sa mort, découvrant sa sainteté, agenouillés près de son lit, ils lui demandèrent sa bénédiction. Ils lui élevèrent un beau mausolée qu'on voit encore dans la cathédrale de Mantoue. Elle écrivit d’innombrables lettres et un Libretto qui fut publié à Mantoue en 1507. Son culte fut autorisé en 1515 et confirmé en 1694.

Angelico (Andrea) Pistarino, Alessandria 4 février 1897 - Turin 18 juin 1960.
Andrea Pistarino, jeune peintre, arrive à Asti en 1915. Il se lie d’amitié avec les peintres de la ville. Pendant 10 ans, son atelier est un cénacle d’expériences et de discussions pittoresques. Son tempérament inquiet et curieux alimente facilement le goût de la polémique et des recherches nouvelles. Il participe avec succès aux grandes expositions de peinture (Biennale de Venise, Quadriennale de Rome). Il a le goût de la beauté et sa personnalité frémissante semble trouver la paix dans l’art, mais dans son cœur il y a une insatisfaction qui ne s’apaise pas. Il a laissé tomber Dieu à l’adolescence, mais Dieu, lui, l’attend. À 26 ans, en 1923, Andrea a pris rendez-vous pour adhérer à la franc-maçonnerie. Il sort de chez lui, mais au bout de quelques pas, il s’arrête: les cloches de l’église à côté de chez lui sonnent, invitant les fidèles à la prière. Comme attiré par une Voix mystérieuse, Andrea entre dans l’église. Le prêtre parle de Jésus-Christ, de son Église qui accueille les âmes ayant besoin de salut, et… de la franc-maçonnerie que l’Église combat. Andrea est profondément frappé de cette coïncidence. Les cloches, ce soir-là, ont sonné pour lui. Il va chez des amis. Leur mère, une noble dame d’âme et de foi, l’écoute, l’éclaire, lui ouvre des horizons nouveaux. Plus tard, Andrea l’appellera « maman ». Elle lui commande un portrait, mais c’est un prétexte pour lui parler du Christ.
Ses yeux sont ouverts et voient Dieu, qui seul au monde mérite d’être aimé: Dieu, l’Absolu, la Beauté éternelle, la Lumière, la Vérité et l’Amour!
Le 10 octobre 1924, Andrea, accompagné de sa soeur Rita, entre au couvent Saint Dominique de Chieri (Turin) pour consacrer sa vie au Christ, dans l’Ordre dominicain, l’ordre de la vérité et de la miséricorde. Il a 27 ans. Il quitte une brillante carrière. Il prend l’habit sous le nom de Fra Angelico, comme son grand prédécesseur dominicain.
Novice exemplaire, humble et obéissant, il a dans le cœur une joie qu’il n’imaginait pas possible sur la terre. Il est ordonné prêtre le 30 août 1929. Il prêche en chaire, et par la peinture. De son pinceau naissent des figures denses de mystère et de lumière, du Christ et de la Vierge, qui parlent au coeur. Le P. Angelico participe encore, avec succès, aux expositions internationales d’Art sacré, il expose à Paris et en Amérique, s’imposant à l’attention de la critique. Il reçoit des prix prestigieux. Beaucoup de ses œuvres se trouvent désormais dans des Galeries nationales, dans des musées municipaux, dans des collections publiques et privées. "Devant ses tableaux, en admirant le peintre qui réussit à susciter en nous des émotions si subtiles et précieuses, il est impossible de ne pas envier l’homme qui a trouvé un bonheur si grand". Son bonheur est vraiment "la prédication par le pinceau", comme avait été au 15ème siècle celle du Bx Angelico.
Mais le P. Angelico sait que tout ce succès n’est rien, que l’unique succès à poursuivre est la sainteté. Il est tenté de jeter pinceaux et couleurs dans le fleuve, mais ses supérieurs lui disent de continuer et de « jeter son art dans un fleuve de charité, au service des vocations dominicaines et des petits orphelins ». C’est ainsi qu’en 1942 avec les revenus de ses tableaux il fonde à Turin la Maison du Sacré-Cœur où il accueille et éduque de nombreux orphelins de guerre. Il les aime comme un père, leur offre la chaleur d’une famille, et leur fournit aussi une « maman », Maria Regale, née à Turin en 1910, tertiaire dominicaine, consacrée à Dieu très jeune par des vœux privés. En 1931, frappée d’une grave maladie, elle était restée 8 ans clouée au lit, puis miraculeusement guérie en 1942 (pèlerinages à Lourdes et à Loreto). Elle meurt subitement dans la chapelle de la maison, au milieu de ses enfants, le 18 mai 1947, pendant le Salve Regina du soir.
Le P. Angelico Pistarino a accompli une admirable prédication : Dieu n’est pas un professeur, sa révélation montre son visage, le visage de Jésus-Christ qui a dit : "Qui me voit, voit le Père" (Jn 14,9). Le catholicisme est la religion des visages, celui de Jésus, celui de Marie, celui des saints, ainsi naît entre le Christ et l’âme une histoire d’amour. C’est concret. Oui, la doctrine, la loi morale, mais incarnée et dévoilée par le visage du Christ. Pas la gnose, mais une Personne. L’art du P. Pistarino, comme celui de l’Angelico, en témoigne.
En 1959, le P. Angelico va à Paris, où il peint une série de tableaux. Au retour, il trouve une biographie qui lui a été consacrée, illustrée par quelques-unes de ses œuvres et des articles de critiques d’art. Une grande satisfaction pour lui, qui ressent les premiers symptômes d’un mal insidieux. Les mois qui lui restent à vivre sont remplis d’encore plus de rosaires, d’un dialogue plus intime avec Dieu, de charité et de tendresse envers ses petits. Après une difficile intervention chirurgicale, il s’éteint à Turin, à 63 ans. Peu de jours avant sa mort, il avait écrit : "La Foi, le Sacerdoce, l’œuvre du Sacré Coeur sont les plus beaux dons que Jésus et la Vierge m’ont faits. L’Esprit qui nous anime est l’Esprit de Jésus, d’amour de la Vérité. Toujours la Charité du Christ".

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Pierre

Message par Fée Violine le Mar 21 Juin 2011 - 17:02

21 juin Vble Pierre Quintin, Ploujean, près de Morlaix (Finistère) 1569- Vitré 21 juin 1629. Célèbre par sa charité envers les pauvres, son zèle pour la prédication et sa dévotion envers la Sainte Vierge. Il fit des miracles.
Fils de parents nobles et chrétiens (Allain Quintin, seigneur de Kerosar et de Leinbahu, et Perrine de Kermerhou), il va à l’école chez un prêtre nommé Hervé Le Moirssec. Il portait alors une petite robe blanche avec un manteau noir, pronostic de sa vocation future. Son second maître fut un homme remarquable, François Lachiver, prêtre de la paroisse de Plouezoch (ensuite il fut évêque de Rennes), qui mena ensuite le jeune Pierre et son frère aîné à Paris pour y étudier les humanités. C'est là que la guerre civile les surprit et les força d'interrompre leurs études.
Pierre devint donc soldat, « pour le maintien de la vraie religion et par une horreur extrême que, dès lors, il avoit conçue contre l'hérésie et contre tous les hérétiques. (…) Il parut avec honneur et signala sa valeur et son courage en plusieurs beaux exploits de guerre ». Il était encore sous les armes en 1593 à Morlaix, jeûnant l'avent et le carême, comme un moine, et « se trouvant toujours aux occasions qui se présentoient de repousser l'ennemi. »
La vie de garnison n’était pas si facile, comme le montre le fait suivant où on le voit réparant les torts de ses soldats. « Sa compagnie estant en garnison dans la ville de Morlaix, il arriva qu'un jour, se divertissant avec d'autres jeunes cavaliers au jeu des cartes, il entendit dans la rue les cris pitoyables d'un pauvre païsan qui se plaignoit que quelques soldats lui avoient pris tout le peu qu'il avoit de bien. De quoy touché sensiblement, il sortit aussitôt pour aller voir de quoy il s'agissoit, et ne pouvant lors remédier par autre voye aux plaintes de ce pauvre homme, il luy donna libéralement ce qu'il avoit d'argent sur soy. »
Quand la guerre fut finie, Pierre Quintin se remit à l'étude, au collège des Jésuites à Bordeaux et à Agen, où il fonda parmi ses condisciples une association charitable. À ceux qui trouvaient qu’il dépensait trop pour les pauvres, il répondait en souriant : « Sine dubio, Dieu nous pourvoira toujours suffisamment de ce dont nous aurons besoin pourvu que nous ayons soin de ses membres. »
Il vendit ses biens et distribua l’argent. En 1600 il entra au noviciat des Jésuites, mais en sortit, revint à Morlaix et s'associa avec un prêtre anglais en exil, Charles Louet. Tous deux ouvrirent une école pour les enfants pauvres. Bientôt Pierre se décida à recevoir le sacerdoce, et quand son compagnon fut nommé archevêque de Cantorbéry et regagna l’Angleterre, Pierre entra dans l'ordre de st Dominique, au couvent de Morlaix, en 1602.
En 1629, il revenait du chapitre provincial de Rouen, et il était probablement passé par le couvent de Laval, quand il dut s'arrêter en celui de Vitré, où il mourut saintement. Il fut enterré dans l’église du couvent de Morlaix, mais son tombeau disparut ainsi que l’église lors de la destruction des ordres monastiques.

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Innocent; Jean-Baptiste; Guy

Message par Fée Violine le Ven 24 Juin 2011 - 5:32

*23 juin Bx Innocent V (Pierre de Tarentaise), Champagny-en-Vanoise près de Moûtiers (Savoie) 1224/1225-Rome 22 juin 1276. Il entra peu après 15 ans au couvent dominicain Saint Jacques à Paris, où il fut l’élève de saint Albert le Grand et le camarade de deux futurs saints : Thomas d’Aquin (dominicain) et Bonaventure de Bagnoregio (franciscain). Il devint maître en théologie, brillant enseignant et prédicateur (“doctor famosissimus”), successeur de Thomas d’Aquin à la chaire de théologie. Il fut deux fois provincial de France.
Après presque 30 ans à Paris, il fut nommé en 1272 archevêque de Lyon, puis cardinal, avec la charge de préparer, en collaboration avec Bonaventure, le concile œcuménique Lyon II, 1274, 500 évêques et abbés. Bonaventure mourut pendant ce concile, et Pierre de Tarentaise prononça son éloge funèbre, arrachant des larmes à toute l’assistance. Autre tristesse : Thomas d’Aquin mourut en route alors qu’il allait au concile. L’assemblée aborda le problème de l’usure, décrétant l’excommunication des usuriers et de ceux qui leur louent des locaux. Elle accueille une délégation non chrétienne, venue du royaume des Tartares, et Pierre de Tarentaise baptise deux délégués. Il s’occupe de la discipline dans les Ordres religieux et de l’élection du pape. En outre, devant le pape et le concile, le Patriarche de Constantinople et les évêques arrivés avec lui chantèrent le Credo catholique, renièrent le schisme de 1054 et reconnurent la primauté du pape. C’est le point culminant du concile, mais ça ne va pas durer. Les travaux terminés en juillet 1274, Grégoire X tombe malade, il prend la route de l’Italie et meurt à Arezzo le 10 janvier 1276.
Onze jours après, au conclave qui eut lieu dans cette ville (ce fut le premier conclave), Pierre fut élu à l’unanimité des 13 cardinaux présents, et devint le 183ème pape, le premier pape dominicain, sous le nom d’Innocent V. Il rejoignit aussitôt le siège romain, avec un programme inspiré du concile : renforcer la paix avec l’Orient, discipliner les Ordres religieux, prendre Jérusalem aux Turcs. À ses frères dominicains réunis au Capitole, il écrivit une lettre affectueuse où il rappelait avoir savouré avec eux les délices de la sainte pauvreté.
Il s’adressa aux princes et aux prélats grecs et latins pour les amener à prendre les armes pour délivrer la Terre sainte. Mais en Orient la paix religieuse de Lyon fut aussitôt repoussée : ennemis comme avant. Puis, comme tant d’autres pontifes avant et après, Innocent est chef de l’Église, mais aussi souverain d’un territoire. Comme chef de l’Église, il cherche l’amitié et l’aide de l’empereur Michel pour la croisade ; mais comme chef d’État il doit au contraire protéger et favoriser le pire ennemi de Michel : Charles d’Anjou, roi de Sicile, personnage déloyal, mais aussi le seul en Italie qui ait une armée capable de défendre les territoires du pape - ou de les attaquer, éventuellement.
Homme de médiation, Innocent s’emploie à pacifier les cités italiennes divisées entre guelfes et gibelins, et obtient de bons résultats en Toscane. Il resta confiant dans la paix entre les Églises, envoyant des instructions à Constantinople pour la prédication et la liturgie, dans une lettre datée du 25 mai 1276. Il mourut peu après, le 22 juin, alors que l’Église et l’Ordre attendaient tant de lui. Dans ce bref pontificat de 4 mois, il déploya une activité prodigieuse, essayant surtout de réaliser l'union avec les Églises séparées de Rome.
Il fut enseveli à Saint Jean de Latran, mais ses restes furent dispersés par un tremblement de terre au 18ème. Innocent était un théologien remarquable, il a laissé d’aussi profondes traces dans la science que dans la papauté. Dans ses écrits scolastiques et exégétiques se montre déjà la transition de l’augustinisme à l’aristotélisme. Béatifié en 1898.
http://www.bautz.de/bbkl/i/Innozenz_V.shtml
http://www.heiligenlexikon.de/CatholicEncyclopedia/Innozenz_V.html

*24 juin Vble/Bx Jean-Baptiste (Annibal) Tolomei, 6 juillet 1248 Sienne–1320 Avignon. De famille noble, il passe sa jeunesse dans le désordre. Sa parente la Bse Nera Tolomei (voir 25 décembre) prie beaucoup pour sa conversion, qui finira par arriver : en 1379, à 31 ans, il entre chez les dominicains sous le nom de frère Jean-Baptiste, mais pas avant que st Ambroise de Sienne se soit porté garant du sérieux de sa vocation. Il vit dans la pénitence et l’austérité, prêche en Italie, en Sicile, en Allemagne, en France, en Angleterre, beaucoup de pécheurs et d’hérétiques se convertissent. Tandis qu’il est en Sicile, le pape Honoré IV le nomme nonce dans cette île. Puis il va en Terre Sainte soutenir les chrétiens assiégés dans Ptolémaïs, qui sera prise par les musulmans. Il revient en Italie, prédit à Nicolas Boccasini qu’il sera pape, et meurt à Avignon où Jean XXII l’a fait venir. Le pape pleura sa mort comme une grande perte pour l’Église. Les historiens dominicains lui donnent le titre de Bx.

*25 juin Bx Guy (Guido) Maramaldi, né et mort à Naples, +1391. De famille noble, il avait trois frères, un vaillant soldat, un brillant homme politique (premier ministre), un archevêque de Bari, ensuite cardinal. Guy, lui, suivit un chemin d’humilité en entrant très jeune au couvent Saint Dominique, malgré des problèmes de santé. Mais il se révéla un dominicain remarquable dans la prédication et par sa vertu. Il étudia la philosophie et la théologie, fut nommé inquisiteur général du royaume de Naples (fonction qu’il exerça avec sagesse), fonda un couvent à Raguse, fut prieur du couvent de Naples; puis il alla en mission dans le sud. En Sicile il acquit une grande réputation de communicateur. Ceux qui l’écoutaient comprenaient tout ce qu’il disait, car il savait adapter son langage à l’auditoire. Sur la fin de ses jours, il se retira dans la pénitence et la contemplation. Il fut enterré au couvent Saint Dominique. Les miracles opérés à son tombeau le firent honorer comme bienheureux. En 1598, les Français assiégeant la ville, les Napolitains cachèrent ses reliques et depuis on ne les a pas retrouvées. Culte confirmé en 1612.
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Clotilde; Guido

Message par Fée Violine le Lun 27 Juin 2011 - 18:08

25 juin Servante de Dieu Ludovica Teresa Maria Clotilde de Savoie Bonaparte, née 2 mars 1843 à Turin, + 25 juin 1911 à Moncalieri (Turin).

Aînée des huit enfants du roi de Sardaigne (puis roi d’Italie) Vittorio Emanuele II, elle reçut de ses parents et grands-parents une excellente éducation chrétienne. Depuis sa tendre enfance, elle aimait Jésus et récite le rosaire chaque jour. Sa mère mourut prématurément. Le 11 juin 1853 elle fait sa première communion et écrit: “Jésus, désormais je veux agir seulement pour te plaire”. De ce jour, l’eucharistie deviendra le grand amour de sa vie. Elle acquit une bonne culture religieuse, apprit les principales langues d’Europe, peignait, aimait la musique et l’équitation; sa vie était tranquille, jusqu’à ce qu’en janvier 1859, à 15 ans, elle dut pour raison d’État se marier avec Jérôme Bonaparte, le « prince Napoléon » (1822–1891), vieux libertin anticlérical, cousin de Napoléon III. Son père n’était pas trop d’accord pour ce mariage proposé par Cavour et Napoléon III, mais Clotilde accepta de se sacrifier. Elle suivit son mari à Paris, et bien vite commencèrent les difficultés, ses principes chrétiens se heurtant aux principes voltairiens de son mari, qui passait des jours entiers sans la voir. Elle devait lui écrire pour communiquer avec lui.
Pour lui complaire, elle l’accompagna en 1861 aux USA, en 1863 en Égypte et en Terre Sainte, où elle put prier longuement avec une grande émotion sur les lieux de Jésus, en particulier au Calvaire, car elle avait une grande dévotion pour la Croix. Sans heurter Jérôme, rationaliste et ennemi de la religion, elle réussit à avoir une chapelle au palais, avec la messe quotidienne. Ses trois enfants furent sa plus grande joie et elle les éduqua chrétiennement : Victor Napoléon, Louis Napoléon, Marie Laetitia.
Dans le faste de la cour impériale, Marie Clotilde conserva l’esprit de piété et de détachement, se consacrant surtout au soin des plus pauvres, des malades hospitalisés, qu’elle visitait chaque jour. Dans les fêtes où elle était contrainte d’aller, elle se vêtait avec simplicité et modestie. Sa douceur, sa piété, s’imposèrent à la cour, au point qu’Ernest Renan, le mécréant, affirma: “Clotilde est une sainte de la race de saint Louis”; Napoléon III lui-même, qu’elle appelait affectueusement « papa », l’estimait profondément, la considérant comme une « fille très affectionnée ». Quand le 2 septembre 1870 les Prussiens battirent les troupes françaises à Sedan, la dynastie napoléonienne fut détrônée, et pour la famille de Clotilde aussi commencèrent les problèmes, qu’elle affronta avec force et courage. Son père, en août 1870, lui conseilla de revenir à Turin, mais elle déclina l’invitation, lui écrivant que le bien de son mari, de ses enfants et de la France ne le lui permettait pas.
Cependant le 5 septembre, les Bonaparte en fuite (Eugénie se déguisa pour fuir Paris), la république proclamée, elle dut partir aussi. Elle fut la dernière à quitter Paris envahi par les Prussiens, avec la dignité d’une reine, et se réfugia au château de Prangins en Suisse, sur le lac Léman. Elle s’offrit à Dieu comme victime : “Ma vie sera désormais une immolation la plus complète, du corps, du cœur, des sentiments, de tout, par amour pour Toi, ô Jésus…Je serai heureuse d’être ta victime, ô mon Jésus, s’il te plaît ainsi”.
À Prangins son mari la laissa seule, retourna à Paris essayer de reconquérir le trône, s’amusant et négligeant sa famille. Maria Clotilde en souffrit beaucoup, d’autant plus qu’elle ne pouvait aller à la messe et communier que le dimanche à Nyon, une ville voisine.
C’est là qu’un dimanche elle rencontra le Bx Père Cormier (voir 21 mai), qui devint son directeur spirituel. Cette rencontre est à l’origine de son entrée dans le Tiers Ordre dominicain, sous le nom de sœur Catherine du Sacré-Coeur, mais en restant dans le monde et en se consacrant à sa famille. Après avoir beaucoup prié et discuté avec le Père Cormier, elle finit par se décider à se séparer à l’amiable de son mari, avec qui elle resta toujours en bons termes, si bien qu’en 1891 quand il était mourant à Rome, elle accourut pour le réconforter et eut la consolation de le voir mourir chrétiennement.
En 1878 elle quitta la Suisse et retourna en Italie au château de ses ancêtres à Moncalieri, où elle passa le reste de sa vie. Elle vivait comme une moniale dans le monde, messe et communion quotidiennes, rosaire, charité envers les pauvres, les enfants, les malades, les mères de famille, aidant les prêtres, toujours là pour faire du bien. De son vivant on l’appelait "la sainte de Moncalieri"; elle soutint les œuvres naissantes de nombreux saints turinois de son temps. Elle faisait le catéchisme chez elle et préparait les enfants à la première communion. Fidèle fille de l’Église, quand elle sut que les lois qui supprimaient les Ordres religieux, approuvées en Piémont en 1854, étaient appliquées à tout le nouveau royaume d’Italie, sans craindre les francs-maçons elle écrivit au roi son père une vibrante protestation: “Le dernier jour arrivera pour tous, et alors les choses se verront clairement. Ne te prépare pas, papa, de douloureux et terribles remords”.
Elle devint une vraie mystique qui vivait de Jésus dans le silence et le recueillement, le faisant connaître à tous.
Marie Clotilde de Savoie est un exemple éclatant de la possibilité de vivre l’union au Christ tout en restant dans le monde. Elle mourut à 68 ans, modèle pour les puissants et pour les humbles; sa cause de béatification fut introduite en 1942. Dans l’église Santa Maria à Moncalieri, une statue la représente à genoux, en extase. http://www.santiebeati.it/dettaglio/92230

*27 juin Guido Negri, né 25 août 1888 à Este, Padoue, + 27 juin 1916 à Monte Colombara, Altopiano di Asiago, Vicence. Laïc dominicain, « le saint capitaine », mort à la guerre. Cause introduite en 1935.
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Georgina

Message par Fée Violine le Mar 28 Juin 2011 - 10:55

28 juin Servante de Dieu Georgina Josefa Febres Cordero-Troconis, née 16 novembre 1861 à Mérida (Venezuela), + 28 juin 1925, fille de Foción Febres Cordero et de Georgina Troconis. Ses 11 frères et sœurs sont reconnus comme des citoyens éminents. Sa mère meurt quand elle a 12 ans, Georgina dirige la maison avec l’aide de sa tante. À 19 ans, malgré l’opposition de son père, elle entre chez les clarisses, le seul monastère de la ville. C’est une époque difficile au Venezuela, un décret du président Guzmán Blanco interdit les monastères féminins, les sœurs doivent partir. En 1892 Georgina entre chez les sœurs de Sainte Anne qui dirigent l’hôpital. Elle fait profession, elle est un modèle d’obéissance et de dévouement aux malades, mais comme tant d’autres, la congrégation est dissoute en 1897. Le 5 juillet 1900, avec l’aide de l’évêque Mgr Antonio Ramón Silva, Georgina fonde la congrégation des sœurs dominicaines de Sainte Rose de Lima. Elle dirige et administre l’hôpital (aujourd’hui, Hospice Saint Jean de Dieu). Le premier objectif fut le souci des malades et des personnes âgées de l’Hospice. Les nécessités de l’époque amenèrent Georgina et ses sœurs à étendre leur apostolat à l’éducation de la jeunesse.
Réussir à établir la Congrégation fut le fruit de la prière, de la patience et d’une vision transcendante. De nouvelles maisons furent fondées : Dieu est du côté de cette œuvre et la bénit abondamment.
1908, c’est l’heure de la maladie, du mépris, de l’humiliation, de la solitude. Le “Seigneur, que ta volonté se fasse en moi” résonne très fort sur les lèvres de Georgina. Sa vertu fut simplement de se laisser modeler par Dieu. Elle mourut après une vie pleine d’efforts et de souffrances.
Dès le premier instant, la congrégation se nourrit de l’enseignement et de l’esprit dominicains, c’est pourquoi elles demandèrent à être intégrées à l’Ordre dominicain. Le 29 mai 1924, le Maître général Ludwig Theissling les reconnut comme faisant partie de l’Ordre. Le 30 août 1961, la congrégation fut approuvée comme institut de droit pontifical. Béatification en cours.
http://www.oremosjuntos.com/SantoralLatino/GeorginaFebresCordero.html
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Vincent

Message par Fée Violine le Sam 2 Juil 2011 - 12:32

30 juin St Vincent Dô Yên, né à Trà Lu, paroisse de Phu Nhai, province de Nam Dinh, en 1764- Hai Duong 30 juin 1838.
Dans la même région naquirent d’autres saints : Vincent Liêm, Thomas Du, Dominique Dat. Vincent fut ordonné prêtre en 1798 par Mgr Delgado. On pense qu’il fut arrêté lors de la persécution antichrétienne du roi Canh Thinh et que les chrétiens payèrent la rançon pour sa libération. Le 22 juillet 1807, il prend l’habit dominicain. La vie religieuse l’aide à s’unir plus profondément à Dieu. Il mène une vie simple, faite de sacrifice et de prière, son cœur brûle d’amour pour Dieu et pour l’homme, il est passionné par l’évangélisation, ne se souciant ni de la fatigue ni du danger. Sous le roi Gia Long (1802-1820) et au début du règne de Minh Mang, les chrétiens sont en relative sécurité. Il s’occupe de la paroisse de Ké Môt, puis de celle de Ké Sat, province de Hai Duong. Partout où il va, il fortifie la foi des paroissiens et convertit les incroyants. Il est toujours joyeux, sage, calme, doux. Ce vieux prêtre aux cheveux gris a toujours été présent auprès des chrétiens dans leurs épreuves.
En 1838, le roi Minh Mang ordonne aux mandarins de suivre strictement son édit de persécution dans les diocèses du Tonkin. Beaucoup de martyrs (prêtres, évêques, religieux, laïcs), beaucoup de destructions (églises, séminaires, couvents). L’église que le Père Vincent avait bâtie de ses mains et à ses frais fut détruite. La vie de la paroisse continua clandestinement, puis, pour que ses ouailles n’aient pas d’ennuis, il partit sur les routes. Il fut capturé par un chef de village. Des paroissiens voulurent acheter sa liberté avec des buffles et de l’argent, mais le chef refusa. Vincent fut emmené à Hai Duong, jugé par le mandarin de la ville, qui essaya de le sauver en lui suggérant de dire qu’il était médecin, mais le Père Vincent refusa de mentir, et de marcher sur la croix. Le mandarin, cherchant à le libérer, demanda au roi qu’il soit transféré dans sa province natale. Le roi refusa et ordonna de le décapiter. Le Père Vincent était assez bien traité durant son emprisonnement (ni cangue ni chaînes, nourriture apportée par les chrétiens), il priait jour et nuit. Quand il marcha fièrement jusqu’au lieu du supplice, bien des cœurs furent touchés par l’allure noble de ce respectable vieillard. Un seul coup de sabre, la tête du martyr tomba. Le mandarin donna un tissu pour ensevelir le corps et permit aux paroissiens de Binh Lao (paroisse voisine) de l’emporter. Huit mois après, quand on transféra ses restes dans l’église de Tho Ninh, on constata que le corps était incorrompu. Un païen, témoin du fait, a dit : « C’est vrai qu’une personne qui vivait vertueusement, est morte divinement. Cela faisait 8 mois, mais il n’y avait ni changement ni mauvaise odeur. Bien plus, il y avait même une senteur aromatique ».
Béatifié en 1900, canonisé en 1988 avec les martyrs du Vietnam.

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Damiano; Catherine; Pier Giorgio

Message par Fée Violine le Ven 8 Juil 2011 - 21:36

4 juillet Bx Damiano Grassi de Rivoli, +4 juillet 1515 à Piombino. On dit que, frappé par la nouvelle du martyre du Bx Antonio Neyrot (voir 10 avril), il décida d’entrer dans l’Ordre dominicain, désireux du martyre. Il fit ses études à l’université de Paris et les termina en 1500. De retour dans sa patrie, le chapitre général de l’Ordre, tenu à Pavie, le nomma régent de l’université de la ville. Dans cette lourde charge, il n’abandonna pas la prédication. En 1513 il fut élu provincial de la Province St Pierre martyr, et choisi comme confesseur de Charles III de Savoie. Il mourut en revenant du chapitre général de Naples. Son culte n’a pas encore été confirmé par le Saint Siège.

4 juillet Bse Catherine Jarrige (Doumis, paroisse de Chalvignac 4 octobre 1754, +4 juillet 1836). Dernière de sept enfants, elle mène la vie toute simple d'une petite paysanne de son temps : pauvrement vêtue, fille de plein air et de franc amusement. Elle n'eut pour toute science que cette sagesse rurale, acquise par l'expérience et l'enseignement des anciens, le contact quotidien avec la nature, et son catéchisme. Elle savait lire un peu : on a conservé longtemps à Mauriac son livre de prières et sa règle de tertiaire dominicaine. Elle vit dans les champs avec ses frères et sœurs et les enfants des environs. Elle garde chèvres et moutons. Elle est gaie, espiègle même. Elle joue des tours à ses compagnons de jeu. Elle ouvrait les claires-voies des pâturages ou faisait un trou dans la muraille, de sorte que les troupeaux de ses adversaires d'un jour allaient et venaient à l'aventure dans les prés voisins. Catinon a raconté plus d'une fois ses fredaines de jeunesse pour les déplorer.
Louée à l'âge de dix ans, elle donna pleine satisfaction à ses maîtres. Soixante ans plus tard, les autorités de l'arrondissement qui la proposèrent pour le prix Monthyon lui donneront ce satisfecit: « Elle servit successivement plusieurs maîtres avec une fidélité, une activité, une intelligence qui la distinguèrent dans sa condition ».
Vers douze ou treize ans, elle fait sa première communion. Elle se prépare avec soin à cette étape importante de son existence. De l'avis général, il se produit un changement en elle. Elle entre dans l'adolescence, devient plus sérieuse, attachée à la prière.
À 13 ans, elle perd sa mère. Ces épreuves lui forgèrent une âme forte et courageuse.
Catherine fut une sainte joyeuse. Elle aime danser. « J'allais partout où il y avait une veillée, une danse, une musette ». « J'aimerais que les gens se confessent autant de fois que j'ai dansé la bourrée. » Quand a commencé son procès de béatification en 1911-1930, il n'était pas très indiqué pour une sainte de danser, mais les témoins soulignèrent qu'elle ne dansait que « la bourrée, danse peu répréhensible, qui ne prête pas à conséquence ». Quand elle prit conscience que le Seigneur l'appelait à son service, elle renonça à la danse. Elle déclarait elle-même que ce renoncement fut l'un des plus grands sacrifices de sa vie. Elle le fit pour être plus libre dans le service des pauvres et des malades, pour se consacrer à Dieu sans partage. La règle des Tertiaires dominicaines, dont elle faisait partie, interdisait d'aller au bal. Dieu seul désormais était sa Joie et son chant.
Car Dieu l'appelait au service des pauvres, des malades, des orphelins. Pour mieux s'y consacrer, à l’âge de 20 ans Catherine s’installa à Mauriac comme dentellière avec sa sœur Toinette et entra dans le Tiers-Ordre de saint Dominique. Elle devint ainsi une Menette. Les Menettes étaient des laïques, qui se donnaient à Dieu tout en vivant dans le monde, au milieu de leurs concitoyens. Leur activité principale était l'aide aux plus démunis, une aide non seulement matérielle mais aussi spirituelle. Elles étaient au milieu de leurs contemporains les témoins de la tendresse de Dieu pour tout homme. Elles collaboraient aussi à la catéchèse. Leur règle leur prescrivait des temps de prière réguliers, l'assistance quotidienne à la Messe, une vie d'union profonde avec le Christ. II y avait alors à Mauriac d’autres groupes de Menettes, elle choisit celui de St Dominique, sans doute parce qu'elle portait le nom d'une grande dominicaine, Catherine de Sienne. II y avait également un couvent de dominicaines à Mauriac. Sans doute était-elle aussi attirée par l'esprit évangélique, apostolique, de st Dominique.
Elle se mit à l'ouvrage : près de cinquante belles années au service des pauvres et des malades, des orphelins, des malheureux de la région de Mauriac. Elle connaissait les pauvres, elle savait leurs besoins. Elle passait une partie de ses journées à quêter pour eux chez les plus fortunés surtout. Toute la bourgeoisie mauriacoise fut mise à contribution pendant des années. Catherine portait sur son tablier deux grandes poches en cuir où elle mettait le fruit de ses quêtes. En entrant dans la maison où elle quêtait, elle montrait d'un regard et d'un sourire ses deux poches, qu'elle tenait larges ouvertes et elle disait d'une joyeuse façon en patois : « Mettez là ! Mettez là ! » ou: « Bonjour, Madame, je reviens encore. Oh ! Ne vous fâchez pas ! » C'était là tout son discours, on devinait le reste. La maîtresse de maison se fâchait parfois. La Menette ne s'effarouchait pas. Elle continuait à sourire et restait là. On lui donnait toujours. Il lui arrivait de prendre un air fâché : « Ah? Vous autres, grande Madame, grand Monsieur, vous avez tout ce qu'il vous faut, et de l'argent, et du pain blanc, et du bon vin, et de bons feux. Vous vous souciez peu de ceux qui meurent de faim ou de froid. Mais ce n'est pas ça... Allons, voyons, donnez ou je prends ». Et on lui donnait. Même les cœurs les plus endurcis se laissaient vaincre par son sourire.
Quand elle rencontrait un orphelin ou un petit enfant pauvre, souffreteux, déguenillé, grelottant dans les rues de Mauriac, elle le prenait par la main, le conduisait chez elle ou dans quelque maison charitable, et là, elle le réchauffait, lui servait à manger, rapiéçait ses habits. Avant de le renvoyer chez lui, elle lui donnait ce qu'elle avait : du pain, un bonnet, une chemise, une casquette, des sabots.
Elle ne tirait jamais orgueil de son activité caritative. Elle agissait gratuitement, sans bruit, par amour du Christ et des autres. Amie des pauvres, elle vivait elle-même dans une grande pauvreté. Quand on lui donnait des vêtements ou des souliers pour son usage personnel, aussitôt un pauvre en héritait. Elle allait jusqu'à sacrifier sa nourriture pour les pauvres. Un jour, une bourgeoise voulut lui donner plus que son ordinaire qui se composait d'une soupe de pain bis. Catinon dit: « Bouche, tu en veux. Bouche, tu n'en auras pas ».
Elle puisait la force d'agir dans la prière comme à une source d'eau vive. Elle priait à l'église, chez elle, mais aussi dans les rues de la ville. « Que de fois, dit un témoin, je l'ai vue venir à moi, une main tendue pour recevoir l'aumône, l'autre cachée sous son tablier où elle tenait secrètement son chapelet ».
Pendant la Révolution, elle souffrit de voir consacrées par la loi française la rupture de la communion avec l'Église de Rome, avec le Pape, la suppression de la vie consacrée, de la vie religieuse, la déchristianisation sous la Terreur, les persécutions injustes contre le clergé réfractaire. Dans la tourmente, elle comprit que l'enjeu était tout simplement la survie de l'Église. Refusant d'assister aux offices du clergé constitutionnel, elle aidait les réfractaires persécutés à exercer leur ministère clandestinement. Elle en cachait deux dans sa maison. Au plus fort de la Terreur, elle parcourait les bois pour apporter nourriture, vêtements et objets du culte pour la célébration de la messe aux prêtres qui se cachaient. Elle accompagna l'abbé Filiol (âgé de 29 ans) jusqu’à l'échafaud et recueillit son sang comme les premières chrétiennes recueillaient le sang des martyrs. On l'arrêta deux fois. Elle passa une fois en jugement et fut acquittée faute de preuves. Elle n'ignorait pas qu'elle risquait sa vie. La persécution dura dix ans. Lorsque la Révolution prit fin, elle continua d'apporter son aide au clergé pour reconstruire la paroisse de Mauriac, pour que l'évangile règne dans les cœurs.
Après une vie bien remplie, une vie de service et d'amour des plus pauvres et de l'Église, elle rend son âme à Dieu. Elle est pleurée de tous. Riches et pauvres lui rendent un dernier hommage. Catinon-Menette n'a pas été oubliée des Cantaliens. Sa tombe est toujours entretenue et fleurie. On demande son intercession auprès du Seigneur pour les malades, pour les plus démunis, pour les vocations. Béatifiée en 1996.


4 juillet Bx Piergiorgio Frassati (Turin 6 avril 1901-1925), militant contre le fascisme et la guerre, actif dans les associations caritatives et sportives. Son père, Alfredo, agnostique, sénateur puis ambassadeur en Allemagne, était le fondateur et le directeur du journal libéral La Stampa. Sa mère, Adélaïde Amétis, peintre à ses heures, était une femme ferme, au christianisme peu enclin à la ferveur. La vie familiale était aisée et se déroulait entre Turin et Pollone, à 70 km de là, lieu de la propriété familiale au cœur des montagnes qui seront un lieu essentiel de l’itinéraire intérieur de Pier Giorgio. Luciana, sa petite sœur, grandit avec lui à la maison, jusqu’à son admission au collège des Jésuites. Là sa vie intérieure connaît un essor qui ne s’arrêtera plus, rythmée très tôt par la communion quotidienne.
A chaque âge de sa vie, Pier Giorgio sut alimenter sa soif de Dieu par des engagements spirituels dans des groupes de piété et d’apostolat pour jeunes. Il devint tertiaire dominicain à l’âge de 22 ans et prit le nom de frère Jérôme, à cause de Savonarole qu’il vénérait comme un saint. Entré en 1918 à l’école polytechnique, son rayonnement dans le milieu étudiant fut particulièrement important. Inscrit à l’Action Catholique, il y défendit les couleurs de sa foi, avec une fermeté et un naturel qui ne nuisirent jamais à la charité. Quand il fallait pour cela payer de sa personne, il ne le refusait pas, se faisant même arrêter au cours d’une manifestation d’étudiants catholiques que l’état fasciste tentait d’interdire.
Au travers des Conférences St Vincent de Paul, il était engagé au service des pauvres, qu’il visitait longuement, dans les quartiers défavorisés de Turin, leur donnant ses propres biens, les aimant avec tendresse et leur consacrant le meilleur de son énergie. « Autour des malades, autour des malheureux, je vois une lumière que nous n’avons pas » . « Jésus me rend visite chaque jour par la communion, et moi je la Lui rends modestement en visitant ses pauvres ».
Au milieu des siens qui ignoraient à peu près tout de sa vie intérieure et missionnaire, Pier Giorgio, dans l’humilité, gravit les cimes de la sainteté d’un pas déterminé. Sa prière simple et silencieuse, parfois longuement prolongée dans la nuit, le portait en avant et le protégeait contre toute aigreur. Fantaisiste par caractère autant que par choix spirituel, il créa avec des amis « la société des types louches », groupe remuant, chahuteur et enthousiaste dans son engagement chrétien : son apostolat mêlait ainsi à une joie exubérante une ferveur communicative. C’est dans la montagne qu’il aimait à élever l’âme de ses amis au cours d’excursions sportives dont le caractère physique était toujours au service de la vie intérieure (c’est pour cela que le pape Jean-Paul II l’a proclamé patron des sportifs).
Souvent éprouvé dans sa foi par la contradiction du monde et de ses proches eux-mêmes, il sut garder une pureté dont toute tristesse était bannie. Deux phrases le résument à merveille : « À nous, il n’est pas permis de vivoter ; vivre est notre devoir ! Trêve donc à toute mélancolie ! », « Un catholique ne saurait manquer de gaîté ; la tristesse doit être bannie des cœurs catholiques ; la douleur n’est pas la tristesse, qui est une maladie, la pire de toutes ».
Les derniers jours de la vie de Pier Giorgio révèleront l’extrême pureté avec lequel il avait fait de sa vie une offrande constante. Se sentant gagné par la maladie, il consacra ses dernières forces au profit de son prochain et à régler ses promesses envers les pauvres dans le moindre détail. Après une semaine d’agonie cachée, qu’ignoraient même les siens, il s’en remit à Dieu et mourut en quatre jours de la poliomyélite, contractée probablement dans un taudis de Turin. Comme il le disait lui-même, il s’en allait vers « la vraie patrie pour chanter les louanges de Dieu ». L’immense foule reconnaissante qui se pressa autour de son cercueil surprit sa famille autant que la brutalité de sa disparition. Son rayonnement humble, fervent et joyeux fut tel que sa renommée se répandit en Italie comme une traînée de poudre. On ouvrit très vite son procès de béatification. En 1981 sa dépouille fut reconnue intacte. Pour le centenaire de sa naissance, en 2001, le pape renouvela son invitation aux jeunes à se confier à lui pour accomplir leur mission d’évangélisation :
« Il proclame par son exemple qu’elle est « bienheureuse » la vie conduite dans l’Esprit du Christ, l’Esprit des Béatitudes ; et que seul celui qui devient homme des béatitudes réussit à communiquer à ses frères l’amour et la paix. Il répète qu’il vaut vraiment la peine de tout sacrifier pour servir le Seigneur ; il témoigne que la sainteté est possible pour tous et que seule la révolution de la Charité peut allumer dans le cœur des hommes l’espérance d’un monde meilleur. » Béatifié en 1990 par Jean-Paul II, qui avait confié à sa garde les JMJ successives.

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Benoît; Adrian; Pio

Message par Fée Violine le Ven 8 Juil 2011 - 21:39

7 juillet Bx Benoît XI (Nicolas Bocasini), Trévise 1240-1304, évêque d’Ostie, 9ème Maître de l’Ordre, le deuxième pape dominicain. Adroit, conciliant, diplomate, légat dans les Balkans. On a de l’Église de Perse une lettre écrite pour son élection, où le pape est reconnu comme chef universel. Il contribua merveilleusement à l’affermissement de la paix dans l’Église, au rétablissement de la discipline et à la propagation de la foi. Il mourut au bout de huit mois de pontificat. Culte autorisé par Clément VII.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k307386.image.r=bollandistes.langFR.f117.tableDesMatieres

*8 juillet Bx Adrian Fortescue, comté de Devon 1476- Londres 8/9 juillet 1539, martyr.
Sir Adrian était fils de Sir John Fortescue de Ponsbourne Park à Newgate Street Village (Hertfordshire), et cousin du père d’Anne Boleyn. Il fut fait Chevalier de l’Ordre de Saint Jean et Chevalier du Bain, et participa à la guerre contre la France en 1513 et 1523. Il entra dans l’Ordre de Malte et dans le Tiers Ordre dominicain. Sa volonté était toujours de chercher la volonté de Dieu, d’être attentif aux inspirations du Saint Esprit et de renouveler chaque jour ses bonnes résolutions. Bon mari et père de famille. Dans ses prières il demandait particulièrement à Dieu la grâce de la persévérance. Il refusa de jurer fidélité au roi Henry VIII dans les affaires de foi. Le 29 août 1534, il fut arrêté sans raison établie mais libéré au bout de quelques mois. En 1539, il fut l’un des 60 condamnés pour trahison, sans jugement par le Parlement, pour actes non spécifiés, vraisemblablement relatifs à son hostilité envers la politique ecclésiale de Henry VIII. Il fut jeté dans un cachot et décapité à la Tour de Londres. Sa veuve épousa Thomas Parry, Contrôleur du Royal Household. Depuis les années 1600, l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem a recommandé la dévotion au Bx Adrian. Dans la prière du jour de sa fête, on loue sa grande piété et son courage. Béatifié en 1895.

8 juillet Vble Giocondo Pio Lorgna, né 27 septembre 1870 à Popetto di Tresana, Massa Carrara (Italie), + 8 juillet 1928 à Venise.
De famille simple et chrétienne, après deux ans d’école près de son oncle prêtre, il va au séminaire de Parme 1883-1889 puis entre en novembre 1889 au noviciat chez les dominicains d’Ortonovo (La Spezia). Il y fait sa profession simple. Il est envoyé au couvent de Bologne où il continue ses études. En 1893 il fait sa profession solennelle. Il reçoit diverses charges, professeur de philosophie et d’histoire de l’Église, bibliothécaire, maître des convers, confesseur, prédicateur, lecteur d’introduction à la Sainte Écriture, sacristain. Il fut ensuite confesseur des moniales dominicaines à Fontanellato (diocèse de Parme). En janvier 1905 il est muté à Venise, dans une paroisse où il passe les 23 dernières années de sa vie, déployant un intense apostolat et lançant de nombreuses initiatives. Il fonde le patronage Divine Providence pour les jeunes garçons, les asiles pour enfants Anges Gardiens et Saint Rosaire, la Pieuse Union des Ancelles missionnaires du Saint Sacrement, institue l'Apostolat eucharistique familial.
En 1917 cinq tertiaires dominicaines, qu’il guidait spirituellement, commencèrent la vie commune. Ce fut le premier noyau d’une nouvelle famille religieuse qui vit le jour en 1922, la congrégation des sœurs dominicaines de la bienheureuse Imelda, qui aujourd’hui sont en Italie, au Brésil, au Cameroun, aux Philippines, en Bolivie, en Albanie.
Vénérable le 15 mars 2008. On attend un miracle pour qu’il soit déclaré bienheureux.
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Jean; Rosa

Message par Fée Violine le Ven 8 Juil 2011 - 23:13

9 juillet St Jean de Cologne (prêtre dominicain) et ses 18 compagnons (onze franciscains, deux prémontrés, un chanoine de Saint Augustin et quatre prêtres séculiers), pendus le 9 juillet 1572 par les calvinistes alors en guerre contre les Espagnols, à Brielle, sur la Meuse, en Hollande. La plupart venaient de la ville voisine de Gorcum. Frère Jean était religieux du couvent de Cologne et curé de la paroisse de Hoornaar en Hollande.
À compter de 1572 le calvinisme et le luthéranisme se répandent en Europe. S'ensuivit une conquête progressive des territoires par les calvinistes. En juin 1572, ils arrêtent tous les prêtres catholiques pour les contraindre à renier leur foi dans l'eucharistie ainsi que la primauté du pape. Jean, ayant appris ces arrestations, se déguisa dans le but de rendre visite à ces prêtres afin de leur apporter l'eucharistie, mais il fut repéré et arrêté. Au même moment, une lettre du prince d'Orange intima aux calvinistes de ne pas molester les prêtres et les religieux. Néanmoins, Lumney, le commandant des insurgés, ordonna de les pendre après leur avoir infligé de graves sévices et mutilations. Ils connurent d'abord une dure détention, devenant un spectacle pour les moqueries de la foule. Durant les nuits qui précédèrent leur exécution, les gardes et les sentinelles les insultaient. Ils furent pendus lentement, puis détachés, puis attachés à nouveau, renvoyés comme un ballon dans les mains des bourreaux, qui prenaient soin de ne pas les faire mourir. Leur captivité dura encore dix jours. Et c'est en chantant le Salve Regina qu'ils arrivèrent à Brielle. Plusieurs apostasièrent, mais ils furent tout de suite remplacés par d'autres. Un jeune novice eut peur et quitta le cercle des martyrs. Son compagnon s'écria de stupeur et les gardes le défigurèrent à coups de pique jusqu'à ce qu'il ne puisse plus parler. Enfin, les uns après les autres, ils furent pendus pour être restés fidèles à l'Église romaine. Sur leur tombe poussa au début du 18ème siècle une petite fleur blanche inconnue et parfumée qui devint un buisson. Béatifiés en 1675, canonisés en 1867.
BD en hommage à ces martyrs: "N'ayez pas peur" (édition Coccinelle).
St Jean de Cologne est le patron des prêtres dominicains ayant un ministère paroissial.

9 juillet Rose Hawthorne Lathrop (Mary Alphonsa), née 20 mai 1851 à Lenox, Massachusetts, + 9 juillet 1926 à Hawthorne, New York.
Fille de Nathaniel et Sophia Peabody Hawthorne, dans son enfance elle vit à Liverpool où son père est consul. À 9 ans elle revient aux USA. À 13 ans elle perd son père. À 16 ans elle est étudiante à Salem, puis vit avec sa famille en Allemagne où elle étudie l’art et la musique. À 20 ans elle épouse l'auteur George Parsons Lathrop. Revenu aux USA, le couple est très actif dans les cercles littéraires. Leur fils Francis né en 1876 meurt du cancer en 1881. Rose et Georges se séparent, elle devient infirmière et soigne les cancéreux pauvres. Ils se convertissent tous deux au catholicisme en 1891. Veuve en 1898, elle devient religieuse sous le nom de mère Mary Alphonsa. Elle fonde à New York le foyer libre Sainte Rose pour les cancéreux incurables, et les soeurs dominicaines de Sainte Rose de Lima, appelées maintenant les soeurs dominicaines de Hawthorne.
Elle parle régulièrement du rôle des femmes, rejetant l’idée qu’elles soient purement décoratives. Devant le Congrès catholique de 1893 à Chicago, elle déclare : “Doit-elle être représentée pour toujours comme adoratrice de la vanité ? Doit-elle toujours apparaître chargée de bijoux, comme une vitrine de bijoutier ? O femme, l’heure a sonné où tu dois te lever et défendre tes droits, tes compétences pour la compétition avec les hommes dans l’endurance intellectuelle et professionnelle, l’heure où tu dois prouver que pureté et générosité sont pour la nation aussi bien que pour le foyer.”
Sa cause de béatification a été introduite.
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Jacques; Humbert

Message par Fée Violine le Ven 15 Juil 2011 - 19:40

13 juillet Bx Jacques de Voragine, Varazze (Voragine) v1226, + Gênes 13 juillet 1298.
En 1244, la même année que Thomas d'Aquin, il entra dans l'Ordre de saint Dominique. Il s’établit au couvent de Gênes, Santa-Maria–in-Castello (fondé en 1222). Entre 1246 et 1251, il fut envoyé au Studium Général de Bologne, centre prestigieux de l’ordre dominicain. En 1252, il est lecteur au couvent de Gênes. On ne trouve guère de passage de Jacques de Voragine dans une université, ce qui peut paraître étonnant dans une carrière si bien menée au sein de l’Ordre. Il fut sous-prieur à Gênes en 1258 puis prieur à Asti et à Gênes. Cette position centrale joua pour beaucoup dans la diffusion de la Légende Dorée dans les couvents dominicains. Il fut provincial de Lombardie (1267-1277, 1281-1286), et assura aussi par intérim la direction générale de l’ordre à la mort de Jean de Verceil (1283 -1285). Il représente sa province lors des conciles de Lucques en 1288 et de Ferrare en 1290. Lorsque Nicolas IV l'envoya à Gênes en 1288 pour une mission délicate (libérer les Génois de l'excommunication dont ils sont frappés en raison de l'aide qu'ils ont apportée aux Siciliens contre le roi Charles II), il gagna la sympathie de la population qui le demanda et l'obtint comme archevêque en 1292. Il remplit sa tâche avec beaucoup de dévouement, multipliant notamment les efforts pour réconcilier les deux factions politiques des Guelfes et des Gibelins qui déchirent Gênes, ce qu'il réussit à faire en janvier 1295. Il participe aussi, comme envoyé du pape, à plusieurs médiations dans le conflit qui oppose Gênes et Venise. Il écrivit (de 1260 à sa mort) une compilation des Légendes dorées des saints, riche d'enseignement moral mais accompagnée souvent de récits étranges et légendaires. C’est le plus célèbre recueil hagiographique du Moyen Âge. Il est aussi l'auteur d'une Chronique de la cité de Gênes, et de quelques autres opuscules.
Il convoqua un Concile pour organiser la reprise de la vie religieuse dans son diocèse en 1293 ; il promut la dignité du culte - en particulier celui des reliques -, enfin, il secourut avec un zèle infatigable les pauvres. Il meurt en demandant que l'argent prévu pour ses funérailles soit distribué aux pauvres. Son corps fut vénéré dans l'église St Dominique jusqu'à la démolition de celle-ci en 1798. Ses reliques furent transférées dans la basilique Santa Maria di Castello, puis dans l'église dominicaine de Varazze en 1974.
Confirmation du culte en 1816.

14 juillet Vble Humbert de Romans, Romans v1200- Valence 14 juillet 1277.
En 1224, il rejoint l'ordre des dominicains à Paris où il était étudiant. Peu après sa profession, il se fit remarquer à Lyon et à Paris par ses hautes vertus, sa connaissance de l’Écriture et son éloquence. Vers le même temps, il fit un pèlerinage en Terre Sainte, et au retour on lui donna le gouvernement de la province de Rome, où il montra tant de prudence et de savoir qu’à la mort du pape, quelques cardinaux pensèrent à lui. Mais le nouveau pape fut Innocent IV, qui donna la pourpre romaine à Hugues de Saint-Cher, à qui Humbert succéda dans le gouvernement de la province de France. Il y resta dix ans, jusqu’à son élection à l’unanimité comme Maître de l'ordre en 1254 (il fut le troisième successeur de saint Dominique). Il commença par visiter la Hongrie, à pied. Le roi Béla IV le reçut avec affection et honneur, et le pria de recevoir les vœux de sa fille Marguerite. Il va ensuite en Italie, puis à Paris où il devient le parrain d’un enfant du roi Louis IX. Sur son ordre, st Thomas d’Aquin travaille à réfuter un livre pernicieux, Des périls des derniers temps. En 1258, st Louis l’admet dans son conseil. Il institua dans ses couvents un circator, chargé de faire des rondes à l’improviste “dans les lieux où les Frères ont l’habitude de parler”, et de dénoncer les manquements graves. Il a écrit de nombreux ouvrages concernant les rites liturgiques dominicains, la prédication, les homélies.
"Puisque l'effort humain ne peut rien accomplir sans l'aide de Dieu", écrit-il, "la chose la plus importante pour un prêcheur est qu'il ait recours à la prière".
Avec st Bonaventure, il intervint dans le conflit qui opposa clergé diocésain et ordres mendiants. Il regrette qu’Albert le Grand soit nommé évêque. Albert le regrettait aussi, et revint dans son couvent de Cologne au bout de trois ans, en 1263. La même année, Humbert aussi démissionna de sa charge et se retira au couvent de Valence, où il vécut encore 14 ans.
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Ceslas

Message par Fée Violine le Ven 22 Juil 2011 - 18:40

17 juillet Bx Ceslas de Pologne (Ceslaus Odrowatz), Kamienica (Silésie) v1180- Wroclaw 15 juillet 1242.
Le comte Ceslas était frère ou cousin de st Hyacinthe Odrowatz (voir 17 août). Il étudia la philosophie à Prague, puis son oncle Ivo Odrowatz, archevêque de Cracovie, l’envoya étudier le droit et la théologie à Bologne. De retour à Cracovie, il fut chanoine de l’église Notre-Dame de Sandomir. Avec son oncle, il alla vers 1218 à Rome. Là, fasciné par st Dominique qui venait de ressusciter le neveu du cardinal Orsini, il entra dans l’Ordre ainsi que Hyacinthe, et ils reçurent l’habit de st Dominique lui-même, au couvent de Sainte-Sabine. Après leur noviciat ils demandèrent à être envoyés chez les païens, et Dominique les envoya tous deux comme missionnaires dans leur pays. Ils fondèrent un couvent à Friesach en Autriche, puis allèrent à Cracovie, d’où Hyacinthe envoya Ceslas évangéliser Prague, ce qu’il fit avec grand succès. Ensuite il alla à Wroclaw, y fonda vers 1226 le grand couvent dominicain Saint-Adalbert, dont il fut le premier prieur, et évangélisa la Bohême, la Pologne, la Poméranie et la Saxe. Il parcourut à pied toute la Silésie. Après la mort de Hyacinthe, il fut choisi comme Provincial de Pologne en 1232. Il aurait ressuscité quatre personnes. Quand les Tatars envahirent la Silésie et la Pologne, il dut avec les autres chrétiens fuir à Wroclaw. Les habitants de Wroclaw assiégés par les Tatars attribuèrent à ses prières la libération de leur ville en 1241.
Depuis 1724, ses reliques sont gardées à Wroclaw dans une chapelle miraculeusement préservée de la destruction au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Culte confirmé en 1712.
Déclaré patron de Wroclaw en 1963.
On le représente avec des boules enflammées.
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Pierre; Marguerite; Jacinto; Luis Abraham; Augustin

Message par Fée Violine le Ven 22 Juil 2011 - 20:32

19 juillet Bx Pere de Cadireta ou de la Cadireta (Moià, Bages - la Seu d'Urgell, 1277/1279), compagnon de Ramon de Penyafort à Barcelone. Il prêche dans le sud de la France, à l’époque de la croisade contre les albigeois. En 1250, le provincial de Tolède le désigne, avec sept autres frères, pour étudier l’arabe en Tunisie, dans le but d’étudier les textes islamiques et de prêcher aux musulmans. Il est nommé inquisiteur général en 1257, à Barcelone. Il lutte activement contre l’hérésie et l’usure, participant à la condamnation du cathare Ramon de Jossa et, en 1262, à celle d'Arnau et Ermessenda de Castellbó. Il fait tuer beaucoup de cathares à Siurana et Prades. En 1273 il fonde le couvent de la Seu d'Urgell, dont il est prieur, et d’où il dirige la lutte contre l’hérésie dans la région. Il meurt martyr, dans des circonstances pas claires, lapidé par un groupe d’hérétiques, avec son compagnon Ponç de Planella. Il est enterré à la cathédrale de la Seu d'Urgell, puis ses restes sont transférés à l’église Saint Dominique de cette ville, puis à nouveau à la cathédrale; il est vénéré localement (Urgel, Moia) comme bienheureux. Mais sa béatification, initiée en 1866, est restée interrompue.

20 juillet Bse Marguerite d’Ypres, 1216 - 20 juillet 1237.
Fille de bourgeois, elle mena dès l’enfance, sous la direction de Zegher de Lille, OP, une vie de pénitence. Sa dévotion envers l’Eucharistie est attestée dès l’âge de 5 ans. À 18 ans elle décida de ne pas se marier mais de mener une vie d’ascèse et de pénitence, et rassembla un groupe d’amies spirituelles qui vivaient en tertiaires dominicaines. Elle se donnait la discipline en mémoire des plaies de la Passion. Elle avait en rêve des visions, des apparitions du Christ et de Marie. Une grande pauvreté entourait toute son action(sein ganzes Tun). Sa vocation était de vénérer l’Eucharistie et les souffrances du Christ. En plus des heures canoniales, elle disait 150 Ave Maria. Vers 1242 Thomas de Cantimpré, d’après les témoignages de témoins oculaires, écrivit sa Vie, qui contient des informations importantes sur les débuts de l’histoire de l’Ordre.

20 juillet Bx Jacinto García Riesco, religieux, et Luis Abraham Furones Furones (connu sous le nom d’Arenas), prêtre : martyrs espagnols, béatifiés en 2007.
Le 20 juillet 1936 le couvent fut attaqué, incendié et profané. Préalablement les religieux avaient eu la liberté de prendre la résolution qui leur semblerait la meilleure dans ces moments critiques. La résistance militaire depuis la tour de la basilique d’Atocha, complètement étrangère au couvent, échauffa les masses contre les religieux qui, à leur sortie, furent insultés et menacés de mort.
Jacinto, né et baptisé le 28 août 1894 à Calvillas (Somiedo, Asturies), confirmé en 1901; professe comme frère coopérateur à Corias (Asturies) le 2 juillet 1921; il part en 1923 pour les missions d’Urubamba et Mère de Dieu (Pérou), accompagnant le grand missionnaire P. Gerardo Fernández; à Quillabamba, Maldonado, Patiacolla; 1927-1932 au sanctuaire Sainte Rose à Lima; bon religieux et excellent missionnaire; affaibli par une maladie, il dut rentrer en Espagne, en 1933 il était à Saint Étienne à Salamanque, puis on l’envoya au couvent d’Atocha, à Madrid; recueilli, silencieux, en constante présence de Dieu, très bon et agréable, il était portier et cuisinier, charitable avec les pauvres. Le 20 juillet 1936, à l’attaque du couvent, il fut arrêté, outragé, et martyrisé rue de Grenade, près du couvent, en même temps que le prieur Luis Furones. Il mourut en pardonnant à ses assassins. Il avait 41 ans.
Abraham, né le 8 octobre 1892 à Abraveses de Tera, Zamora, baptisé le lendemain. Il va à l’école de Ferreruela de Tabarra; guidé par sa sœur moniale dominicaine, il entre à l’école apostolique de Las Caldas de Besaya (Santander); il fait le noviciat à San José de Padrón (La Coruña), sa profession le 19 mars 1910 sous le nom de frère Luis, sa philosophie à Corias (Asturies), a quelques échecs dans ses études, sans que sa vocation vacille; profession solennelle le 2 février 1914 ; il finit sa théologie à Salamanque; ordonné prêtre en juillet 1917. On l’envoie en Amérique centrale comme missionnaire (Guatemala, Nicaragua, Salvador, Costa Rica); supérieur de la maison Santa Ana, au Salvador (1929-1931) ; couvent Santo Domingo de San Salvador (1931-1934); il organise des missions populaires et se consacre intensément à la prédication; il s’occupe du couronnement de la Vierge des Anges, patronne du Costa Rica. Il revient en Espagne en 1935 avec l’idée de retourner en Amérique centrale, mais en juillet 1935 il est élu prieur du couvent d’Atocha. C’était un supérieur prudent, compatissant et affable.
Le 20 juillet 1936, ils blessèrent gravement le Père José Tascón et assassinèrent le Frère Jacinto García. Le père Luís Furones fut aussi gravement blessé et reste en pleine rue pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’il meure, après une longue agonie parmi les insultes et les moqueries. Il avait 43 ans.

22 juillet Bx Augustin Fangi de Biella, v.1430 à Biella-22 juillet 1493 à Venise, réformateur, ami des pauvres. De la noble famille Fango, très jeune il prit l’habit dominicain au couvent de Biella, construit depuis peu. Il fit beaucoup de bien à Soncino, Vigevano et Venise. Homme de profonde vie intérieure, bien que de santé maladive, il fut attentif avec zèle au ministère de la direction spirituelle et à secourir toutes sortes de souffrants. Il répandit sur les autres le trésor de sa sainteté personnelle. Il fut une âme de grande innocence, adonnée aux plus âpres pénitences. Rien ne pouvait le distraire de son recueillement intérieur, même les douleurs les plus aiguës. Comme Job il fut frappé d’une maladie qui couvrait de plaies tout son corps, déjà épuisé par les pénitences. Quand le chirurgien lui pratiquait dans la chair vive de profondes incisions, il était si insensible à tout cela, que le docteur s’en émerveillait. Toute sa vie, au secret du confessionnal, il déploya le plus précieux ministère. Directeur des âmes, savant et saint, son seul exemple incitait à la vertu. Il visitait assidûment les malades, portant sa parole éclairée et sa charité inépuisable. Il avait le don des miracles, et tandis qu’il était prieur à Soncino, il rendit la vie à un enfant mort sans baptême. Il avait aussi une grande puissance sur les démons. Il fut prieur en divers couvents, où il soutint ou rétablit la régulière observance qui, en ce siècle, refleurissait dans les diverses Provinces par le mérite de tant de saints religieux. Augustin mourut au très observant couvent St Dominique de Venise. Après avoir reçu tous les sacrements, il se mit à genoux sur son lit en s’exclamant: “Loué soit Dieu, loué soit le Très-haut!”
Culte confirmé en 1872.

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Jeanne

Message par Fée Violine le Ven 22 Juil 2011 - 23:48

23 juillet Bse Jeanne ou Vanne d’Orvieto, Cornaiolo 1264 - Orvieto 23 juillet 1306.
Née dans une famille paysanne d'Ombrie, elle fut orpheline très jeune et dut se faire couturière pour gagner sa vie. À 10 ans elle se consacra à Jésus. Elle grandissait belle et gracieuse, tandis que mûrissait dans son cœur le désir d’entrer dans le Tiers Ordre de saint Dominique, alors florissant, et dont les membres revêtaient publiquement l’habit et menaient une vie religieuse, sans pourtant quitter leurs maisons respectives.
Avisés de son projet, les parents avec qui Giovanna vivait, et qui l’avaient déjà promise à un riche jeune homme du pays, commencèrent à lui mettre toutes sortes d’obstacles. La jeune fille alors, quittant Cornaiolo, se réfugia à Orvieto, où d’autres parents lui donnèrent l’hospitalité, lui offrant une chambrette solitaire et la liberté de servir Dieu. Giovanna, qui à l’époque avait seulement 14 ans, put ainsi recevoir l’habit blanc de l’Ordre. Elle gagnait son pain avec son travail de broderie et le sanctifiait dans l’accomplissement fidèle de ses engagements de tertiaire dominicaine. La renommée de ses vertus lui conféra un exceptionnel ascendant sur ses concitoyens qu’elle savait gagner au Christ. Sa charité et sa patience étaient remarquables. Elle rayonnait les plus hauts degrés de la vie mystique: les dix dernières années de sa vie, elle revivait la Passion tous les Vendredis saints. Sans bruit, elle rendait service à tous malgré sa santé délicate. Elle offrait ses souffrances pour la conversion des hérétiques albigeois. Après sa mort, de la blessure au côté jaillit du sang vif, et Dieu l’honora de nombreux miracles. Son corps repose dans l’église San Domenico de la ville.
Culte confirmé en 1754. Honorée à Cività Vecchia.
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Carmen; José Luis, Antonio, Higinio, José Maria

Message par Fée Violine le Sam 30 Juil 2011 - 18:11

25 juillet Bse Maria Carmen Sallés y Barangueras (Vich 9 avril 1848- Madrid 25 juillet 1911), dominicaine puis fondatrice des Religieuses Conceptionnistes Missionnaires de l’enseignement. Dès sa jeunesse, elle consacre tous ses efforts à éclaircir le dessein que Dieu a sur elle. En 1869, elle entra au noviciat des Adoratrices, qui se consacraient à la réhabilitation de femmes marginales. Elle se demanda comment auraient été ces femmes si la société leur avait donné d’autres occasions, et décida de consacrer sa vie à l’éducation de la femme, pour que celle-ci puisse s'insérer dignement dans la société. Dans ce but, elle entra au noviciat d’une congrégation de religieuses consacrées à l’enseignement et à l’éducation féminine : les Dominicaines de l’Anunciata, fondées par le P. Coll (voir 19 mai). Durant 22 ans elle se consacra à l’éducation en divers lieux, dirigea une petite école pour que les enfants d’ouvrières ne soient pas dans la rue; à Barcelone elle dirigea un collège dédié à la classe moyenne, et y ouvrit des cours du soir pour 300 ouvrières, aidée par les élèves de la journée. Elle s’efforçait d’augmenter la culture féminine, et d’éduquer les jeunes filles à une piété profonde, avec des bases solides, sans sensiblerie, en avance sur la mentalité commune, de manière que tous puissent comprendre que la femme devait aller plus loin que le B-A BA et les travaux « féminins ». On l’accusa de vouloir remplir de vanité la tête des femmes.
Dès le début, elle s’est consacrée à bien préparer les futures religieuses enseignantes. À une époque où la loi n’exigeait pas de diplômes pour enseigner dans le privé, où l’Université n’était pas ouverte aux femmes, elle fit faire des études aux religieuses, y compris le piano et le français. Elle établit l’éducation comme un projet intégral et équilibré. La petite fille, la jeune fille, devait développer harmonieusement son intelligence et son cœur.
Carmen surmonte de nombreuses difficultés, se sachant un "instrument inutile entre les mains de Marie Immaculée": elle forme des projets audacieux, mûris dans la prière, qu'elle soumet à de sages conseillers. Elle répète avec une ferme confiance: "En avant, toujours en avant. Dieu pourvoit à tout!"
Les problèmes arrivèrent en 1891-92. Elle ne voulait pas sortir de la Congrégation dominicaine, mais simplement déployer un rameau de ce même arbre. Mais on refusa, et elle se vit forcée d’initier un chemin nouveau. Avec trois compagnes, elle fonda une nouvelle Congrégation, appelée d’abord les Conceptionnistes de Saint Dominique, aujourd’hui Conceptionnistes Missionnaires de l’Enseignement. Carmen remet son projet à la Vierge du Bon Conseil, après quoi elle dit à ses deux compagnes : "C’est la volonté de Dieu. Allons à Burgos. Là-bas nous travaillerons et lutterons avec tout ce qui se présente. Dieu pourvoira". En octobre 1892, Carmen arrive à Burgos avec ses trois compagnes. Elle y trouve un protecteur en la personne de l’archevêque, qui en décembre autorise la Congrégation naissante et l’ouverture du premier collège conceptionniste. Carmen Sallés reçoit le titre de Supérieure générale. En 1908 la congrégation est autorisée par le pape.
“Elle continuera fidèle à sa vocation religieuse consacrée à l’enseignement. En 19 ans de travail, elle fondera 13 maisons et déploiera un vaste apostolat dans des collèges en diverses villes et villages d’Espagne. Émergera la figure d’une femme de grand caractère et de grande douceur, qui sut surmonter de nombreuses difficultés au long de son itinéraire de fondatrice. Sa foi inébranlable et son ardente charité sont unies à une grande sensibilité pour la formation chrétienne des femmes à une époque où surgissaient des pressions laïcistes et anticléricales. Mère Carmen manifesta aussi un grand amour pour les enfants les plus pauvres. Les témoignages offrent aussi des preuves de la densité de sa vie intérieure, de sa délicatesse de conscience par rapport aux expériences passées douloureuses: jamais on ne l’entendait se plaindre ni dire du mal de personne ni se justifier” (Positio).
Elle entreprit des démarches pour étendre son œuvre en Italie et au Brésil. Sa vie et son œuvre sont basées sur une spiritualité christocentrique et mariale, et nourries par une piété solide et discrète. La congrégation fut définitivement approuvée en 1954 sous son nom actuel. Son charisme demeure aujourd'hui vivant au sein de son Institut répandu dans 12 pays du monde. “Tant qu’il y a des jeunes à éduquer et des valeurs à transmettre, les difficultés ne comptent pas”.
Béatifiée en 1998.

25 juillet dominicains martyrs le 25 juillet 1936 à Madrid, béatifiés en 2007.
Bx José Luis Palacio Muñiz, né et baptisé le 20 mai 1870 à Tiñana, Siero (Asturies). Un frère prêtre, une sœur moniale contemplative. Philo et théologie au séminaire d’Oviedo. Profession à Ocaña le 1er janvier 1895, ordination à Ávila le 22 décembre 1899, et le même jour il s’offre au Serviteur de Dieu Ramón Zubieta pour la mission d’Urubamba et Mère de Dieu, au Pérou. Pendant 12 ans il se dévoue à l’action missionnaire dans la forêt amazonienne. Il était de caractère doux, paisible, humble, pieux. Sa santé étant ébranlée, il fut incorporé à la Province Saint Jean-Baptiste du Pérou, et en mai 1910 il est élu prieur du couvent d’Arequipa, mais il continue à visiter ses chers Indiens d’Urubamba. Sa santé restant délicate, il rentre en Espagne en 1921, au couvent du Rosaire à Madrid, dont le P. Buenaventura García Paredes présidait la maison comme vicaire; il y exerça son ministère jusqu’en 1932, puis alla à Ocaña ; en 1935 il devient chapelain de la maison résidence de Nambroca (Tolède), où les ouvriers le tenaient pour saint.
Arrêté par les milices locales, il fut expulsé de la maison et du village de Nambroca (de même que les trois autres religieux compris dans cette cause). Quand ils voulurent prendre un train, ils furent fusillés près de la gare d’Algodor (Madrid), et enterrés au bord du Tage. Il avait 66 ans.

Bx Antonio Varona Ortega, né à Zumel (Burgos) le 16 janvier 1901, baptisé le 18, confirmé en 1902. Il entre en 1913 à l’école apostolique de La Mejorada (Valladolid); profession à Ávila le 9 septembre 1918 , profession solennelle le 18 janvier 1922. On l’envoie au couvent de Rosaryville, New Orleans (Louisiane), où il finit sa théologie, ainsi qu’à la Dominican House of Studies à Washington (1922-1924), à l’époque où il y avait des cours supérieurs de pédagogie à l’Université catholique (1924-1926). Le 13 juin 1926 il est ordonné prêtre, puis arrive aux Philippines, enseigne au collège Saint Jean de Latran à Manille. C’était un grand professeur, plein de bonté pour tous. En 1933 il revient en Espagne avec la tuberculose, on l’envoie à Santo Tomás de Ávila. Comme il ne se remettait pas, on le mit le 10 mars 1934 au sanatorium de Guadarrama (Madrid) et, condamné, il passa à la résidence de Nambroca (Toledo) le 27 février 1936. Il supporta la maladie avec résignation et douceur. Bien que pouvant à peine marcher, il ne manquait jamais de célébrer la messe. Comme le P. José Luis Palacio, qui fait partie de cette cause, il fut martyrisé près de la gare d’Algodor, au bord du Tage, dans un endroit nommé Malecón de Cañete, les bras levés, bénissant le nom du Seigneur, Roi de l’Univers. Il avait 35 ans.

Bx Higinio Roldán Iriberri, né à Ollogoyen, Navarre, le 11 janvier 1895, baptisé le 13. Une sœur religieuse. Il va à l’école de Matauten, puis se consacre aux besoins de la famille, tondeur, tisserand, travaux des champs. Il commence le noviciat comme frère coopérateur à Ávila le 2 février 1921, mais doit l’interrompre pour faire son service militaire. Après 3 ans de service à la communauté de La Mejorada (Valladolid), il revient à Ávila faire sa profession solennelle le 16 février 1924. On l’envoie à Ocaña, pour aider le frère administrateur de la propriété de Nambroca (Toledo). À partir de 1932 il fut lui-même administrateur, aimable avec tous, généreux, se consacrant beaucoup à l’oraison. Il aimait parler de la vie des saints. Arrêté le 24 juillet 1936 avec les autres religieux de la communauté, on les enferme à la mairie jusqu’à la nuit. Tandis qu’ils font semblant de les protéger, ils projettent de les envoyer hors du village et d’avertir les gares voisines de les emprisonner jusqu’à Madrid. Le lendemain ils durent prendre la direction d’Algodor (Madrid) et près de la gare furent martyrisés le même jour. Il avait 41 ans.

Bx José Maria López Tascón, né à Aviados (León) le 3 mars 1896, baptisé le 4, confirmé en 1897; son frère Manuel devint aussi dominicain ; à 12 ans il entra à l’école apostolique de Corias (Asturies). Pieux, sérieux et studieux, il prit l’habit le 24 août 1913 en même temps que deux futurs Maîtres généraux de l’Ordre: Manuel Suárez et Aniceto Fernández; profession un an après à Padrón (La Coruña). Il fait la philo à Corias et la théologie à Salamanque, ordonné prêtre le 19 février 1921, fait des études complémentaires de littérature à Madrid; il publie des articles dans des revues scientifiques-littéraires. Dans les années 1920 il enseigne dans les collèges d’Oviedo et Vergara (Guipúzcoa), puis en 1930 on l’envoie à Madrid, au couvent d’Atocha. Travailleur, aimable, réservé, recueilli, compagnon idéal et affable. Il prenait les choses comme Dieu les disposait. Le 20 juillet 1936, au cours de l’attaque du couvent d’Atocha, il fut gravement blessé dans la région de l’épigastre avec sortie de balle par la région lombaire, il dit: «Que Dieu vous pardonne comme je vous pardonne». Blessé et perdant son sang, il accompagna le reste des religieux qu’on conduisit à la caserne d’Abtao et à la direction générale de sécurité, pour les enfermer au cachot, où il perdit connaissance. Le lendemain la Croix Rouge l’emmena à un hôpital situé rue Navas de Tolosa, où il montra résignation et acceptation de la souffrance; une dominicaine de l’Anunciata, soeur Dolores Robinat, s’occupa de lui, et le P. Nicanor Menéndez, OP, lui donna les sacrements, il fut transformé, plein de paix, de joie et de force. Il mourut, âgé de 40 ans, offrant sa vie pour Dieu, pour la paix en Espagne et la conversion de ses persécuteurs, et priant spécialement le Salve et l’antienne O spem miram, à saint Dominique.
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Edward,Robert,Ramona,Adelfa,Reginalda,Teresa,Rosa,Otilia etc

Message par Fée Violine le Sam 30 Juil 2011 - 18:44

26 juillet (et 22 Novembre avec les martyrs de Grande-Bretagne) Bx Edward Thwing, et Bx Robert Nutter, Burnley (Lancashire) v1550 - Lancaster 26 juillet 1600, martyrs.
Robert entre au Brasenose College à Oxford en 1564 ou 1565, et, avec son frère le Bx John Nutter, martyr lui aussi, étudia au Collège anglais de Reims. Il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1581 à Soissons, puis retourna en Angleterre avec le Bx George Haydock au service des catholiques cachés. Il travailla deux ans, le 2 février 1584 il fut incarcéré à la Tour de Londres, où il resta au cachot 47 jours, dont 43 jours dans les fers, et fut deux fois torturé. Le 10 novembre 1584, il fut remis au cachot, où il resta jusqu’au 21 janvier 1585, en compagnie de 20 autres prêtres et un laïc. À cette date il fut exilé : il s’embarqua sur le Mary Martin de Colchester, au quai de la Tour, aborda à Boulogne le 2 février, visita Rome en juillet, revint en Angleterre où le 30 novembre il fut à nouveau emprisonné pour presque 15 ans, cette fois à la prison de Newgate à Londres, sous le nom de Rowley. En 1587 il fut transféré à la prison Marshalsea. Pendant qu’il était en prison il fut reçu dans l’Ordre dominicain par le Provincial du Portugal. Il s’évada en mars 1600, fut repris en mai, envoyé au château de Wisbechet, Cambridgeshire, torturé et finalement pendu en compagnie du Bx Edward Thwing. Béatifié en 1987.

27 juillet Ramona Fossas Románs, Adelfa Soro Bo, Reginalda Picas Planas, Teresa Prats Martí, Ramona Perramón Vila, Rosa Jutglar Gallart, Otilia Alonso González, martyres le 27 juillet 1936, béatifiées en 2007.
Ramona, née à Ripoll (Gérone) le 1er novembre 1881. Elle fréquente le collège des Carmélites de la Charité. À 19 ans elle perd son père, et étant l’aînée de 4, elle aide sa mère dans son travail de modiste. Elle visite les pauvres et les malades, chez eux ou à l’hôpital. Elle entre chez les Dominicaines de l’Anunciata le 6 juillet 1903. Elle appartient aux communautés de Vic, Villanueva de Castellón (Valencia), Valencia, Sant Viçens de Castellet (Barcelone), Játiva (Valencia), Castell del Remei (Lérida), Gérone, Pineda de Mar, Canet de Mar, monastère de Montserrat, et Barcelone-Trafalgar, comme prieure dans les trois derniers.
Le 27 juillet 1936 les persécuteurs ordonnent aux soeurs Ramona Fossas, Adelfa Soro, Teresa Prats, Otilia Alonso et Ramona Perramón de sortir de leur couvent de la rue de Trafalgar, pour interrogatoires. Ils déployèrent la plus grande insistance pour qu’elles apostasient leur foi, abandonnent la profession religieuse et accèdent à leurs propositions malhonnêtes, mais elles répondirent avec une sérénité et une foi invincibles. Sous prétexte de les ramener au couvent, ils les firent monter dans un camion, qui prit la direction de la montagne du Tibidabo. Passé le village de Vallvidrera, ils les firent descendre du véhicule et les fusillèrent une à une. Mais deux d’entre elles survécurent quelques heures et purent raconter leur « passion ». La soeur Fossas avait 54 ans.

Adelfa, née le 6 mars 1887 à Villanueva de Castellón (Valencia), baptisée le 7, confirmée en 1895. Elle fit ses études dans son village natal, au collège des Dominicaines de l’Anunciata récemment fondé, congrégation où elle entra le 3 mars 1905. Profession le 30 avril 1907. Particulièrement douée pour la musique, elle donnait des cours de solfège et de piano; elle fut envoyée à Sant Andreu de Palomar (Barcelone), Gérone (collège ND du Rosaire), Salt (Gérone), Castell del Remei et Barcelone-Trafalgar. Elle avait un caractère optimiste et essayait d’encourager ses sœurs plus peureuses, en des temps où planait la persécution antichrétienne. Elle avait 49 ans.

Reginalda, née à Borredá (Barcelone) le 25 mai 1895, baptisée le 26, confirmée en novembre 1895. Études primaires à l’école publique et au collège des Dominicaines de l’Anunciata de son village. Elle entra dans cette congrégation le 24 mars 1919. Après un temps d’expérience de travail, elle fit profession le 30 septembre 1920. Très éprouvée par la maladie, elle fut envoyée en différents endroits des Asturies, se consacrant aux classes primaires. À la fin de sa vie elle était au collège de Manresa (Barcelone). Le premier jour de 1936 elle disait à une autre soeur que Dieu ne lui avait pas permis d’être martyre en Asturies, mais qu’elle pressentait qu’elle le serait en Catalogne. Le 26 juillet 1936 un groupe de miliciens fouilla le domicile de Manresa où elle se trouvait réfugiée avec la soeur Rosa Jutglar; elles furent l’objet de moqueries et de propositions malhonnêtes, se montrèrent fermes dans la foi et disposées au martyre. Le lendemain, ils allèrent chercher soeur Rosa à une autre maison où elle s’était réfugiée; la soeur Reginalda y était aussi, qui ne voulut pas se séparer de sa sœur ; ils les arrêtèrent et leur donnèrent la mort sur le territoire de Castellgalí, à l’endroit nommé dels Torrents. Elle avait 41 ans.

Rosa, née à Sabassona (Barcelone) le 25 janvier 1900, baptisée le 27, confirmée en 1901. Études primaires au collège des Dominicaines de l’Anunciata de Folgarolas (Barcelone); elle fut ouvrière en usine, et entra dans la congrégation de l’Anunciata le 19 mars 1920. Profession le 30 septembre 1921. Son unique affectation fut le collège de Manresa, depuis 1921. Elle s’occupait de la section des tout-petits, dont elle était très aimée. Quelques-unes de ses élèves se sont longtemps souvenues des soins maternels qu’elle leur prodiguait. Elle était joyeuse, simple et candide. Elle souffrit le martyre avec la soeur Reginalda Picas. Elle avait 36 ans. Les restes de ces deux sœurs unies dans la mort sont dans la même tombe, dans l’église ND de Valldaura de Manresa.

Otilia, née le 31 décembre 1916 à Enfistiella, Nembra (Asturies), baptisée le 2 janvier 1917, confirmée en 1925. Orpheline de mère à 2 ans, mais accueillie avec tendresse par la seconde épouse de son père, elle alla à l’école publique puis chez les Dominicaines de l’Anunciata à Caborana. Elle entra dans la congrégation à Vic le 10 avril 1932, fit profession en octobre 1933. Ses vœux renouvelés, on l’envoya à Barcelone-Horta pour qu’elle commence les études d’institutrice. En juillet 1936 elle passa à la communauté de Barcelone-Trafalgar en attendant de pouvoir trouver refuge en Asturies. Elle vécut le même martyre que la soeur Fossas et les autres sœurs, mais survécut quelques heures aux coups de feu mortels. Recueillie par des personnes charitables qui l’emmenèrent à un hôpital provisoire de la Croix Rouge, elle put transmettre à un médecin l’adresse de sa famille, lui demanda d’aller voir ses parents et de leur dire qu’elle mourait pure, se remettant totalement à la volonté de Dieu. Avant de mourir elle demanda une médaille pour l’embrasser et prier. Elle survécut un peu moins de deux heures. Elle avait 19 ans.

Ramona, née à Vic (Barcelone) le 29 août 1898, baptisée peu après sous les noms de Ramona Rosa María, confirmée en 1898. Elle fut domestique, travailla dans une usine textile et fréquenta l’école du dimanche des Dominicaines de l’Anunciata, puis entra dans cette congrégation le 13 septembre 1920. Profession perpétuelle le 5 avril 1928. En 1922 elle était déjà à Barcelone-Trafalgar. Comme sœur Otilia, elle resta gravement blessée, on la soigna aussi dans l’hôpital de campagne mentionné. Elle survécut pendant la nuit du 27-28 juillet 1936; elle donna l’impression à ses bons Samaritains d’une personne simple et franche; elle se montra contente de son sort. Quand elle parlait de ses souffrances, elle demandait qu’on ne le prenne pas dans le sens d’offenser quiconque, mais qu’on prenne ses paroles comme motif de rendre gloire à Dieu, et elle répétait qu’elle voulait se rendre digne de ce qu’elle considérait comme une immense grâce, un cadeau de Dieu: le martyre. Elle avait 37 ans.

28 juillet St Melchor Garcia Sampedro (Melchor de Quirós) (Lindes, Asturies 28 avril 1821-Nam-Dinh, Vietnam, 28 juillet 1858), martyr, le premier saint des Asturies. En 1835 il étudie la philosophie et la théologie à l’université d’Oviedo, enseigne au collège diocésain San José, puis quitte l’enseignement et entre dans l’Ordre dominicain, avec l’intention d’être missionnaire en Orient, prenant l’habit au couvent d’Ocaña (Tolède) le 16 août 1845. Ordonné prêtre en décembre 1847 à Madrid, il s’embarque à Cádiz le 7 mars 1848 et arrive à Manille (Philippines) le 25 juillet. Il est lecteur de philosophie au collège Saint Thomas de Manille, jusqu’en octobre de la même année, puis embarque à Macao pour le Tonkin, où il arrive en février 1849. Il était d’une grande piété, avec une dévotion particulière envers le Seigneur de la Passion et la Mère douloureuse. Vu ses remarquables qualités pour le ministère et le gouvernement, il est vite élevé au service de vicaire du groupe de missionnaires, et le 16 septembre 1855 l’évêque P. Sanjurjo le consacre évêque de Tricomia à Bui-Chu. En parfaite harmonie avec son projet ministériel, il se livre sans réserves au soin, formation et sanctification des fidèles, donnant ainsi l’occasion d’être connu publiquement et d’affronter la persécution que l’empereur Tu Duc avait décrétée contre les chrétiens. Il écrit à ses parents:
« Nous n’avons pas eu un jour de paix ni de quiétude, ni une heure où notre vie n’ait pas été en danger. L’enfer entier s’est conjuré contre nous, et ces mandarins, comme d’autres Nérons, se sont proposé d’en finir avec l’oeuvre du Seigneur... Persécution cruelle, famine et guerre civile sont les trois fléaux par lesquels les néophytes du Tonkin central purgent leurs péchés et se préparent une couronne plus brillante que le soleil, qu’ils ceindront pour toute l’éternité. En un jour ils ont coupé la tête au prêtre Huang et à cinq chrétiens; le lendemain à dix, et peu après à dix autres; ensuite à trois prêtres, et avant tous ceux-là, ils avaient coupé en morceaux en un seul jour treize chrétiens. Aidez-moi par vos prières à laver mes fautes avec mon sang et que j’obtienne la palme du martyre».
Après l’exécution de Mgr Sanjurjo, son successeur García Sampedro est arrêté le 8 juillet 1858 à Kieu-Lao et conduit chargé de chaînes à Nam-Dinh, capitale de la province, où il est soumis à de cruelles tortures et tentations. Mais il demeure inébranlable dans sa foi, ce pourquoi il est mis en pièces publiquement. Ses restes, rapatriés 30 ans après à Oviedo, où sont célébrés de solennels honneurs funèbres les 28-29 avril 1889, sont transférés à la cathédrale d’Oviedo.
Béatifié en 1951, canonisé en 1988 avec d’autres martyrs du Vietnam.

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Lucio,Antonio,Felicissimo,Saturio,Tirso,Gumersindo,Lamberto

Message par Fée Violine le Sam 30 Juil 2011 - 18:52

29 juillet Bx Lucio Martínez Mancebo, Antonio López Couceiro, Felicissimo Díez González, Saturio Rey Robles, Tirso Manrique Melero, Gumersindo Soto Barros et Lamberto de Navascués y de Juan, martyrs à Calanda (Teruel) le 29 juillet 1936, béatifiés en 2001.

Lucio, né à Vegas del Condado (León) en 1902. En 1912 il entre au séminaire de León, en 1919 au noviciat de Solsona, en 1925 il est ordonné prêtre à Valence. 1930-1936 il est maître des novices et des étudiants, d’abord à Valence puis à Calanda. C’était un frère simple, de forte personnalité et de tempérament vigoureux, qu’il montra en faisant face aux études ecclésiastiques, qui lui coûtèrent beaucoup. Sa ténacité et son esprit religieux lui permirent d’atteindre le grade de lecteur. Il exerça comme professeur.
En tant que sous-prieur de la maison, à l’arrivée de la persécution il veilla à ce que les élèves quittent le couvent et le village pour Saragosse. Quand ils partirent avec sa bénédiction, il leur conseilla, au cas où ils devraient donner leur vie pour la foi, de l’assumer vaillamment. Le soir du 27 juillet il décida que les religieux, en vêtements civils, quitteraient le couvent et se réfugieraient dans des maisons ou fuiraient. Avec quelques frères, il resta au couvent. Quand le couvent fut attaqué, ils durent partir aussi et se réfugier dans des maisons particulières. Quand ceux qui cachaient des frères furent menacés de mort, les frères sortirent dans la rue, furent arrêtés, et fusillés deux jours après. Dans le camion qui les emmenait au lieu du martyre, le P. Lucio commença d’une voix forte à prier le rosaire. Arrivés à destination, ils pardonnèrent à tous et moururent en criant « Vive le Christ Roi ! » Il avait 34 ans.

Antonio, né le 15 novembre 1869 à El Ferrol (La Coruña). Passe son enfance à Betanzos, entre en 1884 au séminaire d’Orense, où il fait sa philosophie, puis au séminaire conciliaire de Santiago où il fait la théologie. Il prend l’habit au couvent de Padrón en 1889. Il continue ses études à Corias et à Salamanque, est ordonné prêtre le 23 décembre 1893. Professeur à Vergara, maître des novices à Padrón. En 1912 il demande à être compté dans les restaurateurs de la Province d’Aragon. Homme de profond esprit religieux et d’un haut sens de l’austérité, ses pénitences physiques et morales étaient proverbiales. Il exerça des ministères variés. Caractère dur qu’il compensait et dominait avec sérieuse humilité et reconnaissance de ses limites. On a dit de lui que pour atteindre le sommet de la sainteté il ne lui manquait que le martyre : le Seigneur le lui accorda en juillet 1936. Le soir du 27 juillet, le P. Antonio fuit le couvent, et comme il ne pouvait courir aussi vite que ses compagnons, il tombe aux mains de ses poursuivants. Conduit en prison, il réconforte les religieux et laïcs détenus. Prêt au martyre, il montre l’exemple aux autres dans les heures tragiques qui précèdent le sacrifice de sa vie. Il leur rappela l'importance de la confession sacramentelle en ces moments, et l’absolue nécessité du pardon évangélique. Pour avoir voulu aider le religieux le plus âgé du groupe, qui se déplaçait avec difficulté, tous deux furent pris et fusillés avec tout le groupe de dominicains qui était resté au village. Blessé, tombé par terre, il joignit les mains, regarda le ciel, et on l’entendit murmurer: « Seigneur, pardonne-leur, parce qu’il ne savent pas ce qu’ils font!». Ce furent ses dernières paroles. Il avait 67 ans.

Felicisimo, né le 26 novembre 1907 à Devesa de Curueño (León). En novembre 1922 il entra comme novice à Solsona, fit ses études à Valence, et fut ordonné prêtre en 1930. Il enseigna la philosophie aux aspirants, à Calanda. Il était sévère avec tous mais surtout avec lui-même. Il était de ceux qui voyaient objectivement la situation sociale conflictuelle. Son esprit vif et pénétrant, entretenu par une étude constante, fit de lui un excellent professeur. Étant donné sa grande jovialité, parler ou avoir affaire avec lui était très agréable malgré la dureté de caractère qu’il réussissait à freiner.
À l’arrivée de la persécution il fut des premiers à être emprisonné, avec deux autres membres de la communauté. Ils furent emmenés à la comandancia d’Alcañiz où les miliciens voulurent les tuer, mais le commandant militaire exigea qu’ils fussent ramenés et jugés à Calanda, dont ils dépendaient. Ils furent les trois premiers frères qui entrèrent en prison. Ensuite on leur ajouta les autres, à mesure qu’on les arrêtait, jusqu’à compléter le nombre de 7 dominicains qui étaient restés au village. Ils reçurent la palme du martyre ensemble, comme ils avaient vécu. Il avait 29 ans.

Saturio, né le 21 décembre 1907 à Devesa de Curueño (León). Il fit ses études à Solsona puis à Valence, et en 1931 fut ordonné prêtre à Barcelone. Professeur, infirmier du couvent. De tempérament nerveux, il dut faire de grands efforts pour s’acclimater à la vie religieuse, mais il donna des signes de solide vocation religieuse, spécialement dans la charité au service des malades. Il dut lutter beaucoup pour freiner son addiction au tabac.
Ami inséparable du P. Felicísimo, et du même âge, ils le furent jusqu’au martyre. La nuit où se consomma le sacrifice, il eut une crise de nerfs, que quelques paroles du P. Antonio L. Couceiro calmèrent immédiatement. « Il nous console dans nos afflictions, afin que nous puissions consoler ceux qui sont dans l’affliction (2 Co 1,4), partageant avec eux le même courage que nous recevons de Dieu. » L’exemple, la force et les paroles opportunes du P. Antonio furent la consolation définitive dont il avait besoin. Ainsi il continua à la hauteur des autres. À partir du 27 juillet à Calanda il eut les mêmes vicissitudes que le P. Felicísimo. Il avait 29 ans, 11 ans de vie religieuse et 5 de sacerdoce.

Tirso, né le 26 janvier 1877 à Alfaro (La Rioja). Il entre au séminaire de San Gaudioso de Tarazona, fait le noviciat et la profession chez les jésuites à Veruela (Saragosse), puis quitte les jésuites et revient au diocèse de Tarazona, où il est ordonné prêtre en 1911. En 1928 il entre dans l’Ordre dominicain. Aux récréations, ses plaisanteries donnent à la communauté de nombreuses occasions de gaieté, bien que par nature il incline plutôt à la tristesse. Excellent compagnon dans la vie communautaire, doté de grâces spéciales pour la vie commune. Spirituellement, une profonde piété et un vigoureux sens ascétique.
Excellent professeur de latin, il écrit une grammaire claire et accessible pour les élèves. Humainement c’était un bon pédagogue, au plan pastoral ce prédicateur fut un apôtre de la doctrine sociale de l’Église. Il marque la société calandine et la presse madrilène (1931) par une série d'articles sur la doctrine sociale de l’Église, et pour cette raison il est considéré comme un « défenseur du peuple » par beaucoup de socialistes de Calanda.
On le voyait parfois un peu abattu devant l’avenir qu’il voyait conflictuel. Un fond d’humilité et la conscience de sa petitesse faisaient que dans les moments difficiles il se sentait peu de chose. Mourir lui importait peu, mais il avait peur de ne pas être à la hauteur des circonstances ; mais dans les moments durs, il fit front. Repoussé de toutes les maisons, car la présence d’un frère était dangereuse, il décide, le 29 juillet, d’aller s’asseoir sur un banc sur la place de Calanda, et d’attendre. Peu après, il fut arrêté et emmené là où étaient les autres. La même nuit, ils furent fusillés. Il avait 59 ans.

Gumersindo, né le 21 octobre 1869 à San Mamed de Amil près de Pontevedra (La Coruña). À 25 ans il demanda à entrer dans l’Ordre comme familier tertiaire sans vœux, au couvent de Padrón. Fin mai 1903 il fit profession solennelle comme frère coopérateur. En 1908 il arriva à Majorque pour s’occuper de l’organisation matérielle de la maison de Manacor, récemment restaurée. Exemple de foi simple et profonde. Grand travailleur, très habile aux travaux manuels, avec des dons d’organisateur. Très doué pour les mathématiques, ce qui lui valut d’être professeur des aspirants à l’entrée dans l’Ordre. Obéissant jusqu’à la mort.
Quand la persécution commença, avec ses infirmités il n’était pas en état de faire de longues marches. Quand il vit que sa présence dans des maisons particulières était compromettante et qu’il ne pouvait marcher, il décida de se remettre aux mains de la Providence, resta assis sur un banc de la place du village. Arrêté, il fut emmené à Alcañiz, puis ramené à Calanda pour être jugé. En prison il retrouva les autres membres de la communauté et tous se préparèrent pour l’heure finale. Ensemble ils reçurent la palme du martyre le 29 juillet 1936. Il avait 67 ans d’âge, 37 ans de vie religieuse.

Lamberto, né le 18 mai 1911 à Saragosse. D’une famille noble et chrétienne, il fit ses études chez les jésuites et les maristes, formation humaine complète. Il commença des études de droit, mais à la mort de son père, renonçant à tout, il demanda à être frère coopérateur chez les capucins, qui refusèrent car ils estimaient qu’il devait être prêtre. Sa famille fait pression aussi sur lui. Mais Lamberto garda son idée, il voulait servir les autres. Il arrive à Barcelone en 1935 chez les dominicains pour commencer le postulat. Il était novice depuis 2 mois 10 jours quand la guerre arrive à Calanda. La communauté dut se disperser, mais frère Lamberto voulut rester avec les religieux âgés et subir le même sort qu’eux. Il fut arrêté le 28 juillet et incarcéré. Soumis avec les autres à un simulacre de jugement, ils furent condamnés à mort. Après beaucoup de mauvais traitements en paroles et en actes, ils furent emmenés en camion à 6 km du village. Priant le rosaire à voix haute et pardonnant de tout cœur à leurs bourreaux, ils furent fusillés, en proclamant «Vive le Christ roi !» Il avait 25 ans.

30 juillet Bx José Maria Muro Sanmiguel et Joaquín Prats Baltueña, martyrs en 1936 près de Teruel, béatifiés en 2001.
José Maria, né à Tarazona (Saragosse) le 26 octobre 1905, étudie humanités, philo, théologie au séminaire San Gaudioso. À partir de 1928 il est vicaire à Villalengua, curé de Purojosa, vicaire à Novallas. Quand en 1935 il entre dans l’Ordre, son idéal se résume en «être missionnaire et martyr». Il est évident que l’atmosphère de martyre l’accompagnait. Quand arrivèrent les jours de persécution, il terminait ses études à Calanda. Quand les miliciens entrèrent à Calanda, fuyant le danger il se dirigea vers Alcañiz. Le 29 juillet il s’approche d’un mas de Castelserás pour demander son chemin, et on l’envoie vers un autre mas où se trouvaient des miliciens. Le P. Muro était une splendide promesse que Dieu tenait en réserve pour Lui.
Il avait 31 ans, 8 ans de sacerdoce et 1 de profession religieuse.

Joaquín, né à Saragosse en 1915. Élève au collège des Écoles Pies, il étudie le latin et les humanités à la Precepturía du même Ordre. À l’avènement de la République, il interrompt ses études ecclésiastiques et entreprend celles pour le baccalauréat universitaire. En septembre 1935 il entre comme novice au couvent dominicain de Calanda. Quand il dut quitter le couvent avec les autres, le 27 juillet, il pensa se joindre au groupe qui allait à pied à Saragosse, mais sa santé fragile l’empêcha de faire un si long voyage. Il essaya de se réfugier chez son grand-père paternel, à Mas de Las Matas, un village près de Calanda. En chemin à Torre Mazas il rencontra le P. José Maria, ils décidèrent d’affronter l’aventure ensemble. En arrivant à la gare de Castelserás, ils demandèrent le chemin d’Alcañiz. Trahis par une femme qui les envoya à une patrouille de miliciens, ils furent emprisonnés dans un sombre cachot, soumis à un jugement au milieu des moqueries et des insultes, qu’ils reçurent la tête basse et en silence. On promit la liberté au jeune frère Joaquín s’il criait « Vive le communisme », à quoi il répondit par trois fois « Vive le Christ Roi ». Ils furent fusillés aux environs du village. Il avait 21 ans, et 8 mois de noviciat.
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Jeanne; Augustin

Message par Fée Violine le Ven 5 Aoû 2011 - 19:13

2 août Bse Jeanne d’Aza, Aza v1140– Caleruega v1190/1200, mère de saint Dominique et du Bx Mannès de Guzman; invoquée pour la fertilité des champs. C'était une femme d'une éminente vertu et d'un remarquable caractère. Bien qu’elle ne soit pas formellement dominicaine, la mère de saint Dominique mérite d’être citée, soit pour avoir mis au monde et éduqué dans la foi le Fondateur de l’Ordre, soit comme bienheureuse laïque.
De noble famille castillane, fille du grand maréchal de Castille Don Garcia d’Aza, tuteur du roi Alfonso VIII, elle épousa Félix de Guzman, gouverneur du bourg de Caleruega, et de cette union naquirent trois fils qui devinrent tous prêtres. L’aîné, Antonio, consacra sa vie entière au service des malades dans un hôpital. Le deuxième, le Bx Mannès, au contraire, a collaboré avec son petit frère, Domingo. Celui-ci, né le 24 juin 1170, vint réjouir le cœur de Jeanne qui, plus très jeune, avait fait un pèlerinage à l’abbaye bénédictine de Silos pour demander sur la tombe du fondateur, saint Dominique de Silos, protecteur des femmes enceintes, la grâce d’un autre fils pour perpétuer le nom de la famille. Mais le Seigneur accorde toujours infiniment plus que ce qu’on lui demande ! Les deux parents de saint Dominique sont cités par Dante : « Ô son père vraiment Félix (= heureux)! Ô sa mère vraiment Jeanne (en hébreu Jean/Jeanne signifie “le Seigneur est sa grâce”, car elle a trouvé pleinement la grâce du Seigneur qui lui a donné un tel fils) ! »
Pendant que Jeanne attendait Dominique, elle rêva qu’elle portait dans son sein un chien, qui s’enfuit en tenant dans sa gueule une torche enflammée. La marraine, elle, vit son futur filleul avec une étoile sur le front. Elles ignoraient que le chien symbolisait la fidélité, la torche l’ardeur de la charité avec laquelle Dominique allait incendier le monde, l’étoile la splendeur de la vérité avec laquelle il allait éclairer les esprits obscurcis par l’erreur. Le chien, la torche et l’étoile devinrent ainsi les symboles de saint Dominique et des frères de son Ordre, vêtus de blanc et noir, chiens fidèles à Dieu.
Jeanne se montra toujours l’ange tutélaire de sa maison: première enseignante de ses fils, elle les éduqua à la sainteté et à la vertu. Elle confia Dominique encore enfant à son frère archiprêtre. Bien qu’elle eût espéré pouvoir choyer des petits-enfants, elle ne s’opposa pas au dessein de la Providence ni aux signes très précoces de la vocation de son fils. Dieu ne tarda pas à lui montrer les splendides fruits des graines qu’elle avait plantées dans leur cœur avec tant d’amour.
Mais après ses fils, les pauvres avaient la deuxième place dans ses préoccupations, au point qu’elle vit se multiplier miraculeusement ses aumônes quand elles n’étaient pas suffisantes. Ces signes de la Providence montrèrent aux yeux de tous la hauteur de perfection et d’intimité avec Dieu à laquelle Jeanne était arrivée.
Pour le reste, on n’a pas plus de détails historiques sur la vie de cette dame. Quand elle mourut, son fils Dominique s’était éloigné d’elle comme le chien du rêve, mais sa torche lumineuse commençait à resplendir dans le monde. Les malades, les pauvres et les affligés se mirent spontanément à l’invoquer comme une sainte devant ses reliques, conservées dans l’église paroissiale, obtenant ainsi grâces et protection. Culte confirmé en 1828.

3 août Bx Augustin Kažotić, né v1260 à Traù (aujourd’hui Trogir, Splitsko-Dalmatinska, Croatie), + 3 août 1323 Lucera (Pouilles, Italie).
De famille noble, il entre chez les dominicains à 15 ans. En 1286 il va continuer ses études à Paris. Au retour il combattit énergiquement l'hérésie en Bosnie, et noua une cordiale amitié avec l’ex-Maître de l’Ordre Niccolò Bocasini, légat pontifical en Hongrie et futur pape Benoît XI. Celui-ci, en 1303, nomma Augustin évêque de Zagreb. Pendant 20 ans il y brilla par son zèle pastoral, empressé jusqu’à l’oubli de soi-même pour la renaissance spirituelle et temporelle de ses enfants. Son action pastorale le fit mal voir du roi Carobert de Dalmatie, et en 1322 à sa demande le pape Jean XXII (pape d’Avignon) le transféra à Lucera en Italie. L'empereur Frédéric II y fit arriver de Sicile près de 60 000 Sarrasins entre 1222 et 1223. La décision fut prise pour limiter les combats entre les Sarrasins et les Siciliens.
Le résultat fut que la ville changea d'aspect: on construisit des mosquées, des minarets, des harems et le plan carré romain fut remplacé par le dédale de rues caractéristique des villes arabes. Elle devint donc la merveilleuse Lugêrah. Les Sarrasins, reconnaissants envers Frédéric II, s'engagèrent à pacifier les populations musulmanes des Pouilles. L'empereur voulut aussi la construction d'un magnifique château.
L'arrivée des Angevins en 1269, commandés par Charles I d'Anjou, vit Lucera assiégée et vaincue en peu de temps. En 1224 cependant, Frédéric II, en réponse à des soulèvements religieux en Sicile, expulsa, au cours des deux décennies suivantes, tous les musulmans de l’ile, en transférant un grand nombre à Lucera dans les Pouilles. Dans cet environnement contrôlé, les musulmans ne pouvaient contester l’autorité royale tandis que la couronne profitait de leurs taxes et de leur service militaire. Leur nombre ayant fini par atteindre entre 15 000 et 20 000, valut à Lucera d’être appelée « Lucaera Saracenorum » parce qu’elle représentait le dernier bastion de la présence islamique en Italie. La colonie prospéra pendant trois quarts de siècle jusqu’à sa mise à sac, en 1300, par les forces chrétiennes commandées par Charles II d'Anjou. Les habitants de la ville musulmane furent exilés ou vendus en esclavage, tandis que nombre d’entre eux trouvaient asile au delà de l’Adriatique, en Albanie
En 1300 Charles II d'Anjou, qui succéda à Charles I, ordonna le massacre des Sarrasins: Lucera fut assiégée et 20.000 habitants furent assassinés. La ville changea son nom en Lucera de Sainte Marie. Elle était le théâtre d’une lutte sanguinaire entre les sarrasins survivants et les chrétiens qui cherchaient à s’y installer après quasi un siècle d’exil forcé. Avec le charme de son exemple et la force persuasive de sa parole, en moins d’un an Augustin rendit à la cité désolée un visage chrétien et une vie sereine. Dix mois après son arrivée, il fut tué par un sarrasin.
Il fut l'un des premiers grands théologiens de Croatie. Il participa au concile de Vienne.
On raconte de lui bien des événements merveilleux. Un jour qu’il était malade et que son prieur lui donna de la volaille à manger, il fit le signe de croix sur le plat, et l’oiseau s’envola. Une autre fois, comme il baisait la main du pape, celui-ci s’aperçut qu’une douleur vive dont il était affligé avait cessé au même instant.
Il a consacré sa vie à la formation de collèges, à la recherche de solutions aux conflits ecclésiaux ; il a été un pacificateur renommé et a travaillé pour les droits de la personne humaine, outre sa préoccupation à l'endroit des pauvres de la société. Il a été aussi l'auteur de quelques études théologiques. Évêque de Zagreb et de Lucera, il s'est consacré avec énergie à promouvoir le bien commun, le salut public de tout le peuple de Zagreb, il a été spécialement attentif aux besoins et à la vie du bas clergé et aux fidèles de son diocèse, son option pour les pauvres l'a conduit à être exilé en France à Avignon. Béatifié en 1700, le premier Croate officiellement béatifié.


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Manuel, Maximino, Victor, Eduardo

Message par Fée Violine le Ven 5 Aoû 2011 - 19:22

5 août Bx Manuel Moreno Martínez, Maximino Fernández Marínas, Víctor García Ceballos, Eduardo González Santo Domingo, martyrs le 5 août 1936, béatifiés en 2007.

Manuel, né à Rincón de Soto (La Rioja) le 17 juin 1862, baptisé le 20, profession le 24 septembre 1878 au couvent d’Ocaña, profession solennelle le 30 septembre 1881 à Ávila. Encore diacre, en 1884 on l’envoie à Manille, où il termine ses études et est ordonné prêtre en juillet 1885. Envoyé aux missions de Chine (Fokien), il prêche l’évangile avec un grand zèle durant 26 ans; il écrit sur la Chine des récits du plus grand intérêt religieux et historique. Il est vicaire provincial de la mission de Fogan (en 1902 et 1906). Ensuite il exerce l’apostolat aux Philippines pendant 6 ans, au couvent Saint Dominique à Manille (1911-1913) et à Pampanga (1913-1917). De retour en Espagne en 1917, il vit dans divers couvents : Ávila (1917-1921), La Mejorada (1921-1931) comme confesseur des aspirantes et des moniales dominicaines d’Olmedo (Valladolid), chez qui il laisse une réputation de sainteté; puis il est à Santa María de Nieva (Segovia) (1931-1934), puis supérieur de la maison de Barcelone-Saint Gervais 1934-1935, où il est élu prieur d’Ocaña. Il avait un charme extraordinaire à cause de sa douceur et de sa largeur de jugement, sans rien perdre de son sérieux et de sa rigueur, il fit fleurir l’Ordre séculier dominicain à Ocaña.
Bien qu’il se soit occupé de faire passer au Portugal les frères les plus âgés, le 22 juillet ils furent surpris par l’assaut du couvent où se trouvaient 32 religieux; sous sa responsabilité il laissa les frères partir où ils voulaient et leur donna de l’argent; les assaillants saccagèrent le couvent, profanèrent l’église, brûlèrent les images et les archives. Avec le P. Maximino Fernández et le frère Eduardo González, il se réfugia dans une maison, de laquelle il se préoccupa de ses subordonnés; ils restèrent là jusqu’au 5 août. Alors il décida d’aller à Madrid chercher un hébergement pour tous. A la gare d’Ocaña on leur donna un sauf-conduit qui en réalité menait à la mort. Ils furent emprisonnés à la « poste de Cuenca»; arrivés à la gare de Madrid-Atocha, ils furent arrêtés et fusillés. Ils moururent en criant «Vive le Christ Roi ! Vive l’Église catholique!». Il avait 74 ans.

Maximino, né à Castañeo (Asturies) le 2 novembre 1867. Profession à Ocaña (Tolède) le 9 septembre 1885, profession solennelle à Ávila le 9 septembre 1888. Envoyé aux Philippines en 1892, ordonné prêtre à Manille en1893. Il reste 6 ans à Cagayán, au nord de Luzón. En 1898, au cours de la guerre d’indépendance des Philippines, il fut arrêté et maltraité. Libéré en 1899, il revient à Manille et de là, très malade, il s’embarque pour l’Espagne en 1902. Il passe deux ans à Ocaña, puis est envoyé au collège Santa María de Nieva (Segovia). En 1914 il est nommé vicaire provincial en Espagne, puis visiteur des maisons de la vicairie. En 1919 il va en Italie, où il est confesseur dans les sanctuaires de Pompéi et Madonna del Arco, économe et sacristain au couvent de la Trinité à Rome (1919-1920). De retour en Espagne (septembre 1920), il réside à Ocaña, sauf pour des missions: chapelain des moniales dominicaines de Santa Inés, à Saragosse (1927-1931); directeur de retraites spirituelles chez les dominicaines d’Olmedo (Valladolid) et Ajofrín (Toledo).
En mai 1936, il retourne à Ocaña pour protéger les Pères âgés. Le 22 juillet, au début de la guerre, le couvent fut attaqué. Blessé mortellement à la gare Atocha à Madrid, le 5 août, il est transporté à demi-inconscient à l’hôpital près de la gare, avec 11 balles dans le corps. Il meurt 10 jours plus tard, le 15 août, après un supplice atroce, au milieu du plus grand abandon et des moqueries.

Victor, né à Carrión le 24 juillet 1880, prêtre au couvent d’Ocaña. Le 22 juillet 1936 les milices pillèrent le couvent et les frères durent fuir; le P. Víctor se réfugia chez le vicaire d’Ocaña. Mais les frères ne se sentent pas en sécurité et pensent qu’ils seraient mieux à Madrid avec d’autres frères. Le 4 août ils cherchèrent un sauf-conduit pour rejoindre leurs frères de Madrid, une sœur malade se joignit à eux, et une femme qui l’accompagnait. Le lendemain ils prirent le train, mais le sauf-conduit s’avéra être un piège car il ordonnait de les tuer en chemin. À l’arrivée à la gare d’Atocha, ils furent assassinés, mais les deux femmes purent se sauver et témoigner de l’événement. Du P. Víctor García on garde à Carrión des bannières qu’il peignit pour les processions.

Eduardo, né à Ávila le 5 janvier 1884, +5 août 1936 ; baptisé le 13, confirmé en 1891. Orphelin de père à 3 ans, sa mère (tertiaire dominicaine) dut travailler comme employée de maison chez Antonio Mata, chapelain des carmélites de San José, qui l’emmena à la résidence provinciale d’Ávila. À 11 ans il revint chez sa mère. Après un temps à Ocaña, il fit profession comme frère coopérateur à Ávila le 27 décembre 1914. Il travailla fidèlement aux offices de sa profession au collège de La Mejorada (1917-1923), Ocaña (1924), Ávila (1925-1930), maison de la Passion à Madrid (1932-1933), couvent du Rosaire, aussi à Madrid (1935-1936). Plein de bonté, travailleur et charitable, joyeux, recueilli et humble. Il se rendait très bien compte de l’hostilité antichrétienne qui régnait à Madrid depuis le début de 1936, il prévoyait le martyre et même le désirait. Le 6 juin il fut nommé à Ocaña, où le 22 juillet il fut victime de l’assaut du couvent. Il alla à Madrid avec les pères Maximino Fernández, Manuel Moreno et Víctor García Ceballos et mourut avec eux. Il avait 52 ans.

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Antonio; Carmen, Rosa; DOMINIQUE; Luigi

Message par Fée Violine le Ven 12 Aoû 2011 - 22:56

7 août Antonio Alcalde Barriga, né 15 mars 1701 à Cigales, Valladolid (Espagne), + 7 août 1792 à Guadalajara, Jalisco (Mexique).
Fils de José Alcalde et Isabel Barriga, paysans chrétiens, en 1716 il entra au couvent Saint Paul, à 16 ans il prit l’habit dominicain, en 1725 il fut ordonné prêtre, puis enseigna dans divers collèges dominicains pendant 26 ans. Il occupa deux prieurés, celui du monastère de Zamora et celui de Jesús María de Valverde. Un jour de juillet 1760, le roi Charles II, qui passait par là au cours d’une chasse, entra chez lui pour se reposer. Il fut surpris de voir dans quelle simplicité vivait le frère Alcalde : dans sa cellule il y avait seulement un tabouret, un cilice, une table, quelques livres et une tête de mort. Peu après, le roi dut nommer un évêque pour le Yucatán et pensa au « frère à la tête de mort ». C’est ainsi qu’Antonio Alcalde traversa l’océan pour s’installer dans le Nouveau Monde.
En 1763, il prit possession de l’évêché de Mérida, Yucatán (alors Nouvelle Espagne). Malgré son âge (62 ans) il apprit le maya pour mieux communiquer avec les habitants. Il agrandit l’hôpital Saint Jean de Dieu, réforma les statuts du séminaire, et en 1769-1770 il fit ouvrir les greniers pour nourrir les pauvres lors d’une famine (récoltes détruites par les sauterelles).
En 1771 il fut nommé évêque de Guadalajara, où il passa 21 ans de travail fécond. Il vivait toujours aussi humblement, et dépensait beaucoup d’argent pour les autres : il fit construire l’Hôpital Royal Saint Michel (aujourd’hui Vieil Hôpital Civil), le sanctuaire Notre-Dame de Guadalupe, la cathédrale, le couvent des Capucines, le beaterio Sainte Claire. Il fit construire au nord de Guadalajara 158 maisons pour le logement populaire. Il créa des bourses pour l’éducation des filles abandonnées, fonda des écoles et un collège.
En 1786 sévit une famine due aux pluies excessives. Il achète et distribue du maïs, et installe des cuisines gratuites dans les quartiers de la ville. La famine fut suivie de la peste : 50 000 morts en quelques mois en Nouvelle Galice. L’hôpital du centre ville étant insuffisant et de plus un foyer d’infection, Antonio fit construire hors de la ville un hôpital de 1000 lits qui fut terminé en 1794.
Il fonda aussi l’Université Royale et Littéraire de Guadalajara, une des plus prestigieuses d’Amérique latine, la seconde de Nouvelle Espagne, avec chaires de droit canon, droit civil, médecine et chirurgie. Là non plus il ne vit pas son œuvre terminée car il mourut trois mois avant l’inauguration, ce qui consterna la communauté universitaire débutante. Il fut enterré au sanctuaire de Guadalupe, où on voit sa statue à genoux.
Béatification en cours.

7 août Bses María del Carmen Zaragoza Zaragoza et María Rosa Adrover Martí, martyres en 1936, béatifiées en 2007.
Carmen, née à Villajoyosa (Alicante) 1er juin 1888. Fille d’un capitaine de la marine marchande, elle fit partie des Filles de Marie, puis déménagea à Barcelone. Elle visitait les pauvres âgés, les orphelins et les malades accueillis dans les asiles et les hôpitaux. Le 22 juillet 1916 elle entra dans la communauté des dominicaines de Sainte Catherine de Sienne à Barcelone (qui appartiennent aujourd’hui à la congrégation de l’Enseignement de l’Immaculée) et fit profession le 18 février 1918. Elle s’occupait des classes de filles et remplit l’office de portière. La communauté dispersée le 18 juillet 1936, les religieuses cherchèrent refuge chez des parents ou des bienfaiteurs. Avec Soeur María Rosa Adrover, elle fut accueillie dans des foyers amis; elles priaient pour la conversion de leurs persécuteurs et étaient prêtes au martyre. Le 7 août la prieure vint les voir et leur remit de l’argent pour un possible déménagement à Valence, dans leur famille. Devant l’imminence de fouilles, ce même jour elles décidèrent de partir définitivement et sortirent dans la rue. Prises peu après, dans la nuit du 7 au 8 août elles furent emmenées sur la route de Molins de Rei et, sur le territoire de la commune de Vallirana (Barcelone), dans le bois de Lladoner, elles reçurent le martyre. Elle avait 48 ans.

Rosa, née à San Roque (Cádiz) en 1888, elle vécut à Villajoyosa de 8 à 27 ans. Elle fit partie des Filles de Marie et de la confrérie del Carmen. En 1915 elle s’installa à Barcelone; elle travailla comme couturière et au service du comte de Güell. Admise dans la communauté des dominicaines de Sainte Catherine de Sienne à Barcelone le 31 juillet 1920, elle fit profession le 18 février 1922. Elle faisait l’école aux petites filles et remplit la charge de sacristine. Très douée pour la pédagogie, elle éveillait une grande confiance parmi les élèves; elle réalisa un labeur durable. Elle avait 48 ans.

8 août St Dominique (Domingo) de Guzman Garcés, v1170 à Caleruega (près de Burgos), † 6 août 1221 à Bologne, chanoine régulier augustin à Osma, fondateur de l'Ordre des Frères Prêcheurs (dominicains) après une mission fructueuse en pays cathare. Patron de l’Ordre, des astronomes, de la République Dominicaine, de Bologne, Madrid et Cordoue, des tailleurs, et des prêtres religieux comme st Jean-Marie Vianney est le patron des prêtres diocésains. Canonisé en 1234. Attributs: croix, livre et globe terrestre, lis, étoile sur le front, rosaire, chien noir et blanc.
« Durant le jour, nul ne se mêlait plus que lui à ses frères ou ses compagnons, nul n’était plus enjoué. Mais durant les heures de la nuit, nul n’était plus assidu à veiller et à supplier de toutes les manières. Il consacrait le jour au prochain et la nuit à Dieu (...) Il accueillait chaque homme dans le grand sein de la charité et, étant donné qu'il aimait chacun, tous l'aimaient. Il s'était fait pour règle personnelle de se réjouir avec les personnes heureuses et de pleurer avec ceux qui pleuraient. » (Jourdain de Saxe +1237, successeur de Dominique)
Il allait jusqu'à prétendre forcer la justice même du Père, en priant pour les damnés : "ad in infernos damnatos extendebat caritatem suam".
Dominique enjoignit un jour à frère Bertrand de ne plus pleurer ses propres péchés, mais plutôt ceux des autres. Si grande fut la vertu de ces paroles, que dès lors frère Bertrand pleura tant sur les autres qu’il ne pouvait plus pleurer sur lui-même, même s’il l’avait voulu.

Dominique fut un apôtre…
… contemplatif. En Dominique croît l’esprit de prière, motivé par le contact avec l’humanité, qui le guide vers la contemplation du mystère du Christ Sauveur.
… compatissant. Dominique a compris que son contact avec l’humanité souffrante: les masses appauvries, les destructions de l’hérésie et du paganisme, la position antiévangélique de l’Église, le monde des pécheurs..., est une source inépuisable d’expérience chrétienne et apostolique.
… pauvre. Dominique est un homme libre des biens matériels pour suivre Jésus pauvre et annoncer en toute liberté la Bonne Nouvelle. Il renonce au patrimoine familial pour vivre en messager de l’Évangile. La vie mendiante et itinérante sera un trait caractéristique de sa pauvreté évangélique.
… humble. L’humilité de Dominique a ses racines dans une profonde connaissance de soi-même et la confrontation constante avec l’idéal de Jésus-Christ patient et humble de coeur...
…de virginité mûre. La joie et l’affabilité dans ses relations, la proximité avec les gens, sa capacité d’amitié..., sont le meilleur témoignage d’une personnalité mûre et de l’intégration des valeurs de l’amour humain dans son projet de vie évangélique.
… charitable. La charité en Dominique est le noyau de la suite radicale du Christ. Il a laissé en héritage à ses fils ce qu’il avait lui-même considéré comme le meilleur trésor de sa vie au service de l’Évangile : la charité fraternelle.
… saint.

8 août Luigi Sturzo, né le 26 novembre 1871 à Caltagirone, Sicile, + le 8 août 1959 à Rome, tertiaire dominicain.
Ordonné prêtre le 19 mai 1894, étudie philosophie et théologie à Rome, et retourne en 1898 dans sa ville natale pour y enseigner ces disciplines. 1905-1920 il est maire-adjoint de Caltagirone et siège au Conseil provincial, tout en jouant un rôle de premier plan dans l'Action catholique. En 1918, il participe à la fondation du Parti populaire italien, précurseur de la démocratie-chrétienne, aux côtés d'Alcide De Gasperi et d'Alberto Marvelli, 1923 il fonde le journal Parti populaire italien et en raison de son opposition au fascisme, il doit partir en exil (Londres, New York). Il publie de nombreux ouvrages : L'Italie et le fascisme (1926), La communauté internationale et le droit de la guerre (1929), La société : sa nature et ses lois (1936), Politique et morale (1938) et L'Église et l'État (1939).
Rentré en Italie en 1946, il ne fait plus guère de politique, mais il est nommé sénateur en 1952. Il meurt à 88 ans. Son procès en béatification a été ouvert en 2002.


Dernière édition par Fée Violine le Ven 12 Aoû 2011 - 23:08, édité 1 fois
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Re: Les saints dominicains

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