MARTHE ET MARIE

Les saints dominicains

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Ambroise, Matteo

Message par Fée Violine le Sam 8 Oct 2011 - 4:56

8 octobre Bx Ambroise Sansedoni ou Ambroise de Sienne, 16 avril 1220-20 mars 1286.
Fils d’un enlumineur de Sienne (le palais familial existe toujours), Ambrogio naquit difforme. Sa nourrice constata qu’il n’était calme que dans l’église dominicaine Sainte Marie-Madeleine. Un jour qu’elle lui avait mis un châle sur le visage, un pèlerin lui dit : "Ne couvrez pas le visage de cet enfant. Il sera un jour la gloire de la ville." Quelques jours après, soudain il étira ses membres tordus, dit : "Jésus," et toutes ses déformations disparurent (il avait environ 1 an). À 7 ans il récite le petit office de la Vierge. Spécialement charitable envers pèlerins, malades et prisonniers. Il rejoint l'Ordre dominicain en 1237 à 17 ans, fit probablement son noviciat à Sienne et partit continuer ses brillantes études à Paris (1245) puis à Cologne (1248), son professeur était Albert le Grand, et il eut pour condisciples Pierre de Tarentaise (futur Innocent V) et Thomas d’Aquin, qui l’influença. Il voulait écrire mais voyant la grandeur de saint Thomas, il décida de se consacrer à la prédication. Il enseigna à Paris mais refusa le titre de Maître. En 1260 il fait partie d’un groupe qui va évangéliser la Hongrie. Il se fit remarquer par ses dons de persuasion et par ses dons de pacificateur dans de délicates situations politiques, au point que certains peintres le représentent avec le Saint Esprit qui sous forme de colombe blanche lui parle à l’oreille. "Jamais un homme n’a parlé ainsi !", s’écria le pape.
À l’autel, son ardeur était telle qu’il se liquéfiait en copieuses sueurs et, après l’élévation, un tremblement révérentiel le secouait, tandis qu’on entendait ses os craquer avec Jésus eucharistie. En Allemagne il prêchait en allemand avec succès. C’est grâce à lui que le désaccord entre le concile de Lyon et l’empereur Frédéric II n’a pas provoqué de schisme en Allemagne. Sa réputation de sagesse et de sainteté était si grande qu’on lui demanda de nombreuses fois d’intervenir dans les disputes entre le Saint Siège et le pouvoir impérial, et par ordre du pape il prêcha la croisade. En 1270 il fut appelé à Rome par le pape, où il fut maître au Sacré collège et se consacra à la restauration des études ecclésiastiques. En 1273, il réussit à obtenir de Grégoire X la levée de l’interdit qui frappait Sienne, c’est pourquoi jusqu’au milieu du 16ème siècle, un Palio se disputait en son honneur. Il restaura la paix entre Venise et Gênes, et entre Florence et Pise. Après ces voyages, il rentra à Sienne, fut prieur du couvent Saint-Dominique et recommença à prêcher, savant mais simple envers tous. Prédicateur très populaire à Sienne, mais aussi à Florence, Gênes et Venise. Il a écrit des traités théologiques et des sermons, perdus pour la plupart. Épuisé par le rythme de vie qu'il s'imposait, Ambrogio fut victime de son zèle même : pendant un sermon de carême, il parla avec tant de véhémence contre les usuriers, qu’une veine se rompit dans sa poitrine, causant sa mort subite. Sienne le mit parmi les saints patrons de la ville, vénéra ses reliques à Saint-Dominique et plaça un buste de lui sur la façade de la cathédrale.
Miracles: lévitation pendant un sermon, extases, visions; entouré d’une lumière incréée avec des oiseaux volant autour. Parfaite humilité. Il aimait la poésie, et maintes légendes parlent de ses victoires sur les tentations charnelles. Son culte fut autorisé en 1443, confirmé en 1622, en 1577 (ou 1597?) il est mis au martyrologe romain.

8 octobre Bx Matteo Carreri, Mantoue 1420- Vigevano (Lombardie) 5 octobre 1470.
Giovanni Francesco entra en 1440 chez les dominicains de Mantoue sous le nom de frère Matteo. Il était connu pour sa vie de prière profonde et sa vénération pour la règle de l’Ordre. Prédicateur véhément de la parole de Dieu et le plus éloquent de son temps, réputé pour l’austérité de sa vie ; chargé de réformer plusieurs couvents tout en continuant à prêcher et à former des prédicateurs. Le duc voulait l’engager à plus de prudence dans la prédication mais finalement lui permit de prêcher comme il voulait. Il prêche à Venise, à Gênes. Une jeune dame nommée Lucine, vivant dans le luxe et le scandale, se convertit à un de ses sermons.
Un des événements majeurs dans sa vie fut sa capture par des pirates lors d’un voyage Gênes-Pise. Les pirates voulurent le libérer mais quand il vit qu’une dame et sa jeune fille restaient captives, il se proposa pour prendre leur place. Le pirate frappé par ses paroles libéra les trois personnes.
Il guida les premiers pas spirituels de la Bse Stefania Quinzani (voir 3 janvier). Il lui faisait le catéchisme, et lui prédit qu’elle serait son héritière. Stefania comprit plus tard le sens de ces paroles : comme lui, elle fut stigmatisée.
Un jour qu’il priait Jésus-Christ de lui faire partager ses souffrances, il sentit son cœur comme percé d’une flèche. Il mourut peu après, après avoir demandé à son supérieur (et obtenu) la permission de mourir. Culte autorisé en 1482 et approuvé en 1742. Béatifié en 1625 (?). Saint patron de Vigevano.
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Louis, Jacques

Message par Fée Violine le Lun 10 Oct 2011 - 18:43

9 octobre St Louis Bertrand (Luis Beltrán), Valencia 1526 –id. 9 octobre 1581, apôtre de l'Amérique du Sud, à une époque où ce pays « roulait sur l’or à sa ruine ». Il fut baptisé sur les mêmes fonts baptismaux que st Vincent Ferrier 175 ans avant lui. Profondément religieux dès l'enfance, il rejoint les Dominicains en 1544 à 18 ans. Il est ordonné prêtre à 21 ans, en 1547, par st Thomas de Villeneuve. À 23 ans il devient maître des novices au couvent de Llombai (près de Valence), fonction qu’il exercera pendant presque 30 ans, avec des interruptions. Il avait « douceur de mère, autorité de père ». Il était très strict et exigeant, mais il savait donner les ordres avec tant de bonté et d’amabilité, que tous ses novices l’aimaient et l’estimaient. Il avait affiché sur sa porte cette phrase de st Paul : "Si ce que je cherche est plaire aux hommes, je ne serai plus serviteur du Christ".
Sainte Thérèse lui écrivit pour lui demander si elle devait fonder un couvent dans sa ville. Le saint lui répondit : "L’affaire sur laquelle vous me demandez information est si importante que je me suis consacré pendant quelques jours à demander à Notre-Seigneur qu’il m’éclaire sur ce que je devais répondre. Maintenant je vous dis : oui, vous devez le fonder. Et je vous ajoute une autre nouvelle : votre communauté va être si aidée par Dieu, qu’en l’espace de 50 ans elle sera une des plus importantes de l’Église Catholique". Et il en fut ainsi.
En 1557 il soigna les victimes de la peste. En 1562, il partit avec deux autres frères pour l'Amérique, afin d'évangéliser les indigènes du nord de la Colombie. Il vécut pauvrement pour être plus proche des autochtones, et déploya une intense activité apostolique (Amérique du Sud et Centrale, Caraïbes).
Il apprit très vite les langues locales, il avait le don des langues. En 7 ans, il baptisa plus de 15000 Indiens, de Panama au golfe d’Urabà, dans des régions marécageuses pleines de moustiques et autres bêtes dangereuses. Il prêcha à des tribus très sauvages qui essayèrent maintes fois, sans succès, de l’assassiner. Mais ses ennemis les plus dangereux étaient certains colons espagnols qui commettaient toutes sortes d’injustices contre les indigènes, et qui, réprimandés par le saint missionnaire, décidèrent de l’éliminer. D’abord ils lui offrirent un verre de boisson contenant un violent poison. Il bénit le verre, qui se brisa en morceaux. Les Indiens racontaient qu’un colon voulut tirer sur le missionnaire et que l’escopette éclata, le canon se tordant et restant en forme de croix. Le saint avait une foi capable de faire des miracles.
On dit que quand il désirait convertir un pécheur, il faisait cette pénitence : à la tombée de la nuit, dans ces forêts, apparaissent des millions de moustiques affamés. Il enlevait sa chemise et les laissait le piquer, en leur disant de temps en temps: “Petits frères, maintenant vous avez assez mangé. Laissez-en à vos compagnons, ils ont faim aussi". Et les milliers de moustiques s’en allaient pour laisser la place aux autres affamés.
En 1568 il fut élu prieur du couvent de Bogota. En 1569, lassé de la cruauté et de l’avarice des colons, il obtint d’être rappelé en Espagne où il continua à former les futurs missionnaires. Il leur disait que l’arme la plus puissante pour gagner les âmes est de prier beaucoup et de faire des sacrifices. Il leur répétait que les bonnes paroles de celui qui enseigne la religion doivent être toujours accompagnées de bonnes œuvres, parce que sinon, avec le mauvais exemple nous détruisons le bien que nous semons avec la prédication.
C’était un homme grand et maigre, avec le visage allongé, le nez aquilin, les yeux noirs. Il était paisible, modeste, austère et sans humour. Il aimait les longues prières. Il était plus ami des pénitences que des divertissements. D'une grande érudition, grand apôtre du rosaire, il fut le conseiller privilégié de l'évêque Juan de Ribera. Il aimait répéter cette prière d’un autre grand dominicain, st Pierre de Vérone : « Seigneur, donne-moi de mourir pour Toi comme Tu es mort pour moi ».
Après de nombreuses maladies, qu’il considérait comme des purifications données par Dieu, il mourut en 1581, un an avant ste Thérèse.
Béatifié en 1608, canonisé en 1671. Patron des Vicariats antillais, de la Colombie et des novices dominicains.
Attributs: une coupe avec des serpents; un pistolet avec le canon transformé en crucifix.

11 octobre Bx Jacques Griesinger d’Ulm, né à Ulm en 1407, † à Bologne le 11 octobre 1491, artiste peintre-verrier. Né dans une famille de négociants chrétiens, il fut formé dans un atelier de peintre sur verre à Ulm. À l’âge de 25 ans, avec la bénédiction de ses parents il s'en fut en pèlerinage à Rome et, faute d'argent, s'engagea dans les armées du roi d'Aragon. Après avoir été soldat 4 ans à Naples, dégoûté par la vie licencieuse des camps, il quitte l'armée et devient domestique à Capoue.
En 1441 (il a 34 ans), voulant revenir dans son pays, il s'arrête à Bologne pour prier sur le tombeau de saint Dominique, et trouve sa vraie vocation : il entre dans l'Ordre comme frère lai. Il reprit ses talents de verrier et orna beaucoup d'églises de ses œuvres. On lui doit même l'invention de plusieurs coloris de vitraux par ses recherches sur l'oxyde d'argent. Il fut pendant 50 ans un religieux humble et exemplaire, immergé dans l’art du vitrail. Beaucoup de ses oeuvres ont disparu mais on peut encore voir dans la cathédrale San Petronio de Bologne, dans la chapelle des notaires, un vitrail qui lui est attribué. D'une grande sensibilité artistique, il est un des plus grands maîtres verriers de son époque, mais il était très effacé.
Un jour durant la cuisson d'un vitrail qu’il devait absolument surveiller, le Prieur l’envoya faire la quête. Il obéit sans rien dire, il laissa tout, et à son retour trouva le vitrail cuit juste à point, réussi à merveille avec des teintes magnifiques.
Il conserva toujours l’innocence baptismale. Âme candide et sensible, sa prière touchait à l’extase. Son esprit de prière et de mortification, d'humilité profonde et de générosité, lui donna une réputation de sainteté même avant sa mort. Bien que son cœur fût étranger à la terre, ses mains étaient toujours promptes au travail et à rendre d’humbles services avec cet aimable sourire qui dilate les cœurs. Il était illettré, mais pas du tout inculte. Il disait que la récitation du Notre Père était pour lui plus douce que le miel. Avant de communier, il veillait toute la nuit. Ses vitraux étaient l’expression artistique de sa prière et de sa contemplation. En patience et grande obéissance il servait tous ses frères, particulièrement dévoué envers les malades. Il contemplait profondément la Passion de Jésus-Christ.
Béatifié en 1825. Patron des verriers.
Attributs : palette, colombe, rosaire.
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Madeleine

Message par Fée Violine le Jeu 13 Oct 2011 - 6:36

13 octobre Bse Madeleine Panatieri, 1433- 13 octobre 1503, tertiaire dominicaine à Trino (Piémont).
Maddalena dès ses premières années apparaît comme une âme pleine de grâce. Très jolie, elle sut éviter la vanité et elle n’avait pour miroir que le crucifix. Elle prit très jeune l’habit du Tiers Ordre de saint Dominique, embrassant avec ferveur toutes les austérités de l’Ordre. Elle porta toujours la rude chemise de laine, observa avec une extrême rigueur l’abstinence et les longs jeûnes, et fut héroïque dans les veilles. Elle fit sien le double esprit de contemplation et d’action, dont elle devint l’expression vivante. Elle contemplait avec un amour passionné la Passion de Jésus, méritant de participer dans son âme et dans son corps à toutes les souffrances du Sauveur. Elle brûlait de zèle pour le salut des âmes pour qui elle travaillait et priait.
Elle avait le don de prédication, et elle faisait le catéchisme dans une chapelle à côté de l’église des Dominicains de Trino. Ses modestes conférences furent destinées, au début, à un groupe de femmes, qui reconnaissaient en elle une excellente conseillère. Peu à peu, quelques hommes se joignirent aux femmes, et il advint que les prêtres et religieux du lieu eux-mêmes se sentirent attirés par les paroles inspirées de Madeleine, et pour finir le maître des novices y amenait ses jeunes religieux.
Elle avait un art céleste de tourner les esprits au bien, et ce fut son œuvre si les Dominicains de Trino embrassèrent la stricte observance restaurée par Raymond de Capoue. Elle insistait surtout sur la réforme des mœurs, et traitait souvent le problème de l’usure, un sujet brûlant à cette époque où la monnaie manquait et où les commerces se répandaient largement. Grâce à Madeleine, Trino devint un centre de prédication. Le prieur général des Dominicains arriva de Milan, et de tout le Piémont de nombreux prédicateurs venaient « prendre la becquée » à Trino, où d’ailleurs la tertiaire ne s’enorgueillissait pas mais au contraire faisait preuve d’une profonde humilité. À un homme qui, heurté de ses paroles, lui donna une gifle, Madeleine, tombant à genoux, dit évangéliquement : "Frère, voici l’autre joue ; frappe aussi. Je te remercie pour l’amour du Christ".
Comme Savonarole, elle prophétisa les malheurs de l’Italie, précisant que sa ville serait épargnée ; comme lui dans ses prédications elle répétait le cri : "Malheur à l’Italie! Je vois approcher le fouet" ; et comme lui, elle voyait dans les enfants l'innocence et l'avenir du monde. Mais elle obtint son plus grand succès non seulement comme prédicatrice mais comme maîtresse spirituelle. Le marquis de Monferrato avait pour elle une vénération particulière et l’appelait sa « maman ». Du reste elle fut la maman de tous, et fut aimée de tous. Elle prédit sa mort, et quand elle fut en agonie, d’une voix très douce elle entonna l’hymne Jesu nostra Redemptio et l’Ave Maris stella.
Son culte fut confirmé en 1827.
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Marie

Message par Fée Violine le Ven 14 Oct 2011 - 11:08

14 octobre Bse Marie Poussepin, Dourdan 14 octobre 1653 - 24 janvier 1744.
À cette époque la misère est très grande : mauvaises récoltes, maladies et guerres nombreuses. Lorsque Marie est encore jeune, son père tombe en faillite, et elle doit reprendre la fabrique de bas pour subvenir aux besoins de sa famille mais aussi de l'économie du village. En tant que chef d'entreprise, elle introduit de nouvelles machines, elle est ouverte au progrès technique ; mais surtout elle embauche des jeunes en supprimant la nécessité pour ces derniers de payer un droit d'apprentissage. Cette pratique très innovante lui permet de donner un métier (et donc des revenus) à des jeunes pauvres, à des orphelins... Elle crée des emplois pour que ces jeunes sortent de la misère par eux-mêmes. Elle fait de son entreprise l'une des principales de France, en tout cas l'une des plus avancées sur le plan social.
En même temps, Marie est très engagée dans une Fraternité de Charité de son village, puis dans une Fraternité du Tiers Ordre Dominicain (en 1693). Dans ces groupes, elle devient rapidement responsable par le zèle qu'elle apporte à visiter les malades, les veuves, les mendiants... Elle est donc présente sur les deux volets de la charité : l'économie et la compassion.
Émue par la misère des campagnes et en particulier par le statut des orphelines, des veuves, des femmes malades et plus généralement par la condition de la femme pauvre de son époque, Marie Poussepin fonde en 1695 une fraternité dominicaine à laquelle elle donne tous ses biens personnels (elle a donné l’entreprise à ses frères). Cette Fraternité installée dans un petit village, Sainville, est une innovation : il s'agit de vivre ensemble selon les coutumes dominicaines, mais sans clôture pour pouvoir rayonner la charité ; elle entend ainsi relever un défi : lutter contre la misère et vivre pleinement la vie religieuse.
Elle institue une congrégation originale (les sœurs de Charité Dominicaines de la Présentation de Tours) où les sœurs agissent gratuitement au services des pauvres et doivent par ailleurs gagner leur vie (travail de tissage à l'époque de la fondation). Elle place l'exercice de la charité au centre de la vie religieuse, le travail devenant un moyen de vivre la pauvreté religieuse. Marie donnera une grande place au travail comme véritable ascèse et engagement fraternel pour atteindre les objectifs de la congrégation.
À Sainville elle organise une petite école pour les filles, visite les malades... La communauté s'agrandit, et rapidement d'autres communautés sont créées, toujours au service des plus pauvres, des malades, des orphelines... Il y en aura une vingtaine du vivant de Marie Poussepin, dans la région parisienne, Chartres... L'évêque de Chartres fait cependant problème pour reconnaître la congrégation fondée par Marie ; il exige que les sœurs renoncent à tout lien avec les dominicains No . Marie doit se soumettre ; les liens ne seront rétablis qu'à la fin du XIX° siècle et institutionnellement au milieu du XX° siècle.
Marie est morte à 91 ans. Elle a été béatifiée en 1994. Les sœurs de Marie Poussepin sont aujourd'hui plus de 4000 à travers le monde (Colombie, Inde, France, Espagne, Burkina Faso, Iraq...).
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Agnès, Placido

Message par Fée Violine le Mer 19 Oct 2011 - 17:48

19 octobre Bse Agnès de Langeac (Agnès Galand), 17 novembre 1602 au Puy en Velay, + 19 octobre 1634 à Langeac.
Comme ste Bernadette, Agnès est issue d'une famille pauvre (elle n'aura pas la possibilité d'offrir une dot pour entrer au monastère de Langeac), et n'a pas non plus de santé. En 1623, elle participe à la fondation du monastère Sainte Catherine de Sienne à Langeac, en 1627 elle devient prieure. Elle a une vocation de prière pour les prêtres. Elle prie spécialement pour M. Olier dans sa mission des séminaires, elle l’orientera vers la fondation des prêtres de Saint-Sulpice.
Agnès modèle de prière, amante de l'Eucharistie, proche des pauvres, aime la vie et la fait aimer. Elle est invoquée pour les grossesses difficiles et par les couples qui désirent un enfant. Agnès a témoigné par sa vie que 'Dieu aime toujours'. Elle nous rappelle l’amour de Dieu pour tous.
La Vierge Marie parle en patois à Agnès et lui enseigne à faire la révérence devant le Saint Sacrement.
Agnès était réputée pour ses mortifications extrêmes. Grande mystique, elle demeure petite et faible, craintive, n'ayant que sa "petite volonté" à offrir à Dieu, tombant et se relevant... Elle brilla d’un ardent amour pour Jésus Christ et d’un grand zèle pour l’Église, offrant continuellement prières et pénitences pour ses pasteurs.
Béatifiée en 1994.

19 octobre Vble Placido Baccher, né le 5 avril 1781 à Naples, + 19 octobre 1851 à Naples.
Dernier de 7 enfants, il étudia d’abord à la maison, puis avec des prêtres qui le firent entrer dans un collège dominicain. Devenu tertiaire dominicain, il nourrit dès l’enfance une tendre dévotion pour la Vierge, que sa mère l’emmenait prier chaque samedi à l’église de l’Immaculée.
À l'âge de 18 ans, compromis dans la révolution napolitaine de 1799 (son père fut exilé, deux de ses frères fusillés), Placido fut emprisonné avec beaucoup d’autres, dans l’attente d’une sentence de mort. La nuit précédant le procès, la Vierge lui annonça en songe sa libération et lui demanda de se consacrer à elle; il réussit à s’évader.
En 1802 il prit la soutane et étudia au couvent Saint Thomas. Il fut ordonné prêtre en 1806.
Il se mit à faire de l’apostolat dans quelques églises de Naples, puis fut nommé en 1811 recteur de l’église du Sauveur, fondée en 1557 par les jésuites. Il dépensa tous ses biens pour restaurer son église, qu’il transforma en un fervent centre de dévotion mariale, selon sa devise “À Jésus par Marie”; il fut un ardent zélateur du Rosaire, promut le culte eucharistique, fit construire un orgue, rendit à leur splendeur les marbres, les bronzes, le mobilier. Il favorisa le culte des saints jésuites, notamment st Louis Gonzague qui avait vécu là ; il fit faire une statue de la Vierge telle qu’elle lui était apparue en songe dans sa prison. Ce culte se répandit dans tout Naples et a continué : à la célébration du 1er janvier 1966 il y eut environ 20.000 communions.
Don Placido refusa les honneurs; prêtre humble et pénitent, il ne buvait ni vin ni alcool, jeûnait au pain et à l’eau tous les samedis ; quand son confesseur l’obligeait à manger, il faisait son repas avec 12 haricots ou 15 pois chiches; sous sa soutane il portait un cilice et se flagellait souvent. Les 12 jours précédant l’Immaculée Conception, il faisait pénitence publique avec la corde au cou et se traînait à genoux de la porte de l’église à l’autel de la Vierge. Saint lui-même et ami des saints, beaucoup d’âmes élues de Naples furent en relation avec lui ; il fut dans les premiers à organiser les secours lors du choléra de 1836, courant d’un bout à l’autre de la ville.
Il mourut après une brève maladie, et selon son désir il fut enterré dans son église, sous le trône de la Vierge. Béatification en cours depuis 1909. Vénérable : 27 février 1944.
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Pierre

Message par Fée Violine le Ven 21 Oct 2011 - 7:13

21 octobre Bx Pierre Cappucci de Citta di Castello ou de Tiferno, Città di Castello 1390- Cortone (Toscane) 21 octobre 1445. De noble et ancienne famille, Pietro entra à 15 ans dans la florissante communauté dominicaine de sa ville natale, fit profession un an après. Son maître des novices, le Bx Lorenzo de Ripafratta, fut aussi celui de st Antonino Pierozzi et du Bx Angelico. Il étudia à Cortone (couvent fondé en 1230), peut-être à Fiesole et à Foligno, ayant comme condisciple st Antonin. Il fut un religieux observant et un prédicateur comme les voulait st Dominique : nourri de la méditation des mystères et formé à la pénitence, étranger à la recherche de soi et à l’affectation, annonceur convaincu et efficace de la Parole de Dieu.
Il jeûnait, faisait pénitence, réduisait le sommeil au minimum, aimait la Sainte Écriture, méprisait les biens de ce monde. Il fut certainement influencé en cela par un événement arrivé à Cortone ces années-là : la tragédie du palais Casali (le 11 octobre 1407 le gouverneur de la ville fut sauvagement assassiné par son neveu, qui jeta par la fenêtre le corps sanglant, au milieu de la foule horrifiée. Parmi ceux qui pleurèrent le gouverneur il y avait aussi les dominicains qui durent déménager au couvent de Fiesole. St Antonino a raconté cette tragédie dans ses chroniques). Pour l’Église, c’étaient les temps difficiles du schisme d’Avignon. À Pise, en 1409, fut élu l’antipape Alexandre V, tandis que Cortone était occupée par le roi de Naples Ladislas, qui fit entre autre emprisonner le sanguinaire assassin du gouverneur.
Pierre et ses compagnons déménagèrent dans la tranquille Foligno, en territoire dépendant du pape (Grégoire XIII) et y restèrent 6 ans, pendant lesquels Pierre fut ordonné prêtre et put mettre en pratique l’amour du prochain. Lors d’une épidémie, il assista matériellement et spirituellement les malades, parmi lesquels quelques frères qui perdirent la vie dans la circonstance. Le couvent de Cortone rouvert, Pierre, Antonin et l’Angelico revinrent. Notre Bx y restera toute sa vie, ses deux compagnons écrivirent dans d’autres couvents des pages indélébiles pour l’histoire de l’Ordre et réalisèrent des œuvres d’art aujourd’hui patrimoine de l’humanité.
Le Bx Pietro chercha la perfection évangélique toute sa vie, sans demi-mesure. Son humilité était un exemple pour ses frères et quand fut nécessaire la construction d’une nouvelle église, lui, le savant frère d’origine noble, se fit mendiant par les rues de la ville, conquérant estime et affection. Son apostolat fut généreux et fécond. Il fut père, maître et conseiller apprécié sur tout le territoire de Cortone. Ces années-là, Bernardin de Sienne sortait prêcher en ville et plusieurs fois notre Bx eut la joie de le rencontrer.
Frère Pietro dans ses homélies parlait souvent des fins dernières. Pour parler de la mort il tenait un crâne, non pour faire peur mais pour réveiller ceux qui vivaient loin de la foi. Il commençait le travail de conversion en chaire et le finissait au confessionnal. Les miracles fleurissaient sur ses pas : conversions de pécheurs endurcis, guérisons (le bras paralysé d’une femme), le salut de deux condamnés à mort.
Il aurait pu exercer des charges importantes, mais par humilité il préféra vivre surtout de prière. Il collabora avec st Antonin pour construire l’église monumentale qui est toujours à Cortone. Il recueillit personnellement des offrandes, des aides et des subventions du pape Eugène IV. Il commanda à son ami Fra Angelico le stupéfiant retable de l’Annonciation et la « lunette » au-dessus du portail d’entrée. En 1438 il obtint de Côme de Médicis le retable du grand autel du couvent Saint-Marc de Florence.
Après une brève maladie, il mourut au couvent St-Dominique, pleuré de ses frères et de tout Cortone, âgé de 55 ans dont 40 de vie religieuse, et fut enterré dans la salle capitulaire. Un portrait fut commandé. Environ 70 ans plus tard, la renommée de sainteté perdurant, on mit les restes dans une urne sur laquelle furent peints les faits et miracles principaux de sa vie.
Son culte fut confirmé ab immemorabili en 1816.

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Henri

Message par Fée Violine le Lun 24 Oct 2011 - 17:39

23 octobre Heinrich de Cologne (von Marsberg), v1200 Mühlhausen près d’Unna (Nord Rhénanie-Westphalie), † Cologne 23 octobre 1229.
En 1218-1219, Heinrich étudia la théologie à Paris, où il fit la connaissance de Jourdain de Saxe et entra avec lui en 1220 dans l’Ordre dominicain. En 1221 après un court séjour à Reims, il alla à Cologne, termina en tant que premier prieur le couvent qui était en construction et l’amena à un état florissant. En 1225 il participa au Chapitre général à Bologne, visita aussi le concile provincial, et mourut peu après son retour à Cologne. Il fut aussi un savant, et un prédicateur remarquable de sensibilité augustinienne.
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Pierre, Damien

Message par Fée Violine le Mer 26 Oct 2011 - 14:59

25 octobre Bx Pierre Geremia, Palerme 10 août 1399 – Palerme 3 mars1452.
Né d’une famille noble originaire de Bologne, il fit ses premières études au couvent Saint-Dominique, par la volonté de son père qui était juge à la cour royale. À 18 ans, il fut envoyé à Bologne, où il étudia le droit civil. En 1422 il décida de devenir dominicain au couvent local, abandonnant ses études contre la volonté de son père. Il finit son noviciat à Fiesole, en 1424 il fut ordonné prêtre, prenant la voie de l’enseignement. Excellent prédicateur, il évangélisa avec succès le nord et le centre de l'Italie, puis alla se fixer en Sicile. Il fut confirmé dans le ministère de la parole de Dieu par st Vincent Ferrier, dont il était disciple, et se donna tout entier au salut des âmes. En 1433 il revint à Palerme et, peu d’années après, fut nommé prieur du couvent Santa Cita. Il fut très apprécié du pape Eugène IV, qui le chargea de réformer le monastère Sainte-Catherine, puis il fut appelé à la charge de vicaire général des couvents de stricte observance. En1439, à l’occasion du Concile de Florence, il fut appelé à être médiateur entre l’Église grecque et l’Église latine. Ensuite il devint visiteur apostolique dans les couvents siciliens. On lui attribue un miracle : en 1444 il aurait arrêté la lave qui menaçait Catane. Il fit réaliser de nouveaux couvents, et en 1445 il inaugura l'Université de Catane, avec l'autorisation d’Alphonse le Magnanime. Il passa ses dernières années à Palerme, au couvent Santa Cita. Son corps est conservé à l’église St-Dominique. Beaucoup de ses sermons furent publiés après sa mort à Brescia.
Il fut béatifié en 1784.

26 octobre Bx Damien de Finalborgo (Damiano Furcheri de Finale), né à Finale (Ligurie), + Reggio Emilia 1484.
De la noble famille Furcheri, encore enfant il fut miraculeusement libéré des mains d’un fou qui l’avait enlevé. À peine adolescent, surmontant la résistance de ses parents, il prit l’habit dominicain qu’il honora de l’éclat de sa doctrine et de sa sainteté. Il étudia avec assiduité et amour les divines Écritures, dont il savait extraire la pure et substantielle doctrine dont fut tissée sa puissante et fructueuse prédication. Il évangélisa infatigablement la Ligurie et la Lombardie, brûlant du désir d’éclairer les âmes avec la lumière de la vérité. Pour cela son moyen infaillible fut la prière, intime et fervente, à laquelle il s’appliqua avec une ardeur de plus en plus grande. Il fut prieur dans sa ville natale. Dans les dernières années il se retira au couvent de Reggio Emilia où il introduisit la réforme de l’Ordre et se prépara à rencontrer Dieu. Il écrivit beaucoup d’ouvrages appréciés.
Culte confirmé en 1848.
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Barthélemy, Antoinette

Message par Fée Violine le Ven 28 Oct 2011 - 16:06

27 octobre Bx Barthélemy de Vicence ou de Brégance, Brégance près de Vicence v1200-1er juillet 1271.
Il fait ses études à Padoue et reçoit l’habit des mains de saint Dominique. En 1233 il fonde à Parme la Milice de Jésus-Christ. En 1235 Grégoire IX le nomme maître du Sacré palais. Il fut évêque de Limassol (Chypre) en 1248. En 1254, il fut envoyé en mission diplomatique en Terre Sainte, au roi d’Angleterre et au roi de France st Louis qui lui offrit une épine de la sainte Couronne et un morceau de la Vraie Croix. Il fit construire pour ces reliques à Vicence l’église Sainte-Croix. En 1256 Alexandre IV le nomme évêque de Vicence. Il eut des difficultés avec le tyran de Vicence, ennemi de la religion, mais ces difficultés manifestèrent la grandeur des qualités de ce pasteur, très estimé par les papes à cause de sa sainteté et de ses travaux apostoliques. Il a toujours été vénéré par le peuple. Il a écrit des commentaires sur l’Écriture, sur la Hiérarchie du Pseudo-Denys l’Aréopagite, deux volumes de sermons etc.
Béatifié en 1793.

27 octobre Antoinette de Brescia, + 1507.
Elle était originaire de Brescia et c'est dans le monastère des dominicaines de cette ville du nord de l'Italie qu'elle passa trente années de sa vie, comme religieuse puis comme prieure. En 1457, nommée à Ferrare pour réformer le monastère dominicain (Sainte-Catherine) de cette ville, elle dit à ses religieuses en arrivant : « Mes sœurs, c'est dans l'espoir d'avoir part à vos mérites et à vos prières, et non pour entretenir votre confort et votre oisiveté, que les gens du monde vous font l'aumône. » Les sœurs, qui l'avaient oublié, se convertirent. Au milieu des épreuves, elle ne perdit jamais sa patience et son humilité. Elle mourut centenaire dans l'humilité et une confiance profonde en la miséricorde de Dieu.
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Lucia, Bienvenue, Terence, Françoise

Message par Fée Violine le Sam 29 Oct 2011 - 8:41

29 octobre Lucia (Cammilla Bartolini) Rucellai, +1520.
À Florence, les Rucellai étaient des marchands qui avaient fait fortune surtout avec la teinture des tissus. Ils conservaient jalousement le secret de cette belle couleur violette, dite oricello (tirée d’un lichen). On peut dire qu’un quartier entier, celui de Sainte-Marie-Nouvelle, fut sous le patronage des Rucellai, dont le blason décorait ses nombreux monuments, symbole de fierté et d’opulence. La jeune Cammilla, de la noble famille des Bartolini, épousa Rodolfo Rucellai, et alla vivre dans le splendide palais des riches teinturiers. Mais vers 30 ans, les paroles de Savonarole la tirèrent des soins du monde, allumant en elle les feux de la plus profonde spiritualité. Rodolfo fut secoué lui aussi par les discours prophétiques du prédicateur, et il décida, un peu vite, de se séparer de sa femme, qui n’avait pas eu d’enfants, et de prendre l’habit dominicain à San Marco. Cammilla accepta la décision de son mari, mais sans la partager. Elle devint tertiaire dominicaine. Au bout de quelques mois, Rodolfo Rucellai, plus impulsif, mais moins fort que sa femme, se lassa de l’état religieux et voulut revenir dans le monde, essayant de convaincre sa femme de faire de même. Elle s’y opposa avec une ténacité inattendue. Après avoir souffert de la situation, elle avait trouvé dans son nouvel état une richesse spirituelle auprès de laquelle les plaisirs du monde lui paraissaient faibles. Rodolfo mourut peu après, et Cammilla, devenue soeur Lucie, resta au couvent des tertiaires dominicaines, et fonda un nouveau monastère, Sainte Catherine de Sienne, dont elle fut prieure après la fin tragique de Savonarole en mai 1498. Elle obtint pour ses tertiaires la permission de faire des vœux et plus tard celle de revêtir l’habit des sœurs du second Ordre. Mortifiée, pénitente, très sévère envers elle-même, Lucia priait avec tant de ferveur que, dit-on, le monastère apparaissait couronné de flammes, lorsqu’elle était en prière. À peine morte, après une maladie sereinement acceptée, son auréole de Bienheureuse vint embellir la gloire de la richissime famille Rucellai.

30 octobre Bse Bienvenue Boiani (Benvenuta Bojani), 5/4/1254-30/10/1292, dans le Frioul en Italie.
Dès la jeunesse, elle menait une vie austère et ascétique. Elle entra dans le Tiers Ordre de Saint Dominique. Son confesseur modéra son zèle pour les mortifications. Elle voulait imiter les souffrances du Christ. Un cilice ne lui suffisant pas, elle serra autour de sa taille une corde qui, peu à peu, lui entra dans la chair. Se privant de viande et de vin, couchant par terre et se donnant la discipline trois fois par nuit, elle ruina sa santé et devait rester toujours assise dans son lit, d’où des ulcères douloureux. Au bout de 5 ans de souffrance, on la porta au tombeau de st Dominique où elle guérit. Mais elle recommença ses mortifications, si bien qu’elle mourut. Ses contemporains l'ont dotée de toutes les vertus, mais « on se demande quand elle eut le temps de les mettre en œuvre, tellement son biographe nous la montre occupée à faire sans cesse des miracles. »
Culte ratifié en 1763.

30 octobre Bx Terence Albert O’Brien (né 1601 à Limerick, Irlande, + 30/31 octobre 1651 à Limerick), martyr.
Descendant des anciens rois d’Irlande, il entra chez les dominicains à 21 ans, fit ses études à Tolède (où il fut ordonné prêtre en 1627) et à Limerick. Il fut prieur de plusieurs couvents, puis provincial. Il participa au Chapitre général de Rome en 1644, où il reçut le titre de maître en théologie. Sa renommée parvint au pape Urbain VIII qui le nomma en 1648 évêque d’Emly. Il se consacra entièrement au bien spirituel de ses fidèles et défendit courageusement l’Église catholique contre Cromwell qui avait occupé le pays. Pendant les guerres des confédérés irlandais, comme beaucoup de catholiques irlandais il était avec l’Irlande confédérée. O'Brien était contre un traité de paix qui ne garantisse pas les intérêts catholiques en Irlande et signa en 1648 la déclaration contre la trêve confédérée avec Inchiquin qui a commis des atrocités contre le clergé et les civils catholiques. En juin 1651 les protestants assiégèrent Limerick et il incita ses concitoyens à se défendre et à conserver la foi catholique. Il se dépensa pour soigner les gens atteints de la peste. Après quelques mois de siège, Limerick dut se rendre. Le Major général Purcell, le Père Wolf et O'Brien passèrent devant une cour martiale et furent condamnés par le général Henry Ireton. Terence fut pendu et décapité, en haine du sacerdoce et de la foi catholique.
Béatifié en 1992 avec 16 autres martyrs catholiques irlandais. Dans l’église St Michel de Cappamore (comté de Limerick) il y a un grand tableau où on le voit au siège de Limerick.
Le Bx Peter Higgins, lui aussi, naquit en Irlande en 1601, entra chez les dominicains en 1622, et refusa de reconnaître le roi d’Angleterre comme chef de l’Église.

30 octobre Françoise Apolline Merlin (Mère Saint Pierre), née 9 avril 1803 à Villeneuve-sur-Lot, Lot-et-Garonne, + 30 octobre 1878, sœur de charité dominicaine de la Présentation.
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Élisabeth

Message par Fée Violine le Lun 31 Oct 2011 - 10:31

31 octobre Bse Élisabeth (Erzsébet) de Hongrie, 1292/1293 à Buda, † 31 octobre 1336 au monastère de Töss près de Winterthur (Suisse).
Fille unique du dernier roi de la dynastie Arpad, André III de Hongrie (1265-1301), et de Ferenna Inowrocławska de Pologne (1276-1295), à 2-3 ans elle perd sa mère, à 9 ans son père. L’orpheline est élevée à Vienne par sa belle-mère Agnès d’Autriche. En 1298, elle fut fiancée à Venceslas, futur roi de Hongrie, de Bohême et de Pologne. En 1308, le père d’Agnès est assassiné à Brugg en Suisse : Agnès et Élisabeth vont s’y installer. En 1309 (malgré la demande en mariage du duc Henri d’Autriche) Elisabeth entre plus ou moins volontairement au monastère des dominicaines de Töss. Elle y souffrit pendant 25 ans de grandes souffrances physiques et morales, mais elle ne se plaignait jamais. Au monastère elle rencontra Elsbeth Stagel, qui la mentionna dans son Livre des soeurs. Après sa mort, elle fut ensevelie au cimetière du monastère, puis dans l’église paroissiale de Töss. C’est surtout à partir du 15ème siècle qu’elle fut vénérée comme une sainte (fêtée le 31 octobre). C’est en son honneur que la « croix de Lorraine » hongroise figure sur le blason de Töss. Sa dalle funéraire (du 15ème) est au Musée national suisse. La légende dit qu’elle priait 34 000 Ave Maria par an, 1000 par année de vie du Christ. Sa grand-tante était sainte Élisabeth de Thuringe (appelée en France sainte Élisabeth de Hongrie). Le monastère de Töss fut détruit au début du 19ème.
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Conradin, Wichmann

Message par Fée Violine le Mer 2 Nov 2011 - 19:24

1er novembre Bx Conradin Bocchi, de Brescia, Brescia 1397-1er novembre 1429.
D’antique famille, à 17 ans son père Virgilio l’envoya faire ses études de droit à Padoue, à 22 ans il revint à Brescia et reçut l’habit dominicain des mains de Matteo Bonimperti de Novara, qui fut ensuite évêque de Mantoue. Après ses vœux, ses supérieurs lui firent étudier la théologie. En même temps il avait une intense activité de prédicateur. Il invoqua Marie dans une tentation et elle lui accorda la chasteté parfaite.
Il resta au couvent de Brescia jusqu’en 1426, puis le général de l’Ordre, Bartolomeo Texier (1426–1449), l’envoya à Bologne pour réformer le couvent Saint-Dominique, dont seuls quelques frères étaient observants. Élu prieur, il poursuivit l’œuvre de réforme, remettant en peu de temps tout le couvent à la stricte observance. Son priorat terminé, il dut acquitter encore cet office après l’expulsion de Bologne de son successeur, Domenico Mazzacossa de Viterbe, qui en cette époque de luttes entre les factions citadines était partisan du pape. Lorsque l’armée pontificale quitta le territoire de Bologne pour mater la rébellion et que Martin V fulmina l'interdit contre la ville, Conradin - spontanément ou par obéissance, on ne sait – porta la bulle d’excommunication sur la place et la lut publiquement. Arrêté pour cela, tandis que le couvent était pillé, il échappa à la mort par l'intervention de citoyens influents et fut remis en liberté, mais peu après arrêté de nouveau pour n’avoir pas cessé son activité et la prédication en faveur du pape. Réélu prieur, il semble avoir refusé la dignité de cardinal offerte par Martin V, et peu après il mourut de la peste en soignant les malades, à l’âge de 32 ans.
Il fut un représentant de la tendance rigoriste dans les controverses qui alors travaillaient les ordres mendiants. Les contemporains lui attribuèrent des prophéties et des miracles, il fut béatifié par la voix populaire, mais en 1582 l'archevêque Charles Borromée, en visite pastorale à Brescia, fit enlever de l’église Saint-Dominique un autel à lui dédié. On peut lui attribuer les Sermones de tempore contenus dans un manuscrit de la Bibliothèque Pauline de Lipsia, mais l’œuvre n’a pas encore été étudiée.

2 novembre Vble Wichmann d’Arnstein (ou de Ruppin), v1185 en Saxe, † 2 novembre 1270 à Neuruppin (Brandebourg).

Wichmann, de la famille des comtes d’Arnstein, vraisemblablement apparenté à Mechthild de Helfta, entra en 1194 chez les prémontrés au couvent de Magdeburg, devient chanoine en 1207 et prieur en 1210. En 1221 il est choisi comme évêque de Brandebourg, mais le pape annule la nomination. En 1230 il entre chez les dominicains de Magdeburg et après un séjour au couvent de Freiberg (Silésie) il devint en 1246 le premier prieur de Neuruppin, couvent fondé par son frère Gebhard, légat impérial de Frédéric II en Italie. Il est douteux qu’avant 1246 il ait aussi été prieur à Eisenach et Erfurt. Wichmann avait des dons mystiques. Il reste de lui six lettres, dont cinq adressées à des cisterciennes du monastère de Zimmern près d’Augsburg; les moniales cisterciennes et les mystiques Gertrud de Helfta, Mechthild de Helfta, Mechthild de Hackeborn, ont été influencées par lui. Les lettres de direction spirituelle qu’il écrivit entre 1252 et 1270 environ, ainsi que ses traités sur la vie spirituelle, sont marqués par la mystique amoureuse de st Bernard de Clairvaux et par son expérience personnelle. Même après sa mort, beaucoup de miracles ont été attribués à Wichmann. Au Moyen Âge il fut honoré comme saint et thaumaturge.
Cf. Marcus Antonius van den Oudenrijn, Miracula quaedam et collationes fr. Wichmanni, inter mysticos ord. Praed. nationis Germanicae aetate antiquissimi.

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Martin, Elena

Message par Fée Violine le Jeu 3 Nov 2011 - 9:15

3 novembre St Martin de Porrès (Lima 9 décembre 1569 - 3 novembre 1639), frère convers, infirmier, mystique et thaumaturge.
Fils naturel d'un noble castillan, Don Juan de Porrès, qui ne le reconnut que dans son testament, et d'une ancienne esclave noire péruvienne, Ana Velasquez, qui dut l'élever seule non sans difficultés, il fut porté sur les mêmes fonts baptismaux que sainte Rose de Lima, et dut supporter toute sa vie les humiliations que lui attiraient sa naissance illégitime et la couleur de sa peau. Dès son enfance il apprit l’art des médicaments, qu’il exerça ensuite largement, devenu religieux, en faveur des pauvres. Adolescent, il partageait son pain avec plus pauvre que lui dans les rues de Lima. À 22 ans, il entre comme tertiaire laïc dominicain au couvent Notre-Dame du Rosaire de Lima, où il accomplira avec beaucoup de délicatesse et de patience la charge d'infirmier. Il fait sa profession solennelle à 24 ans.

Un jour qu'il apprend que son couvent est couvert de dettes, il supplie le prieur de le vendre comme esclave puisqu'il est le fils d'une ancienne esclave, "pour être utile au moins à quelque chose dans la communauté." Ses journées se passent à recevoir, écouter et aider les pauvres, ses nuits se passent en prière. Bientôt, malgré ses ruses de sioux, tous les frères savent qu' "il ne faut pas s'étonner des extases de frère Martin" à qui le Seigneur donne tant de grâces mystiques. Il aimait tellement le Christ que la force de cet amour surnaturel le fit un jour s'élever de terre, s'envoler vers un crucifix et baiser la plaie du Cœur de Jésus. Il ne parlait que de Dieu ou avec Dieu et déversait son trop-plein d'amour divin sur tous les hommes, particulièrement sur les malades et les agonisants. Il connaissait les secrets des cœurs, prédisait l'avenir, dévoilait les ruses des démons et repoussait leurs assauts avec autorité. Il devinait à distance les désirs des malades et se transportait miraculeusement à leur chevet. On a vu et entendu saint Martin de Porrès en Europe, en Chine, en Algérie, au Japon, alors qu'il n'a jamais quitté l'Amérique.

- Frère Martin, lui dit son prieur, vous ne faites rien de bon.
- C’est malheureusement vrai, révérendissime Père. Malgré tout, permettez-moi de vous offrir une sélection de nos meilleurs fruits et spécialités locales.
- Volontiers! Somme toute, vous n’êtes point si mauvais.


Bien que sans grande instruction, il donne des conseils éclairés sur les questions les plus graves, réconcilie les ménages, guérit les malades. Son admirable pureté de mœurs, sa modestie, son humilité et sa charité pour les pauvres furent les vertus caractéristiques de son enfance et de toute sa vie. Il résolvait les plus graves questions de la théologie avec tant de sûreté que les hommes les plus doctes proclamaient avec émerveillement que sa science ne pouvait lui venir que du ciel.
Il s’occupait autant des hommes que des bêtes. Sa bonté envers les chiens, les chats et même les dindons est immense, ce qui le rend très populaire auprès des populations indiennes. Sa bonté proverbiale s'étendait même aux animaux nuisibles. Afin de leur éviter de tomber dans les pièges meurtriers du frère sacristain qui se plaignait de voir ses étoffes rongées par les rats et les souris, il rassembla un jour toutes ces petites bêtes, et déposant son panier par terre, il leur enjoignit de grimper dedans, puis les transporta au fond du jardin, leur promettant de les nourrir chaque jour.
Toute sa vie, à la fois cachée et rayonnante, se déroula dans un monde d’anges et de démons ; il y conserva toujours une parfaite sérénité, menant une vie dure et humble de pénitence et de prière, irradiée de charité.
Dieu lui révéla d'avance le jour de sa mort. Le saint demanda que tous les religieux du couvent soient présents à ses derniers moments et leur demanda pardon pour toutes les offenses qu'il avait pu commettre envers eux. Ses frères récitèrent avec émotion le Symbole des Apôtres; arrivés à cette parole: «Le Verbe S'est fait chair», Martin posa doucement le crucifix sur sa poitrine et rendit à Dieu son âme innocente, à l'âge de 60 ans. Comme durant sa vie, de nombreux miracles continuèrent de témoigner de son éminente sainteté.
Patron de la justice sociale, des frères coopérateurs, des coiffeurs, des animaux domestiques, père des malades et des pauvres, « Martin de la charité » est un intercesseur hors pair pour tous ceux qui sont dans le besoin.
Béatifié en 1836. Jean XXIII, qui l'a canonisé en 1962, a dit : "Martin de Porrès était l'ange de Lima. Ce n’était pas un savant, mais il possédait la vraie science, celle du Saint-Esprit ».
L’imagerie populaire le représente avec un balai, symbole de ses humbles fonctions et accompagné du chien, du chat et des souris du couvent fraternisant à la même écuelle.
A lire: Les "Fioretti" de saint Martin de Porrès, Apôtre de la charité (Cerf, Paris 2006).

3 novembre Servante de Dieu Maria Giuseppa (Elena) Giacobini, Caldarola, Macerata, 4 novembre 1864 - Camerino, 3 novembre 1944.
Elena Giacobini, après avoir écouté à sa paroisse le sermon fervent d’un missionnaire, âgée de 19 ans, décida de se consacrer à Dieu, et devant la grande croix de l’église elle promit de le suivre au couvent, lui offrant ses dons spirituels et moraux et sa fraîche beauté à la Titien.
En 1883 elle entre au monastère des dominicaines de Sainte Catherine de Sienne, à Camerino, où elle restera environ 60 ans, vivant une intense vie spirituelle comme sœur, puis comme maîtresse des novices , puis comme supérieure.
Elle transmit dans la communauté monastique ses dons d’épouse du Christ, élevant sa famille spirituelle à une vie active et contemplative vraiment profonde. Son idéal de vie est la vie cachée, dans le silence et le recueillement, ses modèles sont la Sainte Famille et surtout Jésus Eucharistie. Elle dira: “Jésus dans le Saint Sacrement m’instruit”.
Elle fut aimée de ses sœurs comme une mère aimante, et à sa mort le peuple de Camerino vénéra sa dépouille, lui reconnaissant les dons qui la rapprochent de la grande bienheureuse de Camerino, Camilla Battista Da Varano et de la fondatrice du monastère dominicain lui-même, la Vénérable Mère Giulia Piccolomini Ciccarelli.
Sa cause de béatification a été introduite en 1981.
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Jean, Barthélemy

Message par Fée Violine le Ven 4 Nov 2011 - 6:45

4 novembre Jean le Teutonique (Johannes von Wildeshausen), né v1180 à Wildeshausen près d’Oldenburg, + 4 novembre 1252 à Strasbourg.
À 40 ans, il demanda l’habit dominicain à st Dominique en 1220 à Bologne. Grégoire IX le nomma son chapelain et son pénitencier, l’envoya remplir des missions délicates dont il s’acquitta très bien, en Allemagne et en Hongrie. En 1237 il fut envoyé par Grégoire IX au prince bulgare Asen II. Il fut provincial de Hongrie 1231-1233, évêque de Ðakovo en Croatie 1233-1237, provincial de Lombardie 1238-1240, 4ème Maître de l’Ordre 1241-1252. Il prêchait en cinq langues. De Naples, il conduisit le jeune Thomas d’Aquin à Rome, puis à Paris où celui-ci étudia la philosophie et la théologie.
Sous sa direction, les chapitres généraux décidèrent deux importants changements des constitutions : les chapitres généraux n’eurent plus lieu alternativement à Bologne et à Paris, mais dans d'autres villes (1245 Cologne, 1247 Montpellier, 1249 Trèves, 1250 Londres) ; et Paris perdit son monopole universitaire : à partir de 1248 de nouvelles facultés furent fondées : Montpellier, Bologne, Cologne et Oxford. Il unifia la liturgie dominicaine, et donna à l’Ordre une structure plus solide. Il favorisa la prédication, les missions et les études.

4 novembre Bx Barthélemy des Martyrs (Bartolomeu Fernandes), 3 mai 1514 à Lisbonne - 16 juillet 1590 à Viana do Castelo.
Fils de Dominique Fernandes et Marie Correia. Le 11 novembre 1528 il entre au couvent de Lisbonne, fait profession le 20 novembre 1529 et achève ses études philosophiques et théologiques en 1538. Il enseigne aux couvents de Batalha de Lisbonne et d'Evora (1538-1557), puis il devient prieur du couvent de Benfica de Lisbonne (1557-58). Il fut précepteur de Don Antonio, neveu du roi Joao III, et fut nommé en 1559 archevêque de Braga (la reine Catherine présente le Vénérable Louis de Bois, célèbre par ses écrits, mais celui-ci conseille à la reine de présenter plutôt le Père Barthélemy dont il est le Prieur provincial, et ce dernier accepte par obéissance). Il ajoute à son nom "dos Mártires" en souvenir de l'église Sainte-Marie des Martyrs où il a été baptisé. Il commence sa mission apostolique dans son vaste diocèse : il fait les visites pastorales de ses 1400 paroisses ; pour l'évangélisation du peuple, il rédige un Catéchisme ou Doctrine chrétienne et pratique spirituelle (15 éditions). Ayant une grande sollicitude pour la formation culturelle et la sanctification du clergé, il compose quelques ouvrages de doctrine et institue des écoles de théologie morale dans de nombreuses villes du diocèse. Il s'engage concrètement pour la réforme catholique : en 1560 il confie les études publiques aux Jésuites, qui transforment le collège Saint-Paul.
De 1561 à 1563, il participe activement au Concile de Trente, présentant 268 pétitions et propositions pour la réforme de l'Église. On accepte la franchise de ses remarques, car ce pittoresque prélat passe pour un saint. À propos de la Curie, il dit par exemple : "M'est avis que les illustrissimes Seigneurs ont grand besoin d'une illustrissime réforme". C'est pour les Pères du Concile qu'il écrit son plus célèbre ouvrage, le Stimulus pastorum sur la mission apostolique des évêques, œuvre qui connaîtra 22 éditions et qui, ayant gardé toute son actualité, sera distribuée aux Pères des Conciles Vatican I et Vatican II. Après avoir suscité l'émotion et l'enthousiasme des évêques au Concile de Trente en faveur de la Réforme, Mgr Barthélemy des Martyrs s'emploie à la réaliser lui-même avec courage et une persévérance invincible.
En 1564, il organise un synode diocésain, suivi en 1566 d'un synode provincial. Il privilégie les pauvres et se prive pour leur donner. Critiqué pour son apparence misérable due au peu qui lui reste, il répond : "Vous ne me verrez jamais perdre la raison au point de dépenser avec les oisifs ce avec quoi je peux faire vivre de nombreux pauvres." L'ignorance religieuse étant la plus grande des pauvretés, il fait tout son possible pour y porter remède en commençant par la réforme morale et l'élévation culturelle du clergé, car "il est évident - dit-il à ses prêtres - que si votre zèle correspondait à votre charge, le troupeau du Christ ne dévierait pas autant des chemins du Ciel." En 1571 ou 1572, il commence la construction d'un séminaire conciliaire à Campo da Vinha, le premier du Portugal.
Dans son action il rencontre des obstacles, dont l'écho se fait parfois sentir jusqu'à Rome, mais le pape Pie IV dit de lui : "Il nous a donné une telle satisfaction à l'époque où il participa au Concile, en raison de sa bonté, de sa religion et de sa dévotion, que nous continuons à le tenir en grande considération, en ayant une telle opinion de son honneur et de sa vertu qu'elle ne pourra être altérée par les critiques de personne."
Il a une tendre dévotion aux souffrances de Notre Seigneur, à l’eucharistie, à la Vierge et aux saints. Charité, humilité, esprit de pauvreté et de prière.
En 1581, après 23 ans de service épiscopal, âgé et épuisé, il renonce à sa charge d'archevêque et se retire dans un couvent dominicain qu'il avait créé en 1561 : le couvent Sainte-Croix à Viana do Castelo, au nord du Portugal. Il meurt huit ans plus tard, reconnu et vénéré par le peuple comme "le saint archevêque, père des pauvres et des infirmes." Des miracles sur sa tombe.
Sa production littéraire compte 32 œuvres, dont :
Compendium spiritualis doctrinae, traduit en 1699 sous le titre Maximes de la vie spirituelle.
Stimulus pastorum ou Devoirs et Vertus des évêques, traduit en 1672.
Lemaistre de Sacy a écrit sa Vie.
Béatifié en 2001 par Jean-Paul II, qui fixe sa mémoire liturgique au 4 novembre pour l'unir à celle de st Charles Borromée qui, comme lui, s'est consacré assidûment à mettre en pratique les décisions du Concile de Trente.
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Simon, Giorgio,Pélage,Christine,Alfonso,José,Vicente,Alfredo

Message par Fée Violine le Lun 7 Nov 2011 - 19:52

5 novembre Bx Simon de Sant’Arcangelo Ballachi, né milieu 13ème, + v1319.
L'Italie était alors déchirée par des factions politiques, qui se persécutaient avec une fureur sans bornes. Ces sentiments peu chrétiens furent enseignés de bonne heure à Simon, fils du comte Rodolphe de Saint-Arcangelo et neveu de l'évêque de Rimini, et il les nourrit dans son cœur jusqu'au moment où il fut éclairé de l'Esprit-Saint. À l'âge de 27 ans il entra comme frère lai au couvent de Rimini, où il passa toute sa vie, et qui conservait encore les impressions profondes qu'y avait laissées la vertu de St Thomas d'Aquin et de saint Pierre martyr, qui y avaient demeuré l'un et l'autre. Son esprit de pénitence, orienté comme celui de saint Dominique vers la conversion des pécheurs, le poussa à des austérités extraordinaires. Mais il fut en même temps un modèle de douceur souriante et d'humilité, aimé des enfants qu'il catéchisait, aimé de tout le peuple de Rimini qui mit ses vêtements en lambeaux après sa mort pour en faire des reliques. Il mena une vie tout entière consacrée au service de ses frères, à la pénitence et à la prière. Il remplit avec ardeur et humilité tous les devoirs de son état (jardinier). Son attention, son zèle et sa soumission avaient quelque chose d'étonnant. Son zèle pour le salut du prochain allait si loin, que souvent il parcourait la ville la croix à la main, instruisait les enfants dans les principes de la religion, et exhortait sévèrement, et presque toujours avec succès, les pécheurs à quitter le sentier du vice. Il pleura tant, qu’il fut aveugle les douze dernières années de sa vie. Quand il mourut, sa réputation de sainteté était si générale, qu'on fut obligé de différer son enterrement au-delà du terme ordinaire, tant l'affluence du peuple était grande. Culte autorisé en 1817.

5 novembre Serviteur de Dieu Giorgio La Pira, 9 janvier 1904 à Pozzallo (Raguse) -5 novembre 1977 à Florence.
Aîné de 6, diplôme de comptable et bac lettres classiques, devient tertiaire dominicain en 1925 (frère Raimundo), prend l’habit de tertiaire dominicain en 1927, prof de droit romain, laïc consacré (avec vœux pauvreté obéissance chasteté) dans un institut séculier franciscain, Action catholique, 1939 il est officiellement voué à l’Ordre dominicain au couvent Saint-Marc à Florence, poursuivi par les fascistes, 1943 poursuivi par les nazis et fascistes il fuit et se cache (bronchites), 1944 il revient à Saint-Marc (cellule glaciale donc souvent à l’hôpital), 1946 député, avec d’autres il formule les principes fondamentaux de la Constitution de la République soutenant les libertés civiles et religieuses, le droit au travail et la valeur de la personne humaine, 1948 député et sous-secrétaire d’État de De Gasperi, 1950 il quitte le gouvernement, 1951-1957 maire de Florence (démocrate-chrétien), 1953 fait construire beaucoup de logements populaires, jumelle Florence avec Reims et Fez, pèlerinage en Israël, Jordanie, Égypte, 1958 député, il organise des Colloques méditerranéens (Israéliens et Arabes, Français et Algériens), 1959 va à Moscou au Soviet suprême pour le désarmement, maire 1961-1965, fait beaucoup de travaux publics, logements pour les sans abri, écoles, il invite LS Senghor, va aux USA défendre les droits civiques des minorités, jumelle sa ville avec Philadelphie et Kiev, milite toujours pour la paix, soutient Allende, milite contre l’avortement, défend toujours les valeurs humaines et chrétiennes face à une société de plus en plus matérialiste et violente (Brigades rouges), 1976 réélu député, 1977 il meurt. Des foules à son enterrement. Les gens viennent prier sur sa tombe.
Béatification en cours depuis 1986. Dans son journal intime Mgr Roncalli a écrit en 1956 : “Hier soir je me suis entretenu avec le Pr. La Pira que j’estime et vénère. C’est une âme digne de tout respect”.

6 novembre Bx Pélage de Portugal, +1257.
Il était religieux dominicain à Coimbra, célèbre ville universitaire du Portugal. Humblement, il sut si bien cacher ses mérites que ses frères ne les découvrirent qu'après sa mort. Ainsi un jour qu’il leur manquait du métal pour fondre une cloche, ils prirent de la terre sur la tombe de Pélage, et la cloche fut très belle et très sonore. C’est pourquoi on représente Pélage tenant une cloche dans les mains.

6 novembre Bse Christine de Stommeln (près de Cologne), 1242 - 6 novembre 1312.
Fille du riche paysan Heinrich Bruzo, elle reçut du ciel des faveurs insignes (apparitions de Jésus-Christ à 5 et 6 ans, de Marie à 7 ans, mariage mystique à 11 ans, stigmates à 15 ans). En 1255, à 13 ans, elle entre chez les béguines de Cologne. Le béguinage, originaire de Belgique, était un ensemble de maisonnettes où étaient accueillies les béguines, qui faisaient des vœux temporaires de pauvreté, chasteté et obéissance. Certaines finissaient par sortir et par se marier. Pendant leur séjour, elles menaient une vie bien réglée : prière, visites aux malades et assistance aux personnes âgées sans famille. Ces institutions étaient très nombreuses, au XIIIe siècle, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France.
Elle fut très souvent tourmentée par le démon qui lui suggérait le suicide. Lors de ces attaques, elle avait l’habitude de prier ainsi :
"Seigneur Jésus, je vous en prie, par votre mort, par vos souffrances et par votre très doux Cœur broyé pour notre amour, si c'est votre bon plaisir que ces malins esprits me donnent la mort, recevez en paix mon cœur troublé et affligé, gardez-le miséricordieusement, dans votre très doux Cœur".
Les signes extérieurs de telles manifestations inquiétèrent fortement les béguines qui finirent par la chasser en 1259. Elle vécut désormais chez ses parents, près du curé et des béguines locales, toujours torturée et tentée de visions et attaques diaboliques, et d’autre part bénie de consolations et apparitions célestes. Sa stigmatisation est attestée avec certitude, depuis 1269 ses stigmates étaient visibles à certaines périodes de l’année.
Son directeur spirituel, le dominicain suédois (disciple d’Albert le Grand) Pierre de Dacie, qu’elle rencontra en 1267, écrivit sa biographie, qui contient aussi une volumineuse correspondance. Il resta en lien avec elle même après 1272, quand il commença son activité en Suède. Après une grave hémorragie en 1288, on ne constata plus d’expériences surnaturelles. L’année de la mort de Pierre (1289), les assauts du démon cessèrent, et tout en gardant toujours l’habit des béguines, Christine vécut en paix jusqu’à sa mort à 70 ans, après une vie de grandes souffrances, toujours supportées généreusement, les yeux fixés sur le Cœur aimant de Jésus et sur la Croix rédemptrice.
Son culte fut approuvé en 1908 et sa fête fixée au 6 novembre. Au 16è siècle, ses restes furent transférés à Jülich. L’église fut détruite par les bombardements en 1944 mais le reliquaire est resté intact.

6 novembre Bx Alfonso Navarrete, prêtre dominicain, et ses compagnons (Ferdinand de st Joseph d’Ayala, prêtre ermite de Saint-Augustin et Léon Tanaka, religieux jésuite) martyrs en 1617, décapités ensemble en haine de la foi chrétienne, à Omura au Japon, en vertu d’un édit du chef suprême Tokugawa.

6 novembre Bx José Gafo Muñiz, né le 20 octobre 1881 à Campomanes, Lena (Astúries), + 4 octobre 1936 à Madrid, prêtre OP, syndicaliste, martyr.
Il impulse le syndicalisme catholique, avec les qualifications de Libre ou Professionnel. En février 1914 il fonde le Syndicat de Ferroviaires Libres de Madrid, avec la même structure que les syndicats catholiques mais sans la distinction de catholique. L'été 1923 il va à Barcelone rencontrer Ramon Sales, dirigeant des Syndicats libres impulsant le processus d'union des Syndicats Catholiques-Libres du nord de l'Espagne avec les Libres de Barcelone. Il est membre du Conseil du Travail de la dictature du général Primo de Rivera. Il reste ajourné avec la proclamation de la Seconde République Espagnole en 1931, et soutient la tentative de coup d'État du général Sanjurjo le 10 août 1932. Aux élections générales espagnoles, il est élu député de Navarre (Bloc de Droite). En décembre 1934 il signe le manifeste du Bloc national, inspiré par José Calvo Sotelo, et il se montre partisan de l'action extra-parlementaire, selon la trajectoire de l'extrême-droite traditionnelle. Arrêté le 5 août 1936, assassiné en sortant de la prison Model de Madrid, béatifié en octobre 2007. fête le 6 novembre.

6 novembre Bx Vicente (Juan) Peña Ruiz (Caleruega, Burgos, 22 mars 1883 - Paracuellos del Jarama, Madrid, 30 novembre 1936).
Il étudia sous la tutelle de l’aumônier des moniales dominicaines et entra à 14 ans à l’école apostolique de Corias (Asturies); profession à Padrón (La Coruña) le 17 septembre 1901; il étudia la philosophie à Corias et la théologie à Salamanque; ordonné prêtre le 27 mars 1909; il rencontra des difficultés au début de sa vie religieuse, provenant peut-être d’un conditionnement personnel; nommé aux couvents de las Caldas de Besaya (Santander) et Palencia; et enfin il fut envoyé à Salamanque jusqu’en 1921, acceptant humblement les pénitences qu’on lui imposait, et menant une vie pieuse et régulière, serviable et enthousiaste de tout ce qui concerne l’Ordre; il fut d’une grande aide comme secrétaire du P. Justo Cuervo, éditeur des œuvres de Fr. Luis de Granada (voir 31 décembre). Sa dernière affectation fut le couvent de l’Olivier à Madrid, où il vécut comme un bon religieux; le 20 juillet, lors de l’assaut, il chercha un lieu de refuge ; le 4 août, il fut arrêté en pleine rue et emmené à la prison San Antón, où il se conduisit de manière édifiante et se fit remarquer par son esprit de prière, sérénité et conformité à la volonté de Dieu ; il organisa une façon de prier le rosaire incognito, en se promenant dans le patio en groupes et se servant de ficelles pour compter les Ave Maria. Condamné à mort à la sortie de la prison San Antón. martyrisé avec le P. Amado Cubeñas. Béatifié en 2007. Fête le 6 novembre.

7 novembre Bx Alfredo Fanjul Acebal (né en1867), Juan Mendibelzúa Ocerin (né en 1878), Vicente Rodríguez Fernández (né en 1897), Isabelino Carmona Fernández (né en 1908), José Delgado Pérez (né en 1917), martyrs en 1936, béatifiés en 2007.

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Colomb

Message par Fée Violine le Mar 8 Nov 2011 - 8:40

8 novembre Bx Colomb, +1259 (ou 1229) à Fréjus. Admirable sainteté, pauvreté, simplicité. Prieur à Toulouse et Montpellier. Il mourut pendant qu’il évangélisait la Provence. Il y eut des guérisons sur sa tombe. On le représente tenant une couronne de laurier, surmontée d’une colombe aux ailes déployées.
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Hélène

Message par Fée Violine le Jeu 10 Nov 2011 - 13:27

9 novembre Bse Hélène (ou Ilona) de Hongrie, née au début du 13ème siècle, +15 novembre 1270 à Veszprem.
Elle fut la maîtresse des novices de sainte Marguerite de Hongrie et son éducatrice pendant 7 ans. Elle avait des visions. Elle avait une grande dévotion pour les souffrances du Christ, c’est pourquoi Dieu lui accorda les stigmates, ce qui ne l’empêchait pas de montrer du sens pratique dans la vie quotidienne. Beaucoup de miracles pendant sa vie et après sa mort. 17 ans après sa mort, on trouva son corps entier et sans corruption, portant encore les stigmates, qui exhalaient un parfum suave.
On la représente avec un crucifix dans une main, un lis dans l’autre.
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Jean, Lucia

Message par Fée Violine le Lun 14 Nov 2011 - 15:05

13 novembre Bx Jean de Piguentos de Valence, 13ème siècle, dominicain.
Comme il savait bien l’arabe, il fut chargé de l’enseigner dans les écoles créées par st Raymond de Penyafort dans divers couvents d’Espagne, pour former les missionnaires. Après quelques années de cet enseignement, le roi d’Aragon l’envoya prêcher lui-même chez les musulmans. Il eut tant de succès, qu’un an après sa mort, on alluma une lampe devant son tombeau et on l’honora comme un saint canonisé. On le représente avec un crucifix dans une main, un livre dans l’autre.

14 novembre Bx Giovanni Liccio (Caccamo près de Palerme 1426- +14 novembre 1511).
À 6 mois il perd sa mère. Son père, trop pauvre pour payer une nourrice, le nourrit au jus de fruit, une voisine charitable l’allaite et est récompensée par la guérison de son mari. Adolescent, il jeûnait les mercredis et vendredis. Plus tard, à l’instigation de Pierre Geremia, il entre dans l’Ordre dominicain. Ses prédications touchent les pécheurs, qui se convertissent. Sa charité lui gagne l’affection du peuple. Il pleurait souvent en célébrant la messe, et aimait tendrement la Sainte Vierge. Il fonde un couvent dominicain à Caccamo et le dirigea avec zèle et intelligence. Il fut célèbre par la chaleur de sa prédication, sa charité infatigable, son zèle pour la discipline régulière et sa dévotion au Rosaire. Il mourut en embrassant le crucifix. Beaucoup de miracles ont été obtenus par son intercession.
Son culte fut reconnu en 1753.

14 novembre Bse Lucia Broccadelli, Narni 13 novembre 1476- Ferrare 15 novembre 1544.
Originaire de l'Ombrie, aînée de onze enfants. À 4 ans, sa joie était de s’entretenir avec une image de l’Enfant Jésus qu’elle appelait son “Cristarello”. À 12 ans elle fit voeu de virginité. Ses parents l’obligèrent à épouser un jeune noble qui, par amour pour elle, accepta un mariage blanc mais ensuite mit sa vertu à rude épreuve. Cinq (ou trois) ans de larmes, de prière et de pénitence, jusqu’à ce qu’il accepte la séparation. Il se fit franciscain et elle prit l’habit du Tiers Ordre dominicain en 1494 à Narni. Ses supérieurs l’envoyèrent au monastère de Viterbe où, la nuit du 25 février 1496, elle reçut les stigmates – vérifiés par le pape, par des médecins et des théologiens. Par volonté du duc de Ferrare Hercule 1er, qui la vénérait comme sainte et la prit pour conseillère, et par ordre du pape, elle alla à Ferrare fonder un monastère du Tiers Ordre, Sainte Catherine de Sienne, pour l’éducation des jeunes filles : elle fut la première prieure en 1499, mais elle était incapable de diriger sa communauté. Le duc mort, des sœurs jalouses obtinrent qu’à Lucie soit ôté tout privilège et qu’elle soit mise à la dernière place, où ainsi humiliée elle passa les 39 ans qui lui restaient à vivre, sans jamais se plaindre, contrainte à l’isolement total.
Son culte fut confirmé en 1710.
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Albert

Message par Fée Violine le Mar 15 Nov 2011 - 12:15

15 novembre St Albert le Grand (Albert de Bollstädt), Lauingen (Bavière) v1193 ou vers 1206– Cologne 15 novembre 1280.
De famille riche, il fut étudiant à Padoue. À l'âge de 30 ans, comme il hésitait, la Sainte Vierge lui dit : "Quitte le monde et entre dans l'Ordre de saint Dominique", et malgré les résistances de sa famille, il entra au noviciat des Dominicains en 1223.
1243-1244 il enseigne à Paris au collège des Dominicains. St Thomas d’Aquin fut un de ses premiers élèves.
1245 maître en théologie.
1248 recteur de théologie à Cologne. St Thomas d'Aquin est toujours son élève (ce jeune religieux, déjà tout plongé dans les plus hautes études théologiques, était silencieux parmi les autres au point d'être appelé par ses condisciples "le bœuf muet". Mais Albert les fit taire en disant : "Les mugissements de ce bœuf retentiront dans le monde entier.") De Cologne, Albert fut appelé à l'Université de Paris. C'est là que son génie parut dans tout son éclat et qu'il composa un grand nombre de ses ouvrages.
1254 il est nommé provincial d’Allemagne ; il dit adieu, sans murmurer, à sa cellule, à ses livres, à ses nombreux disciples, et voyage sans argent, toujours à pied, à travers un immense territoire, pour visiter les nombreux monastères soumis à sa juridiction.
1260 il doit obéir au pape et accepter, en des circonstances difficiles, le siège épiscopal de Ratisbonne; là, son zèle infatigable ne fut récompensé que par de dures épreuves où se perfectionna sa vertu. À son arrivée dans son diocèse, il portait, par humilité, des chaussures de paysan, si usées qu’on le surnomma “évêque Godasse”. Il résilie cette charge au bout de deux ou trois ans.
1263-1264 il prêche la septième croisade en Bohême et en Allemagne.
1264-1266 il enseigne à Würzburg, puis à Strasbourg.
1269 le pape l’autorise à rentrer dans la paix de son couvent de Cologne.
1280 il meurt à Cologne, âgé de 87 ans, il est enterré dans l'église des Dominicains.
Déjà de son vivant, on l’appelait Albert le Grand.
Béatifié en 1622, canonisé en 1931.

On s'étonne que, parmi tant de travaux, de voyages et d'œuvres de zèle, Albert ait pu trouver le temps d'écrire sur les sciences, la philosophie et la théologie des ouvrages qui ne forment pas moins de 21 volumes in-folio, et on peut se demander ce qui a le plus excellé en lui du savant, du saint ou de l'apôtre.
Frère Albert de Cologne passait pour l’homme le plus savant de son temps ; on disait qu’il n’ignorait rien de ce qui pouvait alors être connu : philosophie, théologie, physique, biologie… Loin de l’égarer ou de le couper de ses contemporains, ce savoir encyclopédique fut pour lui un chemin de sainteté, car il le consacra tout entier au service de la vérité de la foi au Christ.
Par ses livres, par son enseignement dans les universités de Paris ou de Cologne, il a voulu réaliser la synthèse de toutes les découvertes scientifiques de la renaissance médiévale du XIIIe siècle avec la tradition de l’Église.
Découvrant les ouvrages grecs (Aristote) et arabes (Avicenne), il les étudie avec passion.
Dans ses commentaires de l’œuvre d’Aristote, il consigne déjà ses désaccords avec les vues de celui-ci dans le domaine scientifique.
Mais il fait plus : il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable, De animalibus. Ce vaste traité, achevé vers 1270, comprend 26 livres. Les 19 premiers sont des commentaires de l'œuvre d'Aristote, les suivants sont consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline l'Ancien. Dans ces derniers livres, il puise largement dans les matériaux du Liber de natura rerum de Thomas de Cantimpré. Cette œuvre qui restera isolée dans son temps tranche sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles. Il n'empêche que pour encore longtemps la zoologie restera une branche de la théologie dans laquelle les animaux seront étudiés pour les symboles divins qu'ils véhiculent.

Albert le Grand écrit également des encyclopédies semblables pour les minéraux et pour les végétaux. Ce dernier ouvrage comprend par exemple une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la température sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes.
Ces œuvres sont riches en enseignements historiques.
Étant l'un des premiers à recevoir, commenter et enseigner les textes d'Aristote, il permet ainsi une première diffusion en Occident des philosophies grecques et arabes, et les confronte avec la doctrine chrétienne. Il sera vite relayé par son disciple Thomas d’Aquin.

En le déclarant Docteur de l’Église en 1931, Pie XI en a fait le modèle des scientifiques chrétiens. Il eut, en effet, le souci de découvrir, dans les lois de la création, l’intervention du Créateur. Il eut le génie, le courage et l’honnêteté intellectuelle de baptiser “un savoir nouveau” qui, s’il était précieux, demeurait cependant étranger à la tradition chrétienne : l’aristotélisme ; un esprit de moindre envergure l’aurait soit rejeté, soit adopté sans discernement.
Patron des théologiens, philosophes, scientifiques, chimistes, naturalistes, étudiants et montagnards.
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Hedwige

Message par Fée Violine le Mer 16 Nov 2011 - 22:10

16 novembre Servante de Dieu Hedwige Portalet, née 3 décembre 1826 à Lyon, + 16 novembre 1894 à Mazères, Ariège, fondatrice des soeurs dominicaines de l’Immaculée Conception.
Hedwige, fille de Gaston Portalet, avocat à Lyon, et de Zélie Couturier, Parisienne aux exceptionnelles qualités humaines (claire intelligence, persévérance et vertu), va à l’école chez les Ursulines de Villefranche, puis à 15 ans à la Visitation de St Marcellin. En novembre 1862 elle entre chez les Sœurs de Marie Immaculée, fondées récemment à Marseille. Elle fait avec bonheur son noviciat et sa profession temporaire. Elle reste encore trois ans à la maison du noviciat, étant un modèle d’observance, de vertu et de sacrifice. Mais le Seigneur avait d’autres projets pour elle : il la voulait mère d’une nouvelle famille religieuse pour étendre le règne de son amour sur la terre. C’est ainsi que le 25 juin 1866, elle fut désignée pour fonder à Toulouse un institut pour enfants aveugles, dont elle serait la supérieure. À cette époque, le confesseur extraordinaire de la communauté était le Père Hyacinthe-Marie Cormier. Mère Hedwige avait toujours admiré les dominicains, fils de prédilection de Marie Immaculée. La mère fondatrice continuait infatigable à travailler à de nouvelles fondations. Le 19 mars 1894, elle fonde à Fanjeaux une école dans le mémorable couvent de notre Bienheureux Père saint Dominique. Elle mourut entourée de toutes ses filles qui la pleuraient. www.icdominicas.org
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Jean-Augustin, Nicolas

Message par Fée Violine le Jeu 17 Nov 2011 - 7:59

17 novembre Bx Jean-Augustin de Lérida ou de Cordoue, né en Catalogne? début 15è, + à Cordoue 17 novembre 1476.
Il entre au couvent dominicain de Lérida, où il professe et étudie. Célèbre par sa régularité, l’austérité de sa vie, sa patience et sa dévotion à la Sainte Vierge. Reconnu pour sa sagesse, il fut maître en théologie et grand prédicateur. Il fut nommé vicaire général des couvents réformés de la Province, les gouvernant avec succès. Il ouvre les premiers couvents dominicains observants au royaume de Valence, réforme le couvent du Corpus Christi de Llutxent (fondé en 1423), où il fut prieur, et fonde celui de Saint Onofre en 1473. Il fait des prédications populaires dans la région et la ville de Valence qui furent très suivies, et fit merveilleusement refleurir en Espagne la dévotion du rosaire, qui de son temps était tombée dans l’oubli. Il prêche aussi en Andalousie (à Cordoue en 1476), en Castille. Lors de son passage à Orihuela, on lui donne l’ermitage de Saint Ginés, qu’il change en couvent dominicain. Visions, miracles, prophéties. Pour avoir dénoncé les péchés et la mauvaise vie d’un personnage important de Valence, il fut persécuté et dut partir ; peu après, la ville subit de grandes inondations, que la population interpréta comme une punition pour l’avoir chassé. À Cordoue, il fut accueilli par le prieur de Saint Paul le Royal, García de Vargas, qui voulut par admiration le retenir pour qu’il continue à prêcher. Augustin accepte en disant que ce sera le lieu où il mourra; peu après, il meurt en odeur de sainteté. Marie lui faisait de fréquentes visites. À l’heure de sa mort, elle lui apparut, accompagnée de ste Ursule et plusieurs autres vierges. À peine mort, son corps exhala des parfums délicieux. Il fut enseveli dans la salle capitulaire du couvent St Paul de Cordoue, où on avait commencé à lui attribuer des miracles. Il fut vénéré à Cordoue, sans qu’un procès de béatification soit entrepris, seulement un culte populaire qui disparut à la fermeture du couvent en 1810, durant l’invasion française.

17 novembre Bx Nicolas d’Arménie, martyr dominicain en 1601. Il avait soustrait une jeune chrétienne aux séductions du pacha qui gouvernait le pays au nom des Turcs. Furieux, le gouverneur le fit mettre en prison et condamner à recevoir chaque jour cent coups de bâtons sur la plante des pieds jusqu'à ce qu'il en mourût.
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Laurent, Barbara, Vidal

Message par Fée Violine le Sam 19 Nov 2011 - 7:54

18 novembre Bx Laurent Mendes, +1280.
Après une jeunesse tumultueuse à Guimaraes (province de Minho), au Portugal, il se convertit, reçut, comme st Gonzalo de Amarante, l’habit dominicain des mains de st Pierre Gonzalez, et devint un ardent prédicateur de la Parole de Vérité. Il vivait dans la pénitence et la prière, il aimait la solitude mais en sortait pour prêcher et faisait beaucoup de bien aux âmes. Grâce à sa pureté de cœur, il vivait familièrement avec les anges. Un jour en mission, un ange lui apparut et lui donna une châsse pleine de reliques : « Prenez, j’ai apporté ces objets précieux d’une ville qui va bientôt être saccagée par les infidèles ». Le compagnon du saint fut témoin du prodige. Il y eut tant de miracles sur sa tombe qu’on lui éleva un autel.

18 novembre Servante de Dieu Barbara Jurado Antunez (Barbara de Saint Dominique), née le 7 février 1842 à Séville , + 18 novembre 1872 à Séville.
Fille de Josefa Antúnez et de Casimiro Jurado, ferblantier et sonneur à la Giralda. La famille habitait en haut de la tour, près des cloches, Barbara y est née, c’est pourquoi on l’appelle à Séville “la fille de la Giralda”. Il y a une plaque sur la porte de l’appartement. Dès l’enfance elle eut une dévotion spéciale pour la Passion du Christ, le culte eucharistique des 40 heures, le rosaire et la messe quotidienne. Son père lui apprit à lire et écrire, il priait avec elle la liturgie des heures, habitude qu’il avait prise quand il était au séminaire. Elle apprit aussi à coudre et à broder. Son frère José, qui avait deux ans de plus qu’elle, était très éveillé et remuant, sa principale distraction était de se suspendre aux cordes des cloches quand elles sonnaient, bien que son père lui interdise ce jeu dangereux. Si bien qu’un 6 juin, il avait 13 ans, José fut précipité dans le vide et se tua. Cette tragédie marqua beaucoup la famille.
Dès l’enfance Barbara voulait être religieuse, mais comme la famille n’avait pas les moyens de payer la dot, elle décida d’apprendre à jouer de l’orgue, pour exercer cette fonction dans le monastère où elle entrerait. Elle entra à 17 ans au monastère dominicain Mère de Dieu, où la reine Isabel la Catholique avait logé au cours d’une visite à Séville. Elle vécut aussi quelques années au couvent Saint-Clément, où les sœurs durent aller après la révolution de 1868. Son directeur spirituel, le serviteur de Dieu José Torres Padilla, était aussi celui de sainte Angela de la Croix, mais Barbara est très différente d’Angela; sa sainteté n’est pas d’action mais de contemplation, de mystique, de simple piété. Ses compagnes la voient comme un être très spécial, une mystique comme sainte Catherine de Sienne. Barbara mourut en réputation de sainteté à l’âge de 30 ans. Elle était stigmatisée, avec plaies aux mains, pieds, côté et couronne d’épines.
Béatification en cours, nihil obstat 23 mai 2000. http://lahijadelagiralda.blogspot.es/
Un pasodoble inspiré de sa vie : http://il.youtube.com/watch?v=6CJHFyFD2 ... re=related

18 novembre Bx Vidal Luis Gómara, né 3 novembre 1892 à Monsagro (Salamanque), +18 novembre 1936 à Paracuellos del Jarama (Madrid).
À l’école de son village natal, il montre du goût pour la calligraphie, les maths et le dessin; il entre à l’école apostolique de Corias (Asturies), prend l’habit le 8 août 1907, fait profession un an après; il fait sa philo à Corias, sa théologie à Salamanque, est ordonné le 18 décembre 1915; il célèbre sa première messe devant le Saint Sacrement exposé et s’offre comme victime expiatoire pour les blasphèmes et sacrilèges contre l’eucharistie. Nommé au collège de Villava (Navarre), il commence à écrire une œuvre intitulée Les dominicains et l’art; il intervint avec succès dans la fusion des Dominicaines de Villava avec la congrégation de la Sainte Famille, fondée aux Canaries par le serviteur de Dieu José Cueto, O.P. En 1928 il est nommé au collège de Vergara (Guipúzcoa), où il publie d’autres écrits, en 1929 au couvent Saint Dominique le Royal à Madrid ; là il se consacre à l’apostolat social et parmi la jeunesse. En 1935 il vient à Salamanque avec la mission de restaurer le sanctuaire de la Peña de France.
Le 17 juillet 1936 il fait un voyage à Madrid et le 18, quand il se trouve dans un car pour revenir à Salamanque, se présente un inconnu sans billet qui a besoin de prendre d’urgence ce car ; il lui donne le sien, espérant prendre le car du lendemain, mais il ne peut sortir de Madrid. Il passe au moins 15 jours sans domicile, dormant sur les bancs publics et autres lieux, à la fin il est accueilli dans une maison, où il célèbre la messe chaque jour ; dans la clandestinité, il brille par son zèle en portant l’eucharistie à d’autres victimes de la persécution; il refuse de se réfugier dans une ambassade parce que, dit-il, «pour un soldat du Christ, c’est un honneur de mourir en acte de service sacerdotal», aidant l’Église persécutée; une prémonition lui donne la certitude de son martyre proche, et il veut profiter du temps en portant la communion au maximum de gens; dans ce ministère il est arrêté le 4 octobre, il reconnaît qu’il est frère dominicain, on l’emmène au commissariat du Congrès, le 9 octobre on le met à la disposition de la direction générale de sécurité, le 10 il est enfermé à la prison Modèle, où il se consacre à la méditation et au rosaire; il est souvent torturé. Le 15 novembre il est transféré à la prison de Porlier et exécuté le 18.
Béatifié en 2007.

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Pierre, Jacques, Ramon, Bonvisius, Juan Maria

Message par Fée Violine le Sam 19 Nov 2011 - 7:57

19 novembre Pierre Cerca, +1241 à Dinan, OP.
Religieux exemplaire, extrêmement mortifié et surtout appliqué aux saintes veilles. Après les matines, au lieu de retourner dormir, il passait le reste de la nuit devant le Saint Sacrement.

19 novembre Bx Jacques Benfatti (=bienfaits), né à Mantoue (Lombardie), + 19 novembre 1332.
De famille noble, il entra au couvent dominicain de sa ville natale. Pieux et savant maître en théologie à l’université de Paris, connu pour ses sages capacités d’administrateur, ses qualités amenèrent Niccolò Boccasini, Maître Général de l’Ordre, à l’appeler à son côté comme conseiller, puis quand il fut devenu pape (Benoît XI) à le nommer évêque de Mantoue en 1303. Avec sa haute stature morale, sa sagesse, sa connaissance des hommes, l’évêque Benfatti aurait pu faire une carrière diplomatique ou politique mais il n’en profita pas. Il se tint délibérément en dehors des épineux problèmes de l’époque, et surtout des rivalités acharnées entre cités italiennes, qu’on peut ramener à un conflit noblesse-bourgeoisie. Parmi les divers partis, Jacques préférait celui des pauvres. Les chroniques du temps parlent aussi de ses activités officielles, comme la présence au couronnement d’Henri VII à Milan et la participation au concile de Vienne. Il montra les vertus du vrai pasteur : il veilla sur la foi, travailla efficacement à la paix entre les familles de la ville, aida généreusement les pauvres et le peuple frappé de peste et de famine. La substance de son épiscopat, pendant 28 ans, fut surtout la charité, qui lui valut l’affection du peuple (il était surnommé le père des pauvres) et le culte après sa mort. Ses restes sont conservés dans la cathédrale.
Son culte fut confirmé en 1859 ab immemorabili.

19 novembre Serviteur de Dieu Ramón Zubieta Les, né 31 août 1864 à Arguedas, Navarra (Espagne), + 19 novembre 1921 à Huacho, Lima (Pérou).
Ramon, fils de Braulio Zubieta et de Ramona Les, dernier de 4 enfants d'une famille profondément chrétienne, a 9 mois quand son père meurt. C’est un enfant vif, docile, avec un cœur d’or. Il va à l’école du curé, qui plus tard lui apprendra le latin. Il aime prier la Vierge, il a toujours voulu être prêtre mais sa mère hésite. Il veut être missionnaire et décide d’être dominicain : il entre au couvent d’Ocaña à Tolède en décembre 1881, profession décembre 1882, puis va continuer ses études au couvent Saint Thomas à Avila, vœux solennels, puis en 1888 il part aux Philippines.
Ordonné prêtre à Manille en 1889. Il rêve du Tonkin (c’est l’époque des martyrs) mais doit rester aux Philippines, où il apprend une langue locale. Beaucoup de problèmes, qu’il affronte avec créativité, énergie, ténacité et foi. La guerre d’indépendance met les Espagnols en danger : en 1898 avec d’autres missionnaires il est emprisonné et torturé. Certains en meurent, pas lui mais il aura toujours des séquelles. Libérés au bout de 18 mois, il arrive à Manille le 1/1/1900.
Il rêve toujours du Tonkin mais on l’envoie au Pérou. Il arrive à Callao en février 1902, part en expédition avec trois autres à travers le sud-est de l’Amazonie. Forêts vierges, mauvais chemins, rivières torrentielles, à cheval, en canoé. Moustiques, climat… Ils rencontrent les Indiens, qui travaillent dans le caoutchouc. Ils fondent deux centres missionnaires. C’est un esprit pratique, entreprenant, travailleur, un caractère égal et simple. Tout le monde l’aime et le respecte. Il est explorateur, architecte, ouvrier, il dessine des cartes, refait les chemins, installe des téléphones etc. Il veut éduquer les Indiens et dénonce aux autorités les abus de ceux qui les exploitent, ce qui lui attire des ennuis. Il fonde des écoles mais s’aperçoit que pour aider les familles il faut d’abord éduquer les filles, et pour cela il lui faut des sœurs. Justement en 1913 il est nommé évêque de Puerto Maldonado, il doit donc aller se faire sacrer en Europe et en profite pour parler de son projet au pape. Il revient avec cinq sœurs, dont Mère Ascension (voir 24 février) qui sera sa grande collaboratrice. Les sœurs se préparent à Lima, on les trouve téméraires de vouloir s’attaquer à l’Amazonie mais ça ne les effraie pas. Un problème quand même : communiquer avec le couvent espagnol d’où elles viennent. C’est ainsi que Ramon et Ascension fondent en 1918 une nouvelle congrégation, les Soeurs Dominicaines Missionnaires du Rosaire. Ensuite crise du caoutchouc, beaucoup d’Indiens doivent partir, les missions sont à moitié vides. Malgré la fatigue, Ramon continue à travailler sans se ménager, et meurt à 57 ans, en 1921. « Il est mort comme un saint », dit un témoin.
Béatification en cours, nihil obstat 27 mars 2003.

20 novembre Bx Bonvisius de Plaisance, +1221.
Docteur célèbre, il reçut l’habit dominicain des mains de st Dominique, qui le prenait souvent comme compagnon à cause de sa conversation aussi vertueuse que savante. Encore novice à Bologne, il fonda un couvent dans sa ville natale. Quelque temps après, à Bologne, le pain vint à manquer pour le dîner. Bonvisius, qui était procureur, avertit st Dominique, qui lui dit : « Faites néanmoins rassembler les frères. Il est bon que les enfants d’un Dieu pauvre sentent la misère ». Quand ils furent tous assis, on vit deux anges entrer au réfectoire, portant une corbeille de beaux pains blancs qu’ils distribuèrent. Bonvisius fut promptement mûr pour le ciel : il mourut presque en même temps que st Dominique.

20 novembre Serviteur de Dieu Juan Maria (Carlos Antonio) Riera Moscoso, né 28 janvier 1866 à Ambato, Tungurahua (Équateur), + 20 novembre 1915 à Guayaquil, Guayas.
http://www.diccionariobiograficoecuador ... mo4/r1.htm
Fils de don Carlos Riera et de doña Dolores Moscoso, avec beaucoup de sacrifices il réussit à faire ses premières études à Ambato et Latacunga. À 15 ans il entre comme novice au couvent Saint Dominique à Quito, deux ans plus tard il prononce ses vœux et prend le nom de Juan María. Il étudie latin, arithmétique, géographie, logique, mathématiques, physique, métaphysique, théologie dogmatique et morale, droit canonique, histoire de l’Église, et Écriture Sainte, matières où il se distingue par son application et son savoir.
En 1889, à cause d’une grave maladie de faiblesse produite par ses excès d’austérités (jeûnes, cilices), il alla à Cuenca chercher un meilleur climat pour se remettre. Il est ordonné prêtre le 3 août 1890. L’année suivante, au lieu d’avoir récupéré, il se lance dans un travail religieux et éducatif en divers lieux du pays. Durant les premières années de la Révolution libérale, il continua à déployer son importante mission évangélique dans les différents coins du pays. Il est nommé évêque de Guayaquil en 1912.
Peu après commencèrent à se faire sentir à Guayaquil les conséquences de la peste et de la fièvre jaune, et consacré à son labeur pastoral avec abnégation, secourant les malades et assistant les mourants, il en fut aussi victime. Le 8 décembre, tandis qu’il célébrait la messe de la Vierge, il se sentit soudain mal, fut porté chez lui et sauvé par les soins du médecin; mais il resta si fragile du cœur et des reins, qu’il dut utiliser des béquilles. Malgré sa santé ébranlée, il continua à remplir sa mission sacrée, à visiter toutes les paroisses, jusqu’à ce que finalement son corps ne puisse plus résister, et il mourut.

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Romeu

Message par Fée Violine le Lun 21 Nov 2011 - 19:03

21 novembre Bx Romeu de Llivia, né dernier tiers du 12ème s. à Llivia près de Puigcerdà (Catalogne), + 21 novembre 1261 à Carcassonne.
Il entre chez les dominicains en 1217 et reçoit l’habit des mains de saint Dominique. En 1218 avec Arnaud de Toulouse il fonde le couvent de Lyon, dont il sera prieur 1223-1228, avec de remarquables dons pour gouverner. Il fut aussi prieur à Bordeaux. En 1232-1236 il est provincial de la province de Toulouse. C’est un remarquable prédicateur. Il est accompli en toutes sortes de vertus. « On ne pouvait voir un religieux plus observant, plus mortifié, plus modeste, plus doux et plus humble », dit son biographe. Le secret de cette haute sainteté était sa dévotion à la Vierge Marie. C’est à cause d’elle qu’il entra dans l’Ordre dominicain, où elle est grandement honorée. Il disait l’Ave Maria au moins 1000 fois par jour, en utilisant une corde à nœuds comme rosaire. Il fut un grand propagateur du rosaire comme dévotion populaire. Le mystère de l’Incarnation était l’objet de sa contemplation assidue. Il ne pouvait se passer de parler du fils de Dieu fait homme, et de sa mère, dans ses sermons ou ses entretiens.
Il se retire au couvent de Carcassonne, où il meurt très âgé, le jour de la Présentation de Marie au Temple. En 1285, 24 ans après sa mort, à cause des nombreux miracles sur son tombeau, son corps fut exhumé, trouvé incorrompu et transféré dans l’église, devant l'autel de la Vierge, avec cette inscription : Hac sunt in fossa / fratris venerabilis ossa / dicti Romei, / qui fuit arca Dei. / Hic Iesum, atque piam / dilexit valde Mariam.
On le représente tenant une couronne de roses au milieu de laquelle brille le chiffre de l’Ave Maria. Bernard Gui, qui rédigea sa biographie, dit qu’on lui attribue des miracles, qui le rendirent populaire et admiré. Il fut vénéré comme bienheureux dès le moment de sa mort et surtout après la translation.
On le fête le 21 novembre, date de sa mort; mais avant 1969, la fête était le 4 mars.
Un goig (poème populaire catalan) dit:
En la plana de Cerdanya
hi ha de Llívia el poble antic,
partint-se França i Espanya
lo seu camp, hermós i ric;
Sant Romeu allí naixia,
bella flor del Pirineu:
Feu-nos amics de Maria,
feu-nos amics del Fill seu,
oh Sant Romeu.

(Dans la plaine de Cerdagne, il y a l'antique village de Llivia. La France et l'Espagne se partagent sa campagne belle et riche. Saint Roméo y est né, belle fleur des Pyrénées. Fais-nous amis de Marie, fais-nous amis de son Fils, ô saint Roméo).
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Benoît

Message par Fée Violine le Mar 22 Nov 2011 - 7:28

22 novembre Bx Benoît du Pont (13ème s.)
Confesseur de la foi en Pologne, missionnaire dominicain chez les Tatares de Crimée, il prêchait avec tant d'enthousiasme, qu'il mourut durant une prédication. Cette mission, où Humbert de Romans l’avait envoyé avec quelques compagnons, est restée célèbre dans les annales de l’Ordre. Ayant appris l’heure de sa mort par une révélation divine, il mourut pour ainsi dire les armes à la main, après un sermon, aussitôt qu’il eut reçu les derniers sacrements.
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