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Message par Joss le Mer 28 Déc 2011 - 8:35

Faut-il encadrer les blogueurs cathos ?

Je viens de vivre trois expériences très différentes liées à une question récurrente : la communication de l'Eglise catholique. Ou son incommunication.

La plus récente est le voyage de Benoît XVI au Bénin (18-19-20 novembre). Ce 22ième voyage du Pape hors d'Italie n'a pas brillé par sa couverture médiatique. Le Pape n'a pourtant pas mâché ses mots. Lire, en particulier son discours de samedi dernier à Cotonou qui résume son message à l'Afrique.

Cela me conduit à poser une première remarque. Ce voyage était la conclusion d'un synode romain consacré à l'Afrique. Le Pape venait donc remettre à ce continent une « exhortation apostolique » de 140 pages issues du travail de 250 évêques africains réunis pendant trois semaines au Vatican à l'automne 2009.

Rien à dire sur le contenu de ce document. Mais sur la forme, il souffre, comme tous les textes de synthèses à entrée multiples, d'un manque d'unité et peut-être d'un excès de citations de documents précédents de l'Eglise catholique. Je l'ai lu à deux reprises à deux moments du voyage et j'ai été frappé par le contraste entre la limpidité du discours de Benoit XVI, le samedi, et une certaine lourdeur structurelle de l'exhortation apostolique.

MANQUE DE LISIBILITE

Au point qu'il me semble que les résultats d'un synode seraient sans doute mieux « communiqués » par une lettre apostolique de 8 à 10 pages qui en donnerait le souffle, l'esprit et des points saillants. Une Lettre qui serait doublée par un compte rendu plus opérationnel du synode sous forme de fiches et d'objectifs à atteindre. Par exemple les 10 objectifs pour l'Eglise Africaines pour 2021 : religieux, sociaux, etc.

Je trouve dommage, en un mot, que l'excellent travail d'analyse et de monitoring réalisé par le synode - on parle ici de l'Afrique mais ce sera le Liban dans un an - se trouve quelque peu noyé par la nécessité de publier cette vaste ambition en un seul document qui embrasse très - trop - large. Mais en purs termes de communication le synode manque de « lisibilité ».

La seconde expérience s'est déroulée, la semaine précédente, le 10 novembre, au cœur du Vatican. J'étais l'un des cinq journalistes invités par le Vatican pour participer à un colloque sur les problèmes de communication de l'Eglise. Aux côtés de l'américain John Allen (National catholic register), de l'allemand Paul Bade (Die Welt), de l'anglais J Hooper (The guardian), de l'espagnol Antonio Pelayo (Antenna 3). La Croix en a rendu compte.

A l'invitation de Giovanni-Maria Vian, directeur de l'Osservatore Romano nous étions sollicités pour donner notre avis de journalistes sur les « incompréhensions » entre l'Eglise et le monde des médias. Andrea Riccardi, fondateur de San Egidio - devenu ministre depuis - fut aussi sollicité et le cardinal Ravasi, ministre de la culture du Saint-Siège conclut cette journée d'échanges passionnants où les plus hauts responsables de la Curie étaient présents.

L'idée était de prendre un vrai recul sur les trente dernières années - et pas seulement pour le pontificat de Benoît XVI (on a oublié combien Jean-Paul II fut lui aussi attaqué comme pape « conservateur ») - et d'analyser ce qui ne fonctionne pas ou ne communique pas dans le pontificat de Benoît XVI.

AUTOCRITIQUE DE LA 'COM' DU VATICAN

Il faut reconnaître qu'aucun problème n'a été éludé lors de cette journée d'étude intellectuellement très ouverte. Elle a rompu avec l'image d'une curie romaine insensible aux questions de communications. Le Saint-Siège pour monolithique qu'il apparaisse n'est pas inerte : tardivement certes mais c'est aussi le rythme d'une institution à dimension internationale, il a soumis sa communication à la critique pour l'améliorer. Et c'était la première fois, à ma connaissance, que l'on a ainsi officiellement consulté des professionnels non Italiens pour tenter de comprendre une situation.

La troisième expérience se déroula deux jours plutôt à Lourdes, où je suis allé suivre la conclusion de l'Assemblée d'automne des évêques. Parmi les multiples sujets de cette assemblée, un groupe de travail, « Internet et l'Eglise », était particulièrement intéressant.

Mais les conclusions de la conférence de l'expert théologique, le P. Henri-Jérôme Gagey de l'institut catholique de Paris m'ont laissée perplexes quand il a affirmé et confirmé en conférence de presse, qu'il convenait « de former les blogueurs catholiques ».

Il existe en effet, comme dans toutes les religions, une petite centaine de blogueurs catholiques en France, un phénomène très actif à prendre en compte. Ils sont particulièrement dynamiques et de sensibilité plutôt classique. Ils échappent en tout état de cause à la hiérarchie épiscopale. Ce qui n'est pas sans inquiéter les évêques quand il s'agit de prêtres. Un évêque remarquait en effet qu'un curé blogueur dépasse de loin, par ce qu'il écrit, sa responsabilité canonique territoriale paroissiale...

RISQUE DE CAPORALISME

Etrange idée toutefois que de vouloir « former » des blogueurs catholiques. Le P. Gagey pense-t-il que ces blogueurs ne pensent pas comme il faut ? Cela serait inquiétant. Ou s'inscrit-il dans un schéma ecclésial totalement dépassé, celui de « l'encadrement » où la structure entend non seulement formater une pensée mais aussi exercer son contrôle?

Beaucoup d'évêques ont heureusement aussitôt compris l'inanité de cette idée en mettant en garde le P. Gagey contre le risque de « caporalisme » (sic). Il n'a pas lieu d'être dans l'Eglise catholique. Il est surtout totalement impraticable, pour qui connaît le sujet, sur la toile internet caractérisée par la liberté absolue et l'initiative individuelle.

Cette armée d'électrons libres peut certes déplaire à l'Eglise catholique, l'embarrasser ou la gêner tels des aiguillons. Mais elle lui rend un service qu'elle n'imagine pas sur la toile en assurant une présence « catholique » non officiel et très tonique. Car le propre des blogs et autres tweets est justement leur « a-institutionnalité ». Ils sont nés libres et doivent le rester.

Loin de s'opposer, ils complètent la communication institutionnelle - elle-même en cours de réforme - de l'Eglise catholique comme évoqué en première partie de ce blog. J'observe que cette grosse institution a saisi que les règles avaient changé.

Plus encore que d'autres institutions internationales comparables, l'Eglise catholique - mais aussi les autres religions - parce qu'elles relient des gens et des communautés partageant une même foi sont particulièrement traversées et perméables par nature, à cette nouvelle culture de rapidité, de partages, et d'échanges d'informations, et surtout d'horizontalité qui caractérisent les réseaux sociaux.
http://blog.lefigaro.fr/religioblog/2011/11/je-viens-de-vivre-trois.html?xtor=RSS-59
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L'EGLISE EST-ELLE DEMOCRATIQUE OU DEMOCRATE ?

Message par Joss le Mer 28 Déc 2011 - 10:43

PROCHAINE "CONFERENCE DE SAMARIE DU 12 JANVIER QUE J'AFFICHERAI DES QU'ELLE SERA EN LIGNE

THEME :


L'Eglise est-elle démocratique et/ou démocrate ?
le 12 janvier 2012 à 20h45


L’actualité met en exergue le thème de notre prochaine conférence. En effet, on entend de plus en plus des mouvements qui appellent à plus de démocratie dans l’Eglise, comme «l’Appel à la désobéissance» autrichien, «Nous sommes l’Église», le manifeste Kirche 2011 de 144 théologiens allemands, le Réseau des parvis, et bien d’autres.

L'histoire de l'Occident n'a que trop démontré à quel point les structures de la monarchie ont façonné l'Eglise, marqué les relations de pouvoir ou d'autorité en son sein, identifié des papes par exemple à des monarques à la souveraineté absolue et immédiate sur l'ensemble des fidèles. L’Eglise catholique a largement adopté, dans son système de gouvernement comme dans son organisation interne, des éléments de monarchie, sinon par une volonté expresse, du moins à la suite d’un préjugé : la monarchie paraissant tellement « naturelle » et propre à tout bon gouvernement, on ne voyait guère de raisons de ne pas se conformer à un modèle politique « mondain », et l’on en est venu à tenir pour acquis, par exemple, que le pape est un monarque et que l’Eglise elle-même est une immense pyramide commandée par un souverain tout-puissant.

Dans son De Romano Pontifice, Robert Bellarmin affirme que l’Eglise ne peut pas être une démocratie parce que, dans un tel régime, dit-il, les magistrats sont élus et révoqués par le peuple, ce que ne sont pas les évêques.

Alors, qu’est-ce que l’Eglise? L'Eglise est-elle démocrate, doit elle fonctionner comme une démocratie ? L’Eglise est-elle une quasi-monarchie avec le pape comme souverain à sa tête, ou autre chose ? L'expérience spirituelle peut-elle être soumise au vote ? Comment la démocratie peut-elle s'appliquer à des questions de dogme comme : Jésus a-t-il ressuscité ? La démocratie n’est-elle pas le moins mauvais régime, sinon le meilleur, et par conséquent, le Christ ne peut que l’avoir voulue pour son Eglise...

Comment des citoyens démocrates, partisans du contrôle des pouvoirs, de l'élection de leurs responsables à tous les niveaux de la vie sociale, de la participation dans toute la mesure du possible au destin de la Cité, abandonneraient-ils ces exigences en franchissant le seuil de leurs églises ? Ne serait-il pas schizophrénique d'être démocrate dans son pays et d'y renoncer dans la vie de l'Eglise ?

Prenons un exemple. Ne serait-il pas important que le peuple de Dieu soit davantage consulté sur la vie de l’Eglise et sur la nomination des responsables, par le biais d’une synodalité régulièrement pratiquée ? Répondre à des demandes démocratiques s’impose, non point par idéologie, mais parce que des nominations d’évêques sans l’aval des fidèles, voire contre leur volonté expresse (les exemples actuels ne manquent pas), aboutissent à la paralysie et à la dégradation de l’autorité, locale certes, mais aussi romaine. Cela permettrait également un contrôle des pouvoirs même si, en matière religieuse, il est particulièrement difficile d’avoir à « rendre compte ». Mais pourquoi les responsables seraient-ils dispensés, dans l’Eglise, de justifier leur pastorale et d’en soumettre les effets au jugement des fidèles, ou d’attendre des propositions constructives desdits fidèles ?

Malheureusement, il faut bien le dire, une longue accoutumance à la passivité et à une obéissance feinte fait du peuple de Dieu une troupe docile, inerte, et cette accoutumance renforce les autorités dans une attitude paternaliste. Elles se croient entendues alors que les fidèles suivent bien souvent leur route, surtout en matière de mœurs, sans rien demander à personne ! Ne sommes-nous pas là devant une sorte de cercle vicieux, la passivité des fidèles encourageant d'un côté les autorités à s'enfermer dans des positions suffisantes, à la limite méprisante envers le peuple de Dieu, les autorités d'un autre côté en venant à parler et à agir comme si elles étaient « au-dessus » de l'Eglise, puisqu'elles font en sorte qu'aucune réaction ne vienne les troubler. Et de fait, toute prise de position interrogative est vite taxée de « dissidence », ce qu'elle n'est pas nécessairement. Peut-on s'étonner alors que les paroles des responsables de l'Eglise tombent très souvent dans le vide ? Ou que le « principe d'inertie » des fidèles soit la réponse habituelle à un enseignement répétitif et par là même inaudible ?

Nous autres baptisés ne devons-nous pas être des témoins actifs, aussi bien dans la société que dans la communauté croyante ? Les baptisés ont des droits que le droit canon leur reconnaît (non sans parcimonie toutefois). En sommes-nous conscients ? Les faisons-nous valoir ? Exigeons-nous d'être respectés comme peuple vivant ? Ou abdiquons-nous tout droit et toute exigence de baptisé, une fois franchi le seuil de nos églises ?


Comme le fait systématiquement le Père Samuel, il est utile de se retourner vers les Ecritures :

«Tous les fidèles vivaient unis, et ils mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs terres et leurs biens et ils en partageaient le prix entre tous d'après les besoins de chacun. D'un seul cœur, ils fréquentaient quotidiennement le temple. C'est à la maison qu'ils rompaient le pain et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur […]»

«Personne n'appelait sien ce qu'il possédait : ils mettaient tout en commun… il n'y avait pas d'indigents parmi eux; ceux qui possédaient de terres ou des maisons les vendaient et venaient en déposer le prix aux pieds des apôtres; puis on le distribuait selon les besoins de chacun […]»

Ce sont bien des idéaux que prônent les régimes démocrates et point un régime monarchiste qui ne favorise que quelques-uns sans que le peuple ne prenne de décisions. Démocratie d’accord, mais jusqu’où ?

Si changements il doit avoir, doit-il venir de la base ou du sommet ?

http://www.conferencedesamarie.com/index.php?option=com_acymailing&ctrl=archive&task=view&mailid=17&key=bf7251d0eac93b4ec46e1473bb336ff2&subid=1499-af7101ec6ca8b16599782656745de467






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Re: BLOGS CATHOS

Message par Joss le Ven 30 Déc 2011 - 17:42

Si changements il doit avoir, doit-il venir de la base ou du sommet ?

.... à mon avis, de la base (tout comme d'ailleurs la refonte de la société)

Mais bon, attendons la conférence...
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Re: BLOGS CATHOS

Message par père JEAN le Ven 30 Déc 2011 - 18:41

Comme vous pouvez le voir dans ma signature, j'ai plusieurs blogs. Et encore, ils ne sont pas tous marqués. Je n'ai demandé à aucun évêque son avis. Cela ne signifie pas que je fonctionne en électron libre. Un jour, une religieuse était très embarrassée pour le blog de la Pastorale de la Santé de notre diocèse. Elle en a parlé à l'évêque ; celui-ci lui a conseillé de venir me voir.
Ceci dit, quand on fait un blog catho, c'est vrai qu'il ne faut pas dire n'importe quoi. C'est à chacun d'être responsable.
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Re: BLOGS CATHOS

Message par père JEAN le Ven 30 Déc 2011 - 19:07

Pour les petits curieux, voici le lien du blog de la Pastorale de la Santé du diocèse de Rodez :
http://pastoralesanterodez.over-blog.com/
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